ÉCOQUARTIER penser global, agir local

DOSSIER SOCIÉTAL

 

Initiés pour les premiers dans les années 1990, les écoquartiers ont pour objectif de lutter contre le dérèglement climatique. Depuis les opérations se sont multipliées et sont l’étendard publicitaire des divers acteurs de la construction. Un label institué par l’état permet de clarifier ce marché du durable et il prend désormais en compte la fiabilité des projets, plusieurs années après leur livraison.

Avec ses cheminées de ventilation colorées et pivotantes, ses toitures rebondies, ses venelles piétonnes, ses clôtures et ses passerelles noyées dans la végétation, l’opération BedZED, située dans le borough de Sutton, à 20 min au sud de Londres, s’identifie de loin. Livré en 2002, l’ensemble dessiné par l’architecte Bill Dunster s’envisage sous bien d’autres angles que sa seule qualité plastique. Tirant son nom, à la fois du quartier dans lequel il s’insère et de son programme, le projet Beddington Zero Energy est un pionnier écologique : bâti sur un ancien site industriel, il est l’un des plus anciens écoquartiers d’Europe.

Mis au point dans les années 1990, son programme mixte était à l’époque novateur. En effet,  il insérait, parmi les 82 logements, un panel élargi de fonctions telles que : Des bureaux, des commerces, un espace communautaire, une salle de sport, un centre médical, une garderie, un café, une unité de chauffage de cogénération conçue pour être alimentée par des résidus de bois locaux.

L’objectif de BedZED était de diminuer l’empreinte écologique du site de 50 % par rapport à un quartier traditionnel. Dans cet objectif, il visait la réduction des dépenses énergétiques comme celle des pollutions provenant des logements et des transports. Loin d’être réservé à une élite, le complexe porté par le BioRegional Developement Group s’appuyait sur une diversité sociale. Aujourd’hui la moitié des logements reste réservée à des populations aux revenus modestes, notamment grâce à l’implication d’une organisation caritative partenaire, la Fondation Peabody.

 

Éco-village des Noés, à Val-de-Reuil (27) ©atelier Philippe Madec

 

La ZAC de Bonne à Grenoble : un écoquartier à la française

Quelques années plus tard, la France se hissait à son tour sur la scène de la ville durable avec l’édification de la ZAC de Bonne à Grenoble. Confié à l’urbaniste Christian Devillers, ce projet de rénovation urbaine ne couvrant pas moins de 8 hectares, sortait de terre en 2009 grâce à l’aménagement d’une ancienne caserne militaire proche du centre-ville. Un ensemble de 850 logements, 5 000 m2 de bureaux, 15 000 m2 de commerces y étaient édifiés, auxquels s’ajoutaient un cinéma, un centre commercial, une résidence pour personnes âgées, des écoles, une crèche, tous organisés autour d’espaces verts parfaitement dessinés.

À l’instar de son voisin anglais BedZED, la haute qualité environnementale des bâtiments était au centre de l’écoquartier, mais à la grande différence de celui-ci, il ne se distinguait nullement en matière de création architecturale. À l’époque, il fut reconnu à la pointe en matière d’énergie renouvelable en s’approvisionnant auprès d’une centrale photovoltaïque de 1 000 m2 installée sur le toit du centre commercial. Une attention particulière était portée sur les consommations d’eau, la gestion des déchets, la biodiversité et la mobilité. Aujourd’hui, l’accès au centre-ville reste un point fort du site : tramway, vélo, voies piétonnes qui l’irriguent, permettent de réduire l’usage de la voiture au quotidien. D’un point de vue humain, l’ensemble bâti se veut multi-générationnel.

 

Texte : Sophie Trelcat
Image à la une : La ZAC de Bonne à Grenoble ©Cieutat

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