BATIMAT 2019 : LE LIEU OÙ LA CONSTRUCTION COMMENCE SA RÉVOLUTIONDOSSIER SPÉCIAL
BATIMAT 2019
LE LIEU OÙ LA CONSTRUCTION COMMENCE SA RÉVOLUTION
REED EXPOSITIONS FRANCE
Nouveaux modes de travail hors-site, maquette BIM, réalité virtuelle et robots sur les chantiers, mais aussi nouveaux usages du bois et du béton : le salon Batimat invite les architectes et les professionnels du secteur à découvrir le nouveau visage de la construction.
Ancré au cœur du Mondial du Bâtiment, le salon Batimat a pour ambition d’être un observatoire à 360° des transformations du secteur. L’édition 2019 s’annonce à la pointe des nouveaux modes constructifs et des innovations technologiques préfigurant la ville du futur. Les architectes et les maîtres d’ouvrage vont trouver sur ce salon des réponses concrètes à leurs interrogations sur les évolutions à venir du marché de la construction. Toutes les innovations y seront disséquées. Nouveaux modèles d’organisation du travail et de préfabrication en amont avec le hors-site, numérisation croissante dans le sillage de la maquette BIM, intégration de la réalité virtuelle et de la robotique sur les chantiers sont en effet autant d’indicateurs d’un secteur de plus en plus technologique.
Batimat favorise la rencontre des communautés du bâtiment
Les nombreux architectes qui viennent à Batimat y trouveront des services appropriés, comme le Club influenceurs où ils vont pouvoir rencontrer les grands prescripteurs. Les contenus de la journée du mercredi leur sont dédiés en priorité, avec une journée de tables rondes sur l’Architecture. La journée du lundi verra l’inauguration du stand Technal conçu par Stefano Boeri, en sa présence.
La force de Batimat est de donner l’occasion à tous les acteurs de la filière du bâtiment de se rencontrer pour échanger pendant une semaine. C’est cette force que Batimat met désormais à la disposition des start-ups désireuses de travailler dans le secteur de la construction avec son programme Construction Tech®. Le « résultat d’une stratégie engagée depuis deux ans », confie Guillaume Loizeaud, Directeur du Mondial du Bâtiment et de Batimat. Conscient qu’il faut rapprocher les start-ups les plus innovantes des grandes entreprises plus « établies » du secteur de la construction, Batimat porte avec Construction Tech® un principe actif de convergence technologique. Les Challenges des Start-ups sont des outils de compétition – et de promotion – entre start-ups qui déjà ont rassemblé 217 entreprises internationales sur deux sessions. Les tendances émergentes montrent un engouement pour le BIM et la réalité virtuelle, la maîtrise énergétique, l’intelligence artificielle et l’économie circulaire. Urban Canopee, le grand lauréat du challenge 2019 sera présent sur Batimat avec sa solution pour promouvoir des îlots de fraîcheur en milieu urbain.

©BATIMAT
A découvrir :
Deux questions à Guillaume Loizeaud, Directeur de Batimat (…)
BATIMAT
4 au 5 novembre 2019
Paris Nord Villepinte
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Découvrez le dossier spécial sur le Salon Batimat 2019 dans le numéro 98 du magazine Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
CENTRE ALBERT SCHWEITZER : REHABILITATION ET EXTENSIONFOCUS
DAMMARIE-LES-LYS
Lieu important pour la vie des habitants et la qualification de l’espace, le bâtiment existant n’était pas ressenti comme un lieu public accueillant. Masquées derrière une végétation non entretenue et un principe de claustra en métal réduisant fortement la lumière à l’intérieur de l’édifice, les façades étaient fermées et non visibles depuis l’espace public. L’enjeu de la réhabilitation/extension du centre socioculturel Albert Schweitzer, ainsi que le traitement de ses abords, était donc d’offrir au quartier une image active de son renouvellement.

