La piscine des Amiraux à Paris

Une restauration attendue

 

Le traitement patrimonial des piscines parisiennes de l’entre-deux-guerres a longtemps été une suite d’erreurs de jugement, de modernisations excessives, voire de démolitions inutiles. La restauration de la piscine des Amiraux d’Henri Sauvage, par l’agence François Chatillon, témoigne d’un changement d’orientation amorcé au début de ce siècle.

 

Dans les années 1960, on démolissait et reconstruisait sans débat la piscine de la rue Blomet (15e), signée Joseph Bassompierre, Paul de Rutté et Paul Sirvin (1929) ; en 1991, on rénovait à coup de couleurs vives la piscine de la Butte-aux-Cailles, réalisation majeure de Louis Bonnier tout juste inscrite au titre des Monuments historiques (1990) ; on laissait aussi dépérir la piscine Molitor, elle aussi protégée en 1990, et dont la sauvegarde allait finalement conduire à une reconstruction quasi complète. L’architecte Lucien Pollet, auteur au début des années 1930 de trois piscines dans la capitale, aura ainsi bénéficié de traitements aussi variés qu’une parodie de restauration (Molitor), une extension réussie (espace sportif Pailleron, par Marc Mimram, 2006) et une conservation complète (piscine Pontoise, inscrite en 1998). En 2014, la Butte-aux-Cailles rouvrait après une modernisation plus respectueuse de l’architecture d’origine (Thierry Nabères Architectes), tandis que s’engageait la restauration d’une icône de l’architecture sportive et sociale des années 1920 : la piscine de la rue des Amiraux.

Icône parce que l’équipement sportif s’inscrit lui-même dans un projet plus complexe : un ensemble d’habitations à bon marché en gradins. Un projet qui concrétisait deux décennies de recherches et de combat menés par Henri Sauvage. Esquissé dès 1909 pour des immeubles de logements ouvriers, le principe de la construction en gradins fait l’objet d’un brevet déposé par Sauvage et son associé Charles Sarazin en janvier 1912. Supposée remédier à trois des maux principaux dont souffrent les grandes villes et plus particulièrement Paris (le manque d’air, de lumière et d’espaces verts), cette invention se heurte rapidement aux limites que lui assigne le règlement de 1902 (limitation de hauteur du fait de l’étroitesse de la plupart des parcelles, nécessité de ménager une cour), règlement que l’architecte ambitionne de contourner dans un premier temps, puis de réformer.

Texte : Simon Texier

 

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