Projets à venir I La maison Courvoisier s’associe avec le studio Gilles et Boissier pour un projet d’envergure, entre modernité et intemporalitéCourvoisier, la maison de Cognac la plus primée au monde, fondée par Félix Courvoisier en 1828 a annoncé le 29 août dernier un projet d’exception. Un renouveau pour la célèbre maison de spiritueux, marqué par une identité française forte.
Une transformation entièrement signée Gilles et Boissier qui rend hommage à 200 ans d’histoire de Courvoisier.
Maison d’exception située au bord de la Charente, le projet vise à transformer l’ensemble de la demeure en une architecture moderne et intemporelle qui s’installera sur quatre salles de réception, une salle de dégustation et six chambres.
Et pour les experts du studio iconique, Patrick Gilles et Dorothée Boissier, la réhabilitation du domaine devient nécessairement le projet français le plus important, d’autant plus qu’il s’agit de leur première collaboration avec une maison de spiritueux.
Des créateurs de mode aux hôtels new yorkais les plus prestigieux, Gilles et Boissier ont su imposer leur style « à la française » qui colle parfaitement avec l’unique histoire Courvoisier.

Site de Jarnac, région de Cognac
« C’est pour nous une immense joie de travailler avec Gilles & Boissier, duo de designers parmi les plus talentueux et les plus célèbres au monde, dont le style si français va non seulement nous inspirer, mais aussi apporter une véritable authenticité à la rénovation de la Maison Courvoisier»
a confié Richard Costa-Savelli, Directeur général de Courvoisier, en ajoutant que «L’histoire de la Maison Courvoisier est ancrée dans notre communauté et dans le secteur du cognac à l’échelle mondiale. »
Membre du groupe japonais Beam Suntory, Courvoisier inscrit en effet son savoir faire à l’international en s’associant au leader des spiritueux haut de gamme.
Une influence mondiale et des relations fidèles avec les artisans et viticulteurs de la région de Cognac, Gilles et Boissier se chargent de conserver l’identité de cette maison d’histoire avec modernité et finesse.
Juste un peu de patience, le dévoilement de la demeure est prévue à l’horizon 2024.
« Jeunes artistes en europe. Les métamorphoses »ART
La tentation d’un art total ?
Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses
4 avril › 16 juin 2019
Fondation Cartier, Paris
Texte : Camille Tallent
Visuel à la une : John Skoog, Federsee, 2013, extrait de la vidéo © John Skoog
Sous les projecteurs de la Fondation Cartier — attachée depuis ses débuts (1984) à la promotion de l’art contemporain — une nouvelle génération d’artistes aux nationalités et aux pratiques multiples se retrouve à l’événement Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses. Pour l’occasion, une sélection étroite de 22 artistes de 18 pays différents exposeront leurs créations à la Fondation Cartier du 4 avril au 16 juin 2019 à Paris.
Au coeur du bâtiment de Jean Nouvel, boulevard Raspail, les cimaises s’élèvent pour partitionner en toute symbiose les 22 artistes issus d’une Europe que la sélection rend ici très extensible et poreuse. Ils viennent d’Angleterre, de France, de Géorgie, de Grèce, du Portugal, de Pologne ou de Russie et de Syrie, pour n’en citer que quelques-uns. Ils rassemblent à eux tous une panoplie très variée de pratiques artistiques : peinture, sculpture, design ou encore vidéo sont au programme d’une exposition qui s’annonce définitivement fourmillante de créativité et d’originalité.
Abordée sous l’angle de la métamorphose et de la notion de territoire, le commissariat (mené par Thomas Delamarre) a exploré les scènes artistiques européennes pour en restituer le noyau dur et les points de force. Après plus d’une année de prospection et la rencontre d’une multitude d’artistes dans presque une trentaine de pays, la sélection drastique de cette exposition révèle des accointances de processus entre tous ces créateurs nés entre les années 1980 et 1990.
Première génération née après la chute du mur de Berlin, ces artistes témoignent d’une grande mobilité et reflètent à eux seuls une notion inhérente à celle d’Europe ; celle de la migration et de flux de population. Cette notion géographique résonne avec une latence (in)consciente dans la plupart des propositions et c’est avec une force particulière qu’elle émane de l’oeuvre du jeune artiste géorgien Nika Kutateladze, architecte de formation. Manipulant avec une grande justesse un des fils narratif de l’histoire de son pays, il développe une oeuvre plastique qui offre une réflexion sensible et sociale sur l’habitat. Non sans évoquer le travail de Gordon Matta-Clark, Nika Kutateladze raconte les transformations de son pays (notamment l’abandon des campagnes pour la capitale Tbilissi) en transposant littéralement des ruines d’habitations rurales au sein de nouvelles architectures. Des matériaux morcelés, le duo de designers italiens Formafantasma en fait une affaire de recyclage. Avec leur projet Ore Streams (2017), ils conçoivent à partir de déchets électroniques (e-waste) une collection de meubles et accessoires aux lignes épurées : une nouvelle vie pour les débris d’aujourd’hui et demain.
Définitivement porté sur la figuration, Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses porte également son regard sur tout un pan de la création qui problématise ou raconte la question de l’hybridation des corps. C’est avec justesse que le titre de l’exposition convoque Ovide, car certains des artistes bâtissent des univers peuplés de figures indéterminées aux identités troubles. Là où le cinéaste suédois John Skoog apporte avec sa vidéo faussement documentaire Federsee (2013) un récit planant habité de personnages mythologiques, Evgeny Antufiev façonne un monde archaïque avec des matériaux corporels (os, cheveux, dents, peau, etc). Ce dernier, plasticien russe né en 1986 (présenté à la jeune foire parisienne Paris Internationale en 2018), construit un monde comme on fonde une religion animiste : figures totémiques, formes mystiques et temples sommaires se complètent dans une orchestration organique qui évoque l’art brut.