Centre Albert Schweitzer © Cyrille Lallement
Le centre Albert Schweitzer est composé d’une médiathèque, d’une maison des associations, d’un pôle administratif et d’un centre médico-psychologique/ PMI, auquel s’est ajouté un espace petite-enfance. Afin de dynamiser l’ensemble de l’îlot, le parti pris architectural a été de requalifier les accès à ces équipements grâce à trois entrées distinctes. Un grand parvis, en lien avec la place du 8 mai 1945, relie désormais l’entrée de la médiathèque et celle de la maison des associations. Le projet compte également une grande terrasse commune, un jardin, un espace de maraîchage urbain et un verger en lien avec la maison des associations. L’équipement n’est plus dissimulé dans les constructions avoisinantes, il est devenu un signal positif.

centre socioculturel Albert Schweitzer – plan
Fiche technique :
MAÎTRISE D’OUVRAGE : VILLE DE DAMMARIE LES LYS
MAÎTRISE D’ŒUVRE : MAO ARCHITECTES, CETAB (BET TCE) ; RÉMI ALGIS (PAYSAGISTE)
MISSION : COMPLÈTE (LOI MOP) + OPC
PERFORMANCES : RT 2012 RÉNOVATION
PROGRAMME : RÉHABILITATION ET EXTENSION DE LA MAISON DES ASSOCIATIONS, LA MÉDIATHÈSE ET DE 2 CRÈCHES DANS UN PROJET DE RENOUVELLEMENT URBAIN
SURFACE (SDP) : 3500m2
COÛT DES TRAVAUX (HT) : 4,1M€
Visuel à la Une : © Cyrille Lallement
Découvrez l’intégralité de l’article sur le CENTRE ALBERT SCHWEITZER au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
ESPACE OSCAR NIEMEYER – LE HAVRERÉALISATION
DESHOULIÈRE JEANNEAU & SOGNO ARCHITECTES
La genèse
Libre, fluide, insolemment fichée au cœur de la ville, la Maison de la Culture du Havre, conçue par Oscar Niemeyer et construite entre 1978 et 1982, est un formidable contrepoint à la ville orthonormée d’Auguste Perret. Sous son apparente simplicité volumétrique, l’espace culturel — rebaptisé le Volcan en 1990 — cache son jeu. Alors que l’Atelier Perret avait reconstruit le centre de la ville portuaire détruit par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, l’architecte brésilien évidait, pour partie de 4,50 m son terrain d’accueil, un carré parfait de 125 m de côté. Au centre du site, Niemeyer a creusé une place basse de laquelle jaillissent, de part et d’autre, deux volumes tronqués, tels des cratères de plan ovale et aux surfaces courbes. L’architecte carioca évoquait à sa manière les cheminées des transatlantiques chers à la mémoire des Havrais. Lisses, immaculés et abstraits, les ouvrages de béton sont aveugles, hormis une couronne de fenêtres en hauteur sur la plus petite des constructions.
« Oscar Niemeyer ne voulait pas qu’on entre dans un bâtiment, mais dans un site où ces derniers s’offrent à vous », rappelle Jean-François Driant, directeur du lieu, labélisé Scène nationale en 1991.
Ces lignes audacieuses répondaient à une programmation artistique du même ordre, tournée vers l’avant-garde. Issu du mouvement des Maisons de la culture d’André Malraux, rêvant de mettre l’art à la portée de tous, le théâtre a donné l’opportunité à des chorégraphes, à des hommes de théâtre de renom voire à des compagnies circassiennes d’y déployer leurs plus belles audaces scéniques.
« De l’ancienne source a jailli le volcan »
Pour rester un acteur de cette volonté de défrichage et de renouvellement des genres artistiques, l’ancien Volcan a fait l’objet d’un lifting total, depuis les espaces qui l’entourent jusqu’aux volumes intérieurs.
Le lieu devait évoluer pour rester innovant ; de plus il fallait régler des questions sécuritaires et d’image : « Un des enjeux était d’inventer une nouvelle logique du site qui n’avait finalement jamais été réellement approprié par les habitants », explique Jean-François Driant.
Aussi les fonctions du lieu ont-elles été repensées. Désormais, le petit Volcan et la salle de musiques actuelles qui lui était attenante – l’ancien Cabaret Electric – se sont mués en un programme de bibliothèque. C’est le lien entre cette dernière et Le Volcan qui doit apporter une identité nouvelle au complexe culturel. « L’idée était de construire des événements communs, et que les lecteurs de la bibliothèque fréquentent également le théâtre », précise le directeur de la Scène nationale. (…)

