Le 108 : Nouveau siège de la Métropole Rouen Normandie, un bâtiment imaginé par Jacques Ferrier Architecture – Partie 1

SIÈGE DE LA MÉTROPOLE ROUEN NORMANDIE

 

Rive gauche à Rouen, le siège de la Métropole Rouen Normandie installe sur les bords de la Seine une image mémorable, inédite et contextuelle.

Sa singularité se fonde sur le lien que le nouveau siège communautaire crée avec le paysage fluvial. Le profil dynamique du bâtiment contraste avec l’omniprésence des plans horizontaux qui caractérise ce majestueux site portuaire, et sa silhouette fait écho aux bâtiments industriels rénovés de la rive droite. Les obliques du volume répondent aux silhouettes des grues et des objets portuaires, aux étraves des navires qui passent…

Le bâtiment révèle et se sert de la puissance du site pour intensifier la vie urbaine sur la rive gauche. En prolongement du futur parc, le bâtiment est à son tour créateur de contexte pour le futur écoquartier dont il sera la proue. Il se distingue et se signale en tant qu’icône métropolitaine contemporaine, mais il fait d’emblée partie du lieu, tout comme la cathédrale et le pont Gustave-Flaubert. Il s’inscrit dans la rythmique visuelle singulière des quais, et entre en résonance avec le site et son histoire.
Son architecture facettée et transparente est conçue pour jouer des variations de lumière du ciel normand, des reflets de l’eau et des couleurs du climat. Le bâtiment est revêtu d’une façade d’écailles de verre subtilement colorées. Irisant et diffractant la lumière solaire, elles parent le bâtiment de délicates touches de couleur qui se démultiplient avec les reflets du fleuve. Ce registre poétique est inspiré de l’impressionnisme et de Claude Monet. Le verre est revêtu d’une couche d’oxydes métalliques qui de l’extérieur crée un reflet iridescent coloré, et s’efface vu de l’intérieur, n’altérant pas la vision des espaces de travail. Ces couleurs changeantes sont une évocation contemporaine des variations chromatiques des multiples tableaux du portail de la cathédrale de Rouen par Claude Monet.

 

Maquette au 1/50

 

La double peau joue un rôle dans la protection thermique passive des façades. En toiture, les écailles de verre deviennent des panneaux photovoltaïques et contribuent de façon significative à l’autonomie énergétique du bâtiment. Ces panneaux solaires, d’un type récent et fabriqués en Europe, autorisent plusieurs nuances de couleur tout en ayant un rendement élevé.

Les transparences et profondeurs de ce dispositif de double façade jouent de la variabilité des lumières et préviennent toute forme de massivité. Le bâtiment se métamorphose au cours des heures de la journée. Traversé par la lumière, il semble flotter sur le quai.

Sous l’enveloppe impressionniste, les volumes de travail s’étagent librement, organisés en fonction des usages. L’accueil à rez-de-chaussée de la partie aval du siège donne un accès simple et direct aux étages. L’ensemble du niveau quai est dédié aux activités recevant du public, aux salles de réunion et de réception, aux services et activités de support. En toiture du bâtiment, la terrasse belvédère prolonge les espaces de réception et offre une vue panoramique sur la métropole et le fleuve.
Les bureaux sont répartis sur des plateaux bénéficiant partout d’un excellent éclairement. Au cœur du bâtiment, une faille creuse le volume sur toute sa hauteur et offre aux espaces intérieurs une ouverture sur le ciel. Elle s’élargit en patios selon les niveaux, créant autant de terrasses accessibles aux utilisateurs.

Le projet est conçu pour être au service de l’efficacité et du confort d’un siège innovant et exemplaire ; les parcours à l’intérieur du bâtiment sont simples et intuitifs et l’accent est mis tout autant sur les espaces de travail que sur ceux de la vie collective.

 

 

Texte : Jacques Ferrier
Visuel à la une : Maquette au 1/250

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