Pour ou contre les macro-lots ?

TRIBUNE LIBRE

 

ESPACE DÉDIÉ AUX IDÉES, A L’OPINION DES ACTEURS DE L’ARCHITECTURE


Entretien avec Alexandra Fau


 

Marc Rozenblat est directeur général de CDU. Il assure la coordination générale de tous les projets développés par CDU. Il met son expérience mais aussi son talent à fédérer les hommes au service de projets d’envergure dont il sait décrypter et anticiper tous les enjeux. Après vingt ans d’expérience dans l’immobilier et les assurances, Marc Rozenblat crée CDU avec Bernard Rayard.

 

Les anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt, le futur quartier des Groues à Nanterre, la ZAC Paris Rive Gauche, le Tripode à Nantes, Port Marianne-Jacques Cœur à Montpellier, l’îlot B3-C3 à Metz, la ZAC Lyon Confluence, figurent parmi les grands chantiers récemment confiés à des ensembliers capables de piloter et de coordonner différents acteurs (aménageurs, architectes, paysagistes, urbanistes…) à cette échelle. Parmi eux, CDU (Constructions et Développements urbains), passé maître dans le montage et l’expertise de grandes opérations, de plus de 70 000 m2.

 

Le phénomène n’est pas nouveau mais tend à prendre de l’ampleur. Aussi nous semblait-il important d’offrir cette tribune libre à Marc Rozenblat – co-dirigeant avec Bernard Rayard de CDU – qui n’y voit que des atouts. La conception d’un îlot entier engage une meilleure compréhension du territoire, des enjeux politiques et des solutions à apporter. À cette échelle, il est possible de contrôler le développement du projet dans les cadres strictement définis, de tenir les engagements entre la phase de montage d’opération et la réalisation. Pour Marc Rozenblat, la conception de grands projets aboutit à une offre cohérente et concertée. C’est aussi l’assurance d’une certaine mixité : habitat, bureaux, commerces, équipements, jardins et parkings, n’en déplaise aux architectes détracteurs comme Jacques Lucan.

« Le macro-lot représente autre chose qu’une accumulation de bâtiments. C’est d’abord l’occasion de recréer une vie de quartier, un mode de vie fondé sur les relations entre voisins par l’entremise de services partagés financés par la taille de l’opération. C’est un engagement fort que nous prenons auprès des habitants comme des pouvoirs publics. » Une responsabilité dont se sent dégagé tout promoteur responsable d’une petite parcelle une fois livrée. Or, « ici nous sommes en charge d’un quartier, de son succès et de l’adhésion de ses habitants ». Pour y parvenir, CDU déploie une méthode qui s’exerce à tous les moments du chantier. Elle repose sur la scénarisation des différentes phases du projet. Les habitants fédérés en communautés urbaines rentrent en contact via une plate-forme numérique pour suivre en temps réel l’avancée des travaux, communiquer et échanger.

« L’urbaniste voit du dessus, l’architecte voit en volume, nous on voit à 1,70 m », souligne Marc Rozenblat. Malgré la taille des surfaces constructibles, CDU ambitionne le sur-mesure dans le montage du projet, l’attention portée aux usagers, la diversité des activités. Il se fait l’artisan créateur de vie urbaine à une époque où la profession se complexifie chaque jour davantage et intègre de nouveaux acteurs, des associations, des fab labs, des coopératives, capables de relever les défis de la ville de demain…

En ce sens, « Réinventer Paris » a donné une impulsion nouvelle. Pour Marc Rozenblat, ce programme a complètement révolutionné « la méthode de consultations autrefois dictée par un regroupement de décideurs de la sphère publique. Il est apparu que des membres de la société civile étaient aussi porteurs d’idées, et d’intelligences pour la ville de demain. Nous sommes actuellement à un moment de transition où l’équilibre entre puissances publique et privée se cherche ».

Quartier de Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne © CDU

Visuel à la une : Logements à Boussy-Saint-Antoine, Agence BLM, Jacques Mouzon © CDU

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