CLAIRVOYANCE URBAINE, GROUPE SCOLAIRE ET GYMNASE À LINGOLSHEIM

FR(A)CTURE URBAINE

RICHTER ARCHITECTES ET ASSOCIÉS

Invités à concourir sur les équipements publics de l’opération de rénovation urbaine sur la ZAC des Tanneries à Lingolsheim, Pascale et Jan Richter – associés à Aubry Lieutier – ont vu l’ambition radicale de leur parti pris retenue. Le groupe scolaire, l’institut médico-éducatif et le gymnase constituent un bâtiment-paysage à claire-voie qui s’étire sur 250 m le long de la voie ferrée. Bien qu’en limite orientale de ZAC et de commune, le complexe parvient l’exploit de devenir le cœur urbain de ce nouveau quartier !   

 

150 ans de mutations urbaines

Dans la continuité des faubourgs sud-ouest de Strasbourg, Lingolsheim est, par sa population, la quatrième commune de la communauté urbaine. En effet, le nombre de ses habitants a plus que triplé depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Mais ce fut sous l’occupation allemande de l’alsace (1871-1918) que cette bourgade connut un fulgurant essor économique grâce à l’installation des tanneurs germaniques Adler-Oppenheimer qui en firent la métropole du cuir (2 000 ouvriers en 1914). Au lendemain de la Grande Guerre, l’entreprise fut reprise par Les Tanneries de France jusqu’à leur dépôt de bilan et à leur liquidation prononcée en 2005.

Ce sont donc 13 hectares de friche industrielle auxquels la ville doit trouver un avenir. Une grande zone d’activités et quelques immeubles de logement social étaient venus au fil du temps s’interposés entre les tanneries périphériques et les nombreuses maisons ouvrières en cœur de commune. Heureusement, l’Euro-métropole de Strasbourg connaît un développement exceptionnel qui bénéficie tout particulièrement aux communes limitrophe de la capitale alsacienne. Lingolsheim devrait ainsi passer de 17 000 à 20 000 habitants d’ici 2020.

La municipalité a donc décidé de mettre à profit ce dynamisme collectif pour mettre en œuvre un projet de rénovation urbaine – privilégiant l’habitat social, aidé et privé exclusivement collectif (R+1+attique / R+6+attique) et BBC – doublé par un plan de reprogrammation scolaire (Écoles 2020) afin de mieux redistribuer géographiquement l‘ensemble de ses infrastructures d’enseignement et de loisirs.

Des études préliminaires sont menées sur le principe d’un éco-quartier à caractère résidentiel du fait de sa bonne desserte en transports publics (bus, tram-tain, TER). Nexity emporte l’appel d’offres avec Schweitzer & associés comme architecte-urbaniste et Linder Paysages comme paysagiste.  Créée officiellement en octobre 2010, la ZAC des Tanneries comprendra 2 ha d’espaces verts et 125 000 m2 shon dont 1 100 logements.

Aménités publiques  

Totalisant 13 000 m2 shon, le lot remporté par les agences Richter et Aubry Lieutier regroupait l’ensemble des équipements et services publics et parapublics, à savoir :

  • un groupe scolaire (3210 m2) comprenant 5 classes maternelles, 8 élémentaires, des salles d’activités péri- et parascolaires, un restaurant scolaire en libre service, deux cours de récréations utilisables durant les congés et week-ends ;
  • un institut médico éducatif pour enfants handicapés et autistes avec deux salles de classe et accès au self scolaire voisin ;
  • un gymnase municipal (2220 m2) avec cafétéria et salle polyvalente ;
  • une résidence séniors de 55 logements locatifs sociaux adaptés – du T2 au T4 PLS et PLUS ;
  • paysagement et aménagement des espaces publics résiduels.

La réponse urbaine apportée par ces deux agences strasbourgeoises veilla à ce que ce complexe de services stratégiques – certes implanté en frange de la ZAC – ne soit pas pour autant marginalisé, mais au contraire en devienne le centre… d’intérêt majeur. Contre toutes attentes, leur projet prônait d’étirer sur 250 m tous les équipements scolaires et sportifs le long de la voie ferrée et d’héberger les appartements pour séniors en deux immeubles de 5 et 7 étages dans un barreau perpendiculaire, doublé par un square, offrant une liaison des plus conviviale de l’ensemble avec le mail central de la ZAC.

 

Texte : Lionel Blaisse

Visuels : © Luc Boegly

Retrouvez cet article au sein d’ArchiSTORM #91