ore streams cubicle © Formafantasma
Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses est un éclairage générationnel qui ouvre un large spectre sur les formes prolifiques et diverses de la création contemporaine en Europe et au-delà. Un rendez-vous incontournable.
Retrouvez cette article de Camille Tallent dans le numéro 95 du magazine Archistorm, daté mars-avril 2019 !
L’interview de Karl PetitINTERVIEW
Karl Petit
Architecte et directeur artistique de Workspace Expo
Pourquoi avoir choisi ce thème « Multifonctions-Multicolors & collections » et que recouvre-t-il ?
Le point de départ est la disparition des frontières entre les métiers et les lieux de rassemblement, qui génère une multitude d’activités et des mobiliers différents. Le résident, celui qui occupe l’espace, va devoir se réinventer pour utiliser toutes les fonctions proposées. Comme avec cette table très longue et étroite (4, 10 m x 0,75), recouverte d’une toile à peindre blanche ou noire, qui prend sa place à la maison, au restaurant, au bureau ou en meeting. Ce nouveau mobilier de bureau multifonction est d’autant plus efficace qu’il contraste géographiquement ou ergonomiquement par une couleur, Mondrian et Yves Saint-Laurent, et au Bauhaus, mouvement à la fois rigide et festif.
Quel dispositif scénographique pour l’Espace Tendances ?
L’Espace Tendances est un lieu d’inspiration tout en un, avec différents espaces et aménagements qui peuvent évoluer dans la journée. Le style est chic & choc, avec des couleurs fortes et un graphisme sobre, noir et blanc, enrichi de diagonales et de perspectives.
Comment cette thématique est-elle déclinée sur le Café Lounge ?
Dans le Café Lounge « Multicolors », j’ai développé davantage une atmosphère « comme à la maison », avec des livres, des objets de décoration : un esprit cabinet de curiosités cosy et chaleureux où l’on a envie de rester et de paresser. Et comme toujours dans mes scénographies, il y a beaucoup de plantes vertes, car la chlorophylle participe grandement à humaniser les lieux de vie.
Karl Petit est le directeur artistique de Workspace expo, qui se tiendra les 16,17 et 18 avril 2019 à Paris.
Learning from the natives / Apprendre des autochtonesBLOCKBUSTER
LE BILLET D’HUMEUR DE PAUL ARDENNE
Bien que restée entr’aperçue dans le grand bazar de la biennale d’architecture 2018 de Venise, l’exposition « UNCEDED. The Voices of the Land »n’en a pas moins été une des plus importantes proposées alors sur la Lagune. Le Canada, rompant avec la tradition du pavillon national unique, a ouvert pour l’occasion à l’Arsenal un second pavillon, en plus de celui, traditionnel, qu’il possède dans les Giardini. Volonté hégémonique ? Désir d’une surreprésentation ? Rien de cela. L’exposition « UNCEDED… » est consacrée à l’architecture des autochtones du Canada, celle des « Natives », populations amérindiennes de l’Île de la Tortue, désignation géographique des actuels Canada et États-Unis d’Amérique avant les voyages de Grandes découvertes et la colonisation d’origine européenne.
L’intérêt d’« UNCEDED. The Voices of the Land » ? Il réside dans la leçon d’éthique donnée par des populations qui ont pour signature identitaire de n’avoir jamais coupé le cordon avec leurs aînés, leurs traditions et leur environnement. Le résultat, c’est une architecture spécifique, humaniste avant tout. Qu’apprendre des autochtones ? La sagesse, peut-être.
Pour ceux d’entre les États conquérants qu’elle concerne depuis Christophe Colomb, Hernán Cortés ou Jacques Cartier, la colonisation est un héritage honteux. Espagne, Portugal, Angleterre, France, Pays-Bas, Belgique, Japon mais aussi Russie (en Asie centrale), États-Unis d’Amérique (les descendants des colons du Mayflower s’accaparant, à coups de traités inégaux et d’idéologie religieuse, les grandes plaines indiennes) ou Allemagne (le général Von Trotta extermine en Afrique, entre 1904 et 1907, 80 % des Herero et des Nama)… Autant d’acteurs, avec d’autres, dont la rapacité territoriale, l’esprit de prédation et le mépris des peuples soumis à leurs fusils vont accoucher de la pire sape identitaire jamais encore enregistrée dans l’histoire des peuples et de leurs relations. Ainsi que le définit Jean-Paul Sartre commentant, dans sa revue Les Temps modernes (juillet-août 1957), Portrait du colonisé d’Albert Memmi, « le colonialisme est un système » où « la conquête s’est faite par la violence » et dans lequel « la surexploitation et l’oppression exigent le maintien de (cette) violence ». Encore, continue Sartre, « le colonialisme refuse les droits de l’homme à des hommes (…) qu’il maintient de force dans la misère et l’ignorance, donc, comme dirait Marx, en état de “sous-humanité”. Dans les faits eux-mêmes, dans les institutions, dans la nature des échanges et de la production, le racisme est inscrit ».
Retrouver ses marques
On ne redira jamais assez les souffrances, les humiliations, les infinies bassesses endurées par les colonisés, d’où qu’ils soient et à quelque nation qu’ils appartiennent. Indiens Yamunas du détroit de Beagle tirés à la carabine comme des lapins par des pasteurs protestants, populations du Potosi mourant en masse dans les mines espagnoles, Congolais assujettis au bon vouloir du roi des Belges Léopold II qui les traite en esclaves, Chinois surexploités par les Japonais dans le Shantoung et à Formose, massacres d’Algériens et de Malgaches par les Français en 1945 et 1950, rebelles persécutés par centaines d’un bout à l’autre de l’espace colonial mondial… Pas de pire géopolitique que celle-ci, qui mêle hypocritement exploitation éhontée des colonisés, chouchoutage des aristocraties locales, coup de pouce aux bourgeoisies compradores et prétendu partage, avec les populations soumises, de la civilisation du vainqueur. Le temps des dominants, toutefois, finit par fléchir avec la salutaire conférence de Bandoung (1955). Le « non alignement » qui en émane accouche, au fil de guerres et d’accords de décolonisation, d’une liberté factuelle et territoriale enfin moins mal partagée. Vient le temps, pour les voleurs et les bourreaux colonialistes, du repli, et parfois de la repentance, non toujours sincère il est vrai. La colonisation ? Tournons la page mais n’oublions jamais.
Entre les puissances postcoloniales, le Canada, héritier de la politique expansionniste franco-britannique, et pour assujetti qu’il reste aux lois du Commonwealth, est un État pionnier dans la reconnaissance du droit des « Natives », les autochtones (Loi constitutionnelle de 1982, article 35), nombreux sur son sol. Maints territoires canadiens, du Nunavut à la baie James et à la Colombie britannique, bénéficient ainsi d’une autonomie acquise dans le cadre fédéral, et sont dirigés par les descendants des communautés autochtones premières, déjà présentes avant l’arrivée des colons venus d’Europe. Inuits, Cris, Algonquins, Micmacs, Hurons-Wendat, Atikamekw, Innus, Mohawks et métis occupant le nord de l’Île de la Tortue en sont devenus pour une part croissante les gestionnaires. Pas encore assez au regard du droit que leur octroie leur présence première sur le territoire de l’Île de la Tortue, si l’on en croit les représentants de la résistance à l’hégémonie continuée des postcoloniaux. Comme le regrette Sol Sanderson, membre de la nation Cri Chakastaypasin, icône de la résistance à la post-colonisation et partisan de la « souveraineté intrinsèque », « la perte du contrôle total de nos collectivités et sociétés a créé les conditions actuelles de maltraitance, de dépendance, de suicide, de chômage élevé et de mauvaise santé, plus le bas niveau d’éducation, la perte du filet de protection de notre société traditionnelle et celle de nos croyances spirituelles et culturelles, de nos valeurs et de nos langues (…). Là se trouve la source du racisme systémique et institutionnel actuel qui fait qu’aujourd’hui, nos peuples vivent (encore) dans des conditions semblables à celles du tiers monde ».