Espace culturel Niemeyer ©Patrick Miara
Le mot des architectes
Deshoulières Jeanneau Architectes
Sogno Architectes
Nous nous sommes appuyés sur la démarche initiée par la maîtrise d’ouvrage, à savoir un échange avec l’agence Niemeyer pour déterminer ce qui était essentiel et ce qui pouvait être modifié sans trahir l’esprit d’origine.
Cette démarche mettait en avant clairement la particularité du travail de Niemeyer au Havre, à savoir un morceau d’architecture originale dans un écrin formé par la trame des immeubles de Perret : emblème du Havre, ce rapport entre l’œuvre et le fond des îlots de logement devait être préservé, ainsi que le lien organique entre les places haute et basse et les deux Volcans, le garde-corps dessinant une « colombe » vue d’avion.
Bien qu’il n’y avait pas d’autres prescriptions, nous avons souhaité préserver l’esprit du bâtiment d’époque autant que possible, notamment en mettant en valeur à l’intérieur du théâtre et de la bibliothèque le « béton de planche », caractéristique de la production de l’époque.
Quel contraste entre ces beaux volumes blancs se détachant dans le ciel changeant du Havre et les abords lorsque nous les avons découverts en 2010 : un sol et des pieds de bâtiments dégradés, des coins insalubres, un accès invisible depuis les rues avoisinantes.
Symptomatiquement les ascenseurs construits peu de temps auparavant descendaient directement de la rue au parking sans s’arrêter à la place basse, désignée « forum » en 1982.
Le problème essentiel du site était bien là. Cela avait été identifié en phase programmation. Notre rôle a été de le désigner comme le sujet n°1 à traiter pour réintégrer ce site dans son quartier, le centre-ville. Il souffrait en fait d’un « urbanisme sur dalle », typique des années 1960-1970, mais à l’envers : le contrebas casse la continuité urbaine autant que le surplomb.

Espace culturel Niemeyer ©Patrick Miara
Maîtrise d’œuvre DESHOULIERES JEANNEAU, F. SOGNO architectes,
Maîtrise d’ouvrage Ville du Havre
BET acoustique R. Raskin
BET Lumière Sara Castagné
Scénographie Thierry Guignard
Entreprises Gagneraud (Gros oeuvre), Laubeuf (verrières), Galli (menuiseries, plâtrerie, agencement), Amgfechoz (machinerie scénique), Axima (Cvc), Sfee (électricité), Eiffage énergie & Auvisys (électricité scénique), Poulingue (gradins), Parquetsol, Delagrave (sièges), Colas (pavage).
Calendrier 2011-2015
Surface du site 17 000 m²
Surfaces construites 14 118 m²
Texte : Sophie Trelcat
Visuel à la une : Patrick Miara
Découvrez l’intégralité de l’article sur l’espace Oscar Niemeyer au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
IMMEUBLE « PULSE » – SAINT-DENISRÉALISATION
BFV ARCHITECTES
Imaginé par Fassio-Viaud (alias BFV architectes), le nouveau bâtiment de bureaux d’Icade dans la ZAC Nozal – Front populaire, à Saint-Denis, montre qu’il est désormais possible de construire avec une structure mixte bois-béton, sans surcoût par rapport au 100 % béton. Son vaste atrium et la prééminence de la trame constructive dans la constitution des espaces rappellent les anciens entrepôts de la Plaine Saint-Denis.

vue sur l’atrium ventilé naturellement, Pulse, BFV architectes
Dix ans de gestation pour dix jours d’esquisse ! Lorsque, en 2009, Icade lance le concours pour la construction d’un immeuble de bureaux sur le versant ouest de la place du Front populaire, quatre équipes de maîtrise d’œuvre rodées à l’exercice des programmes tertiaires sont en lice. Malgré deux mois et demi de travail, aucune d’entre elles ne présente de projet réellement satisfaisant aux yeux du promoteur qui choisit de jouer son joker. L’agence Fassio-Viaud, absente de la première consultation, est chargée de faire une proposition alternative en dix jours chrono, non rémunérés. Un coup gagnant pour cette petite – mais talentueuse – structure parisienne, qui fusionnera avec celle de Jean Bocabeille au début de l’année 2019 sous l’acronyme « BFV architectes ». Le projet séduit à la fois Icade et l’établissement public territorial (Plaine Commune), et Fassio-Viaud dépose le permis de construire dans la foulée, en 2010. La suite est une longue succession de remises en question de la pertinence économique du programme par temps de crise de l’immobilier tertiaire. À la demande du maître d’ouvrage, les architectes réalisent plusieurs variantes (division du terrain en deux parcelles, création d’un centre de coworking, etc.), avant que le projet ne reparte dans le droit chemin en 2015, avec peu ou prou les bases du… début. Pour une livraison au printemps 2019.
Le manque de temps était paradoxalement le meilleur allié des architectes qui n’ont pas fait de détail en dessinant une couronne bâtie de 18 mètres d’épaisseur en périphérie de la parcelle.

Façade nord-ouest sur la Place du Front populaire, Pulse, BFV architectes
Jean-Brice Viaud s’en étonne encore : toutes les planètes se sont alignées lorsqu’il a fallu définir en quelques jours les grands principes du bâtiment. Le manque de temps était paradoxalement le meilleur allié des architectes qui n’ont pas fait de détail en dessinant une couronne bâtie de 18 mètres d’épaisseur (le standard d’Icade) en périphérie de la parcelle. Un impressionnant atrium couvert de 25 x 60 m sur sept hauteurs d’étage a logiquement pris place dans le vide central résiduel. « Plus petite dimension supérieure à √7H, conformément à la réglementation ! Tout tombait pile-poil ! » résume l’architecte. Ne restait plus qu’à se plier au devoir de rigueur et de justesse constructive que l’utilisation apparente de bois de structure requiert. Ce qui là encore tombait plutôt bien : « Nous ne sommes pas des gesticulateurs. »

plan, Pulse, BFV architectes
Fiche technique :
Maître d’ouvrage : Icade Tertial
Maîtres d’œuvre : BFV architectes
Bureaux d’études : Artelia (TCE), Barthès (bois), Arcora (façades), Avis (acoustique), Spooms (cuisine)
Surface de plancher : 30 000 m2
Coût de la construction : 60 M€ H.T.
Livraison : avril 2019
Texte : Tristan Cuisinier
Visuel à la une : Frédéric Delangle
Découvrez l’intégralité de l’article sur l’Immeuble « Pulse » au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
HÔTEL JO&JOEFOCUS
JEAN-PAUL VIGUIER ET ASSOCIES // GENTILLY
Implanté le long du boulevard périphérique, Jo&Joe offre une surface d’environ 6 000 m² répartis sur 9 niveaux. L’open house multiplie les espaces communs, les porosités intérieur/extérieur grâce à ses terrasses végétalisées ainsi qu’un bar, un restaurant et un jardin intérieur ouverts aux hôtes et aux visiteurs de passage.
À l’extérieur, une tôle d’aluminium irisé habille les façades et absorbe la lumière pour la transformer en un voile de couleurs changeant au gré de la luminosité. Dorées le jour, les façades prennent une teinte bleutée la nuit tombée et s’animent au rez-de-chaussée et au dernier étage par un jeu de tôles embouties rétroéclairées. Les niveaux courants présentent quant à eux un jeu de lames verticales, des menuiseries en aluminium sombre et des châssis ouvrants à la française.
Le bâtiment conçu en forme de U enserre un jardin intérieur de plain-pied avec le rez-de-chaussée. Cet espace libre est conçu comme une extension des espaces intérieurs par un langage de matières : bois, acier, béton, formes souples et fluides. Des arbres fruitiers marquent la saisonnalité et renforcent ce rapport dedans-dehors. Avec les toitures en parties végétalisées et potagères et les terrasses plantées du R+7 Jo&Joe entend s’inscrire dans le renforcement de la biodiversité avec une micro production vivrière.

hôtel Jo&Joe
MAÎTRE D’OUVRAGE : ACCORD INVEST S.H.N.M (SOCIÉTÉ DES HÔTELS NOVOTEL ET MERCURE)
ASSISTANT AU MAÎTRE D’OUVRAGE : SEMP
MAÎTRE D’ŒUVRE : JEAN PAUL VIGUIER ET ASSOCIÉS
MAÎTRE D’ŒUVRE D’EXÉCUTION : ARTELIA BÂTIMENT ET INDUSTRIE
MISSION : CONCEPTION ET SUIVI DES TRAVAUX, PAYSAGE
AMÉNAGEMENT INTÉRIEUR : PENSON
SURFACE : 7 000 m2 sur 7 étages / 9 niveaux (5740 m2 SDP)
Photos: Takuji Shimmura
UNE SIMPLICITÉ ABSOLUEMAISON DES SCIENCES DE L’HOMME À PARIS
François Chatillon Architecte ACMH
et Michel Rémon & Associés
Restaurer et valoriser un édifice patrimonial du XXe siècle implique un savoir-faire particulier et un respect total de l’œuvre, dans une optique d’évolution spatiale et fonctionnelle adaptée aux usages à venir. C’est dans cet état d’esprit que les architectes François Chatillon et Michel Rémon ont mené à bien cette restructuration pointue très réussie.

