Focus | Restructuration d’un supermarché en tiers-lieu social et nourricier – Béal & Blanckaert architectes urbanistesÀ NœuxlesMines, l’agence Béal & Blanckaert transforme un ancien supermarché en tiers lieu social et nourricier, pensé comme un véritable démonstrateur de la transition écologique et solidaire. L’ambition de la maîtrise d’ouvrage est claire : faire de ce bâtiment du quotidien un « lieu apprenant », capable d’accueillir habitants, visiteurs et futurs usagers autour des enjeux d’alimentation durable, de partage des savoirs et d’expérimentation collective.
Le projet s’appuie sur l’existant. La volumétrie d’origine du supermarché est intégralement conservée, assumant la simplicité et la rationalité
de cette architecture commerciale. Une seule intervention vient marquer l’entrée du site, signal discret mais lisible qui accompagne la transformation du lieu. L’approche revendique une certaine sobriété : il ne s’agit ni de maquiller l’édifice ni de le « customiser », mais de révéler son potentiel en y installant des espaces souples, capables d’évoluer dans le temps. L’architecture privilégie ainsi la flexibilité et le confort d’usage, en proposant des lieux variés, complémentaires, multifonctionnels et mutables.

À l’extérieur, la peau du bâtiment est conservée et simplement repeinte. Le choix d’une palette de couleurs vives et changeantes introduit une dimension joyeuse, évoquant les cycles des saisons. Ce traitement chromatique atténue la massivité initiale du volume commercial et adoucit sa relation avec le paysage environnant. Le bâtiment s’inscrit alors plus naturellement dans son contexte, retrouvant une échelle plus domestique et accueillante.
À l’intérieur, l’organisation des espaces repose sur une série de puits d’air et de lumière. Ces ouvertures créent des respirations dans la profondeur du bâtiment et structurent les usages autour de véritables « clairières » intérieures. Ces séquences lumineuses offrent des repères spatiaux tout en favorisant des ambiances variées, propices à la rencontre, à l’apprentissage et aux activités collectives.
Au cœur du dispositif, la cuisine joue un rôle central. Implantée à l’entrée du site, à la croisée des parcours, elle se tourne également vers la place du village, affirmant son statut de pivot du projet. Plus qu’un simple espace fonctionnel, elle devient l’extension naturelle du lieu de vie, une aire de partage et de transmission. Une surface complémentaire permet d’accueillir des formations culinaires dans des espaces largement ouverts à la lumière naturelle, favorisant l’apprentissage et la convivialité.
Enfin, le projet fait une large place à l’architecture végétale, pensée comme un véritable vecteur de lien social et intergénérationnel. Les dispositifs plantés participent à la création d’espaces de rencontre tout en apportant des services écosystémiques essentiels : lutte contre les îlots de chaleur urbains, gestion des eaux pluviales, amélioration de la fertilité des sols, préservation de la biodiversité ou encore capture du CO₂.

Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : Noeux Environnement
Maîtrise d’œuvre : Béal & Blanckaert architectes urbanistes
Surface : 1 500 m2
Budget : 2,6 M€ HT
Programme : Tiers-lieu social et nourricier (bureaux, espace de formation, activité maraîchère)
Par la rédaction
Tous les visuels sont de © Béal & Blanckaert architectes urbanistes
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Focus | Extension de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson – ProjectilesL’extension de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, conçue par Projectiles, s’inscrit dans un paysage et une histoire d’une rare densité. Implanté au cœur de la ville-vallée, sur un socle granitique modelé par la Creuse et la Beauze, le musée dialogue avec un panorama ponctué de monuments, dominé par la Tour de l’Horloge. Le site, à la fois minéral et végétal, constitue le véritable point de départ du projet. Depuis le jardin nord, le regard embrasse les coteaux boisés et les horizons rocheux. L’extension fait écho à cette nature puissante, presque onirique, qui irrigue aussi l’imaginaire de la tapisserie. Plutôt que de l’accoler au bâtiment existant, les architectes choisissent d’implanter un volume autonome au milieu d’un jardin réinvesti. Cette mise à distance préserve l’équilibre de l’édifice originel et maintient de larges porosités visuelles. Compacte, l’extension libère un maximum d’espace paysager en superposant les salles deux à deux, affirmant un juste rapport entre plein et vide.