Des racines et des prérogatives
« UNCEDED. The Voices of the Land. » Venons-en au fait. Cette exposition, pour la première fois dans un cadre international, mondain et mainstream, a fourni l’occasion aux « Natives»canadiens de faire valoir leur conception propre de l’architecture. Dix-huit architectes amérindiens ou métis y ont présenté leurs réalisations ou leurs projets, jamais dénués d’intérêt, le plus souvent originaux et démarqués du tout-venant, tous caractérisés par un lien très fort à la nature et à l’environnement. La scénographie du pavillon, non sans légitimité, a été confiée au maître historique de l’architecture amérindienne contemporaine, Douglas Cardinal, né en 1934, à qui l’on doit notamment le musée canadien de l’Histoire de Gatineau (1989) et, devenu « culte », le National Museum of the American Indian à Washington, D.C.(1998). D’origine métisse (second d’une famille de huit enfants, il est à la fois Blackfoot Kainai, Algonquin et d’ascendance germanique), Cardinal, symboliquement, a installé les différents pôles de l’exposition dans un périmètre tout d’arrondis et de festons, valorisant le principe ici non contradictoire de la circulation fluide et du cloisonnement. Une façon, par ce jeu avec l’espace d’exposition, de signifier ce qu’a été la civilisation amérindienne d’avant l’ère coloniale. Cette entité qu’est l’Île de la Tortue est certes unie par une culture et des croyances communes mais chacune de ses composantes ethniques y garde sa spécificité. Ensemble, fusionnés, différents.
Texte : Paul Ardenne
Visuel à la une : Musée d’histoire Canadienne par Douglas Cardinal © Wladyslaw
Découvrez l’intégralité de l’article Blockbuster « Learning from the natives / Apprendre des autochtones » au sein d’archistorm daté janvier – février 2019
Petit Agenda ArchitecturalAPERÇU DES MANIFESTATIONS
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Festival #ENSEMBLE
Les Docks Cité de la Mode et du Design, Paris 13e
Du jeudi 15 juillet au dimanche 27 août
12h à 19h (sauf le mardi)
La Cité initie un festival participatif sur le thème du (bon) vivre ensemble à travers le prisme de l’architecture, de l’alimentation, de la mode et du végétal. La programmation estivale 2017 invite à l’expérimentation collective avec une série d’expositions, performances, ateliers et conférences à découvrir.
Visuel à la une : Illustration pour le Festival #ENSEMBLE © Bellastock