Cet ouvrage, tout de verre et de métal, offre un contrepoint moderne au bâti haussmannien alentour en pierre.
Édifiée entre 1965 et 1969, par les architectes Marcel Lods, Paul Depondt et Henri Beauclair, la Maison des Sciences de l’Homme fait figure d’immeuble pionnier de l’architecture moderne du xxe siècle. Implanté à l’angle du boulevard Raspail et de la rue du Cherche-Midi, en plein VIe arrondissement de Paris, ce bâtiment atypique est bien repérable dans le tissu urbain haussmannien environnant dominé par la pierre. L’ensemble comporte deux bâtiments, le premier de neuf étages ouvrant sur le boulevard et le second de quatre étages donnant sur la rue : ces deux ouvrages étant reliés par un édifice passerelle pourvu de quatre étages.
« La chance de ce projet est de conserver des utilisateurs “historiques” sur place et de leur offrir les conditions et normes actuelles de confort dans un lieu institutionnel pour les Parisiens, enfin restauré. »
Si dès l’origine du projet, cet immeuble abritait la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) et l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), ces deux entités sont désormais complétées par l’arrivée de l’École Pratique des Hautes Études (EPHE). Restructuré par l’agence François Chatillon Architecte (mandataire) associée à l’atelier d’architecture Michel Rémon & Associés, cet ensemble précurseur a été bâti selon plusieurs techniques innovantes. Le système constructif mis en œuvre se compose d’une structure mixte associant des poteaux et poutres métalliques à des planchers en béton précontraint, ces derniers provenant du procédé de dalle précontrainte Wilenko, du nom de l’ingénieur qui l’a inventé. La spécificité de ce système rationnel a trait à la finesse des planchers permettant de monter neuf niveaux dans un gabarit limité à trente mètres de haut.

En cœur d’îlot, les façades arrière entièrement vitrées des trois édifices sont rythmées par la structure métallique apparente
Une restitution fidèle
L’autre particularité technique porte sur les façades en mur-rideau qui, assemblant des complexes de châssis en acier et double vitrage – mesurant 1,25 m de large (trame de base) et 2,50 m de haut –, participent à l’unité globale des diverses façades, où la transparence est omniprésente. Si le bâtiment principal et la passerelle comptent 1 032 modules, le bâtiment secondaire en affiche 228. Ces façades sont dotées de volets extérieurs en aluminium perforé, mobiles et manœuvrables depuis l’intérieur, à l’aide de manivelles servant à réguler l’apport de lumière naturelle. Ces complexes vitrés, accompagnés de ces volets repliés et de l’ossature apparente des poteaux en acier, apportent de l’épaisseur au bâtiment et expriment avec élégance l’architecture caractéristique de ce type d’édifice contemporain.
« Dans cette architecture forte des années 1960-70, d’une simplicité absolue, tout se tient. Notre fierté a été de redonner à voir cette architecture qui fait sens. »
Or, cette façade, dénuée d’ouvrants et reliée à un système de conditionnement d’air formé de caissons d’éjecto-convecteur, fait de cet ouvrage l’un des premiers de la capitale ayant bénéficié d’une ventilation maîtrisée. Concernant la rénovation complexe de cet ensemble remarquable, les architectes ont opté, en collaboration avec l’EPAURIF et la DRAC notamment, pour une restitution fidèle s’appuyant sur des recherches documentaires (archives), des témoignages et des investigations in situ, ayant conduit à l’élaboration de plusieurs études et diagnostics. Comme le remarque l’architecte ACMH François Chatillon, « dans cette architecture forte des années 1960-70, d’une simplicité absolue, tout se tient. Notre fierté a été de redonner à voir cette architecture qui fait sens ».
Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage :
EPAURIF/Établissement public d’aménagement
universitaire de la région Île-de-France
Maîtrise d’œuvre :
François Chatillon Architecte, Architecte en chef des Monuments historiques (ACMH), mandataire, Michel Rémon & Associés, Atelier d’architecture, architecte associé
BET TCE : Igrec ingénierie
BET façades : Roux & Associés ingénierie
BET désamiantage façades (jusqu’à l’APD) : Antea Group
Consultants :
Vanessa Frenandez : architecte-chercheure,
Maître assistant ENSA (façades, patrimoine, mobilier) ;
Emmanuelle Gallo : architecte, docteur HDR
(histoire des techniques) ;
Anne-Charlotte Depondt : historienne de l’architecture ;
Richard Palmer Consulting : restauration des bétons ;
Entreprise générale : Eiffage Construction.
Surface SDP existant : 14 765 m²
Surface SDP projet : 16 430 m²
Coût des travaux : 27,2 M € HT
Texte : Carol Maillard
Visuels : © Sergio Grazia
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