CAS D’ÉCOLE : LES GROUES

DOSSIER SPÉCIAL

LES NOUVEAUX FORMATS DU DIALOGUE PRIVÉ / PUBLIC

 

 

En peu d’années, les règles du jeu ont changé pour les opérateurs privés à qui les aménageurs laissent le soin d’approfondir le projet urbain à l’échelle du macro-lot, se trouve alors posée la question du rapport public-privé dans la production des nouveaux quartiers et des formats encadrant ce dialogue.

 

 

La consultation engagée aux Groues à Nanterre par l’EPADESA (Etablissement Public d’Aménagement de Défense et Seine Arche) – une ZAC de 60 ha située au pied de la Grande Arche de La Défense et dont 7 ha ont été remportés fin 2017 par BNP-Paribas et BPD Marignan – permet de faire le point sur la transposition d’un format hérité et transposé (et donc aussi amendé) de Réinventer Paris à un macro-lot portant sur 55.000 m² de surfaces constructibles.

 

Voir de l’intérieur comment les candidats ont appréhendé ce nouveau format permet de saisir les mouvements de frontière, les échanges de compétences, et la dynamique du jeu des acteurs entre aménageurs et promoteurs dans la création de quartiers qui ont une portée stratégique tant pour les villes qu’à l’échelle du Grand Paris. Se mettent en lumière des hésitations et mécompréhensions inédites entre promoteurs et aménageurs, mais aussi, de manière indissociable, une plus égale distribution de la notion de « conception » entre les différents acteurs du projet urbain.

 

Retour d’expérience déçue pour l’équipe Ogic (mandataire) – Emerige, accompagnés des agences TVK et TN+ pour la conception urbaine et paysagère, et de CDU pour les nouveaux services urbains. Les deux promoteurs candidats ont mis au service du projet départements d’innovation et se sont montrés prêts à financer l’installation de nouveaux usages, services et programmes dans le futur quartier des Groues. Depuis Réinventer Paris, ce sont là de nouveaux consensus dans les modes de faire la ville. Mais à l’opposé d’un saupoudrage de start-ups enrobé dans une abondante végétalisation, démarche souvent décriée, les membres de l’équipe OGIC ont voulu apporter une qualité d’analyse urbaine, ont confronté idées et perspectives et ont défini un parti-pris fort, qui s’est révélé clivant – trop clivant.

 

 

Un territoire à analyser, une substance à faire naître

Décryptage d’une méthode collaborative entre les intervenants, l’aménageur, l’opérateur et les exploitants. Alors qu’autrefois les promoteurs achetaient des droits à construire sur un lot de ZAC, ils sont aujourd’hui sollicités par les pouvoirs publics pour enrichir le projet urbain d’une programmation et de services aux futurs habitants. Le terme d’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) en dit long sur la nouvelle articulation des logiques de projet et financières : ayant neutralisé la dimension financière au travers d’une charge foncière fixe et de prix de sortie des logements fixes, le concours consistait  à savoir quelle équipe proposera la meilleure qualité de projet d’un point de vue tant urbain qu’architectural que programmatique ou sur le développement durable avec le budget imparti.  Pour répondre à l’AMI PLAY GROUES lancé le 25 avril 2016, il a fallu définir une ligne directrice pour le futur quartier, une « problématique » à résoudre à partir d’une analyse de l’existant (étude historique, sociologique, géographique, basée notamment sur les écrits de Marcel Roncayolo sur Nanterre), d’une compréhension  des enjeux politiques (EPADESA, Ville de Nanterre), d’une interprétation du plan guide (par l’agence Guller et Guller).

 

 

 

Texte : Alexandra Fau

Visuel à la une : Le futur pôle multimodal de Nanterre – La Folie

 

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