© Bellastock
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FRANCE-ALLEMAGNE(S) 1870-1871
La guerre, la commune, les mémoires
Musée de l’Armée – Hôtel des Invalides, Paris 7e
Jusqu’au 30 juillet
C’est au sein de l’hôtel des Invalides, que se tient cette remarquable exposition riche d’une partie de l’histoire de la France et de l’Allemagne. Pour les lecteurs d’archiSTORM, nous recommandons le focus Quand la guerre façonne la ville. La guerre franco-allemande ayant aussi engendré de nombreuses destructions font également de nombreux dégâts. La colonne Vendôme, les Tuileries, l’Hôtel de Ville, le ministère des Finances, la bibliothèque du Louvre, le Palais-Royal, les Gobelins, entre autres, sont fortement endommagés, parfois même complètement détruits. Les chantiers colossaux s’annoncent, ouvrant le XXe siècle…

Construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, pose et bénédiction du clocheton. Atelier Chevojon et Durandelle. 20 juin 1896. Paris, archives historiques de l’archevêché de Paris
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BERNARD LASSUS : un art de la transformation, le paysage
Centre Georges-Pompidou – Paris 3e
Jusqu’au 28 août
Librement accessible, ce jardin artificiel conçu pour le Centre Pompidou invite le visiteur du musée à s’immerger dans l’univers poétique de Bernard Lassus pour aborder les enjeux contemporains de l’art du paysage. Plasticien, coloriste, paysagiste et urbaniste, Bernard Lassus conduit, depuis soixante ans, une réflexion et un travail sur les transformations des territoires urbains.

Montage Bernard Lassus © Photo : Philippe Migeat, Centre Pompidou
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Oh couleurs !
Le design au prisme de la couleur
Musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux
Jusqu’au 5 novembre
Alors que les historiens du design ont privilégié les questions liées à la forme, à la fabrication, aux matériaux et aux nouvelles technologies, peu d’entre eux se sont intéressés à la couleur. Pourtant, elle influence directement notre perception des objets et la façon dont on interagit avec eux. Autant d’aspects que les visiteurs pourront découvrir à travers des exemples constitutifs de l’histoire des objets et du design.

Shimmer Low Tables par Patricia Urquiola
Retrouvez plus de manifestations architecturales au sein de tous nos magazines archiSTORM, disponible en kiosque !
AU CŒUR DES GRANDS CRUTexte : Christine Blanchet
Visuel à la une : Rolf Julius – Singing © Jérémie Buchholