Comment travaille la French Tech, ou les passions selon charles Fourirer

MÉTIERS DE L’ARCHITECTURE

LA FORMULE PLUS QUE L’OEUVRE

 

« Plaisirs et travail non seulement ne sont pas la négation l’un de l’autre, mais peuvent être à l’origine d’un monde véritablement harmonieux parce qu’ils font tous deux appel à des dimensions fondamentales de l’être humain », écrit Diane Lamoureux à propos de l’utopie de Charles Fourier, Le nouveau monde industriel et sociétaire (1829)

Un marché foncier, des opportunités ?

Travaille-t-on vraiment mieux dans la French Tech ? a titré la présentation, par l’investisseur foncier SFL, d’une enquête menée avec l’IFOP sur les sentiments de 909 salariés d’une dizaine de ces entreprises contre 1 755 salariés d’entreprises traditionnelles, sachant qu’appartient à la French Tech toute « entreprise du numérique, avec une composante technologique ou d’innovation (ou les deux), ayant connu une forte croissance de ses effectifs engendrant une réflexion stratégique en matière de lieu de travail, et dont le siège social se situe à Paris ou en première couronne ».

Cette enquête, un contre-feu pour démontrer que la centralité parisienne, pourtant onéreuse, est un investissement rentable pour un certain type d’entreprise ? Si oui, cette localisation validerait justement un mode d’utilisation de l’espace, support de relations productives dans l’entreprise et bénéficiant du luxe de la centralité urbaine.

La French Tech a un mode de fonctionnement qui privilégie le travail en équipe et un refus des espaces fermés injustifiés, autant pour des raisons de rapports collectifs que de coûts. Inversement, elle doit laisser à ses membres la possibilité de s’isoler pour se concentrer, se recentrer, téléphoner professionnellement ou personnellement, se rencontrer, d’où les aspects bulle, canapé, bibliothèque, voire ping-pong. On parle aussi de générations : celles d’avant se dandinaient devant la machine à café ou dans les encadrures des portes.

Beaucoup a été dit sur l’attractivité du cadre de travail pour l’embauche de talents, et leur fidélisation dans l’entreprise, support favorable au déploiement de formes d’activités professionnelles, et de confusion entre vie professionnelle et vie privée. Des espaces ludiques – de confort – mutualisés participeraient à une économie globale du foncier, en réduisant au maximum l’espace réservé à des postes, ce qui s’observe dans le bas de gamme de l’offre de co-working. À l’autre bout de l’échelle – le haut –, réaliser l’idylle d’espaces ludiques n’est pas donné pour autant.

Sans avoir été objet de l’enquête, le Campus Microsoft présente, à son échelle et en France, le modèle de mode de vie de la French Tech. La refonte du Campus Microsoft, menée par Hidekazu Moritani pour Studios Architecture et livrée en 2017, avait pour feuille de route « un nouveau campus conçu pour refléter au mieux la nouvelle culture d’entreprise qui place l’humain au centre des enjeux et où la technologie est au service des utilisateurs, devenant ainsi sous-jacente à l’expérience de vie ». La transposition dans un vocabulaire du xixe siècle donne… ? (…)

Le #cloud façades principales, PCA Philippe Chiambaretta © C. Guillaume

Texte : Jean-Pierre Cousin
Visuel à la une : Le #cloud atrium, PCA Philippe Chiambaretta © C. Guillaume

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