Au centre de ce jardin, un monolithe émerge. Sa surface en béton coulé en place est marquée par l’empreinte de canisses intégrées au coffrage. Les fines cannelures produisent des vibrations d’ombre et de lumière, ce qui confère au matériau une profondeur tactile qui n’est pas sans rappeler la trame textile. De rares percements cadrent le paysage et projettent l’intérieur vers l’horizon, instaurant un dialogue à distance avec la Tour de l’Horloge.
Le parcours des visiteurs est pensé comme une séquence fluide et théâtrale. Une galerie souterraine relie la grande nef existante au hall de l’extension. Les deux premières salles se déploient au niveau bas ; un escalier monumental aux volées entrelacées conduit à l’étage supérieur, multipliant les vues
plongeantes et contre-plongeantes. Là, un vaste hall s’ouvre par une grande baie sur la vallée boisée, offrant une pause face au paysage. Le circuit forme une boucle qui peut se parcourir dans les deux sens et fonctionner indépendamment des expositions permanentes.
Clair dans son organisation, le programme distingue nettement espaces publics, logistiques et réserves. Les quatre salles, distribuées sur deux niveaux, peuvent accueillir des expositions distinctes ou un événement unique. Une salle dispose d’un accès autonome depuis le sud, permettant un usage indépendant, tandis que la façade ouest concentre les flux de livraison et les espaces techniques.


Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : Syndicat Mixte de la Cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé
Maîtrise d’œuvre : Projectiles
Surface : 1 600 m2 extension + 500 m2 restructuration
Budget : NC
Programme : Extension de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson
Par la rédaction
Tous les visuels sont de © Sylvain Jouv
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Focus | Maison de santé – Atelier 3A – Amandine Albertini ArchitectureÀ Venzolasca, en Haute-Corse, la maison de santé Spaziu Medicale U Scampu incarne une nouvelle manière de penser l’architecture du soin en territoire rural. Conçu par Atelier 3A – Amandine Albertini Architecture, le projet se veut à la fois outil médical, équipement collectif et geste architectural ancré dans son paysage. L’ambition est simple : créer un lieu capable de rassembler les professionnels de santé tout en affirmant une architecture sobre, durable et adaptée aux réalités locales.
Implanté dans le hameau de Querciolu, l’équipement développe une surface d’environ 450 m² et s’organise sur deux niveaux. Le projet revendique une approche mesurée : la volumétrie reste compacte et le bâtiment ne dépasse pas R+1, afin de préserver l’équilibre du paysage environnant. Cette échelle maîtrisée permet à la maison de santé de s’inscrire naturellement dans le tissu bâti existant tout en affirmant sa présence comme équipement structurant pour le territoire.

La conception repose sur une trame constructive rationnelle, pensée dès l’origine pour la pré fabrication. Le rez-de-chaussée adopte une structure béton tandis que l’étage est réalisé en ossature bois, une combinaison qui permet d’optimiser les performances structurelles et environnementales du bâtiment. Le système constructif intègre également des poutres POSI bois-métal pour la toiture, renforçant l’efficacité du dispositif tout en limitant l’empreinte carbone du projet. Cette logique hybride s’inscrit dans une démarche bas carbone où chaque choix technique participe à la cohérence globale de l’ouvrage.
La préfabrication hors-site constitue un élément central du projet. La production en atelier des éléments bois permet d’assurer précision d’exécution, rapidité de mise en œuvre et maîtrise économique. Ce processus anticipe les détails constructifs en amont et réduit la durée du chantier, tout en améliorant sa propreté et sa lisibilité. L’architecture se construit ainsi dans un dialogue étroit entre conception et fabrication, révélant une approche pragmatique du projet.
Sur le plan architectural, le bâtiment se distingue par une façade en bardage bois, rythmée par des panneaux verticaux qui composent une enveloppe à la fois protectrice et expressive. Ce dispositif joue un double rôle : il agit comme écran acoustique face à la route et comme signal graphique identifiant la maison de santé dans le paysage. L’inscription du nom « U Scampu » sur la façade participe de cette dimension signalétique, affirmant la vocation publique et collective du lieu.
Les espaces intérieurs sont conçus pour favoriser la lisibilité et le confort d’usage. Les circulations et les salles de consultation s’organisent autour de volumes lumineux, tandis que le cœur du bâtiment accueille les fonctions partagées entre les différents praticiens. Cette organisation vise à encourager les échanges entre professionnels et à simplifier le parcours des patients.

Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : SAS U Scampu
Maîtrise d’œuvre : Atelier 3A — Amandine Albertini Architecture
Surface : 450 m2
Budget : 1,3 M€ HT
Programme : Maison de Santé
Par la rédaction
Tous les visuels sont de © Kallistyle
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Focus | Site Polyvalent Omnisport (SPOT) – Dominique Coulon & associésÀ Thionville, le Site Polyvalent Omnisport (SPOT) prend place au sein d’un ensemble public des années 1960 composé d’un théâtre et d’un gymnase municipal. L’intervention vise à moderniser l’équipement sportif afin d’accueillir des compétitions de grande ampleur et des événements culturels, tout en préservant l’identité architecturale du site. Le projet s’appuie ainsi sur une logique de continuité, inscrivant une architecture contemporaine dans un dialogue respectueux avec l’existant.
Le mur de pierre historique, qui structurait visuellement l’ensemble, est conservé et devient le fil conducteur du projet. Le portique d’entrée d’origine, repère familier pour les habitants, est également maintenu. La nouvelle architecture reprend certains principes formels du théâtre voisin, notamment la verticalité des ouvertures et l’alternance entre surfaces pleines et vitrées. Le SPOT apparaît ainsi comme l’extension naturelle du bâtiment culturel, prolongeant son écriture tout en affirmant une expression contemporaine.

La composition se distingue par la présence d’un volume argenté placé en porte à faux au-dessus du socle de pierre. Cette salle polyvalente semble
flotter dans la composition et dialogue avec le volume du théâtre. Une baie vitrée de 46 mètres de long renforce cette impression de légèreté et ouvre largement le bâtiment sur la ville. Les transparences participent à la mise en scène des activités intérieures : la salle de danse, visible depuis le boulevard du XXe Corps, expose par exemple ses mouvements au regard des passants. À l’intérieur, le projet privilégie la fluidité des parcours et la générosité des volumes. Le hall d’accueil, conçu comme un atrium en double hauteur, organise les circulations et relie le rezde chaussée au balcon du premier étage. Un escalier monumental en béton architectonique conduit vers la salle polyvalente et les gradins, tandis que le gymnase et la salle de danse se déploient dans le prolongement du hall. L’absence d’éléments porteurs visibles renforce la perception d’espaces ouverts et lumineux.
Le gymnase accueille un mur d’escalade spectaculaire de 42 mètres de large et 15 mètres de haut, conçu comme un véritable élément architectural. Face à lui, un gradin de 750 places relie visuellement les deux niveaux du bâtiment. La salle polyvalente située à l’étage, identifiable à sa couleur rouge intense, peut fonctionner de manière indépendante ou être associée au gymnase pour former un espace de près de 2 800 m² destiné aux manifestations sportives, culturelles ou professionnelles.
Par sa capacité d’adaptation et par la porosité qu’il instaure entre les espaces, le SPOT se présente ainsi comme un équipement ouvert, capable d’accueillir une grande diversité d’usages et de publics. L’architecture y affirme une ambition claire : prolonger l’histoire du site tout en offrant à la ville un lieu contemporain, flexible et généreux.

Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : Ville de Thionville
Maîtrise d’œuvre : Dominique Coulon & associés
Surface : 4 554 m2 SU
Budget : 11,7 M€ HT
Programme : salle multisport avec gradin de 750 places assises dont 400 places en tribune télescopique, mur d’escalade de 15 m avec voies de vitesse pour les compétitions internationales, salle polyvalente, salle de danse, salle de gymnastique rythmique et sportive, espace événementiel, salle d’activités, espaces d’accueil du public
Par la rédaction
Tous les visuels sont de © Eugeni Pons
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Focus | Complexe sportif du Viaduc – AUM Pierre Minassian
À Tarare, le futur complexe sportif se pense comme bien plus qu’un équipement : un véritable lieu de vie, capable d’accompagner la transformation urbaine de la ville tout en renforçant les liens entre ses usagers. Ouvert, accueillant, conçu pour inviter à la pause autant qu’à la pratique sportive, le projet revendique une architecture du rassemblement et du vivre-ensemble.

Une architecture intégrée à la topographie et au paysage
Son implantation tire parti de la topographie naturelle du site. La déclivité du terrain est exploitée avec justesse afin de limiter l’impact visuel du bâtiment et de réduire les interventions lourdes de terrassement. Cette approche mesurée permet au volume de s’inscrire avec fluidité dans son environnement immédiat, en dialogue constant avec les espaces naturels voisins.
Élément structurant du paysage, le viaduc devient une référence architecturale à part entière. La trame régulière créée par ses piles inspire la composition du projet, qui en reprend les proportions et les rythmes pour prolonger l’existant, organiser les espaces et travailler les perspectives, notamment à l’entrée du site. L’architecture ne s’impose pas : elle compose avec ce contexte fort pour en révéler les qualités.
Des espaces accessibles et des matériaux durables
Orienté vers le cheminement doux longeant la rivière, le complexe développe des espaces accessibles et appropriables par tous, quels que soient les usages, les mobilités ou les pratiques sportives. À l’intérieur comme à l’extérieur, la sobriété des volumes et le choix de matériaux pérennes traduisent une recherche d’équilibre entre confort, durabilité et qualité d’usage.
Le bois, omniprésent dans les espaces intérieurs, apporte chaleur et douceur, tandis que le métal et le Trespa assurent à l’enveloppe extérieure une résistance et une pérennité adaptées à un équipement public.

© AUM Pierre Minassian
Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : Ville de Tarare
Maîtrise d’œuvre : AUM Pierre Minassian
Surface : 4 000 m2
Budget : 8,1 M€ HT
Programme : Construction du complexe sportif
Texte : La Rédaction
Tous les visuels sont de © Studio Erick Saillet
— Retrouvez l’article dans archistorm 136 daté février – mars 2026
Focus | Bâtiment de Recherche Biomédicale de Créteil, l’UPEC équipe son enseignement d’un large terrain pratique – Nickl & Partner France
Avec le Bâtiment de Recherche Biomédicale (BRB), l’Université Paris-Est Créteil affirme une ambition claire : rapprocher la recherche, l’enseignement et la pratique clinique au sein d’un même lieu, lisible et accessible. Implanté sur le campus Henri-Mondor, à l’interface entre l’hôpital universitaire et la faculté de santé, le bâtiment conçu par Nickl & Partner France devient une pièce maîtresse du dispositif scientifique de l’UPEC.
Une implantation affirmée dans le campus
Par sa forme trapézoïdale et son implantation en retrait, le BRB rompt avec la linéarité du campus existant tout en revendiquant une autonomie assumée. Cette distance n’est jamais une rupture : le bâtiment est relié à l’existant par deux niveaux, affirmant une continuité fonctionnelle et symbolique. Dès l’arrivée, le parvis paysager et le large auvent signalent l’entrée comme un espace d’accueil, tandis que la transparence du rez-de-chaussée rend le travail scientifique visible depuis l’espace public.

© Nickl & Partner France
Une organisation intérieure pensée pour la collaboration
L’organisation intérieure repose sur une structure claire et modulaire. Les bureaux sont implantés au sud, les laboratoires au nord, reliés par un axe central entièrement vitré. Un atrium traversant apporte la lumière naturelle au cœur du bâtiment et facilite une orientation intuitive. Les circulations ouvertes et les relations visuelles encouragent les échanges informels, faisant de l’architecture un véritable catalyseur de rencontres et de collaborations.
Le BRB accueille des laboratoires hautement spécialisés, des plateformes mutualisées, un hall pilote dédié à l’étude des risques environnementaux, ainsi que des espaces de travail et de séminaire ouverts. Cette diversité programmatique reflète une conception contemporaine de la recherche biomédicale, pensée comme un processus collectif, évolutif et ancré dans la société.
Un paysage au service du bien-être et du projet scientifique
À l’extérieur, le jardin thérapeutique prolonge cette approche. Conçu comme un filtre paysager, il associe plantes aromatiques et médicinales, cheminements et espaces de repos, offrant un contrepoint sensible à l’univers technologique des laboratoires. Plus qu’un simple aménagement, il participe à la narration du projet, en inscrivant la recherche dans une relation apaisée avec le vivant.
Fiche technique :
Maîtrise d’ouvrage : Université Paris-Est-Créteil (UPEC)
Maîtrise d’œuvre : Nickl & Partner France
Surface : 5 765 m2
Budget : 18,4 M€ HT
Texte : La Rédaction
Tous les visuels sont de © Christophe Caudroy
— Retrouvez l’article dans archistorm 136 daté février – mars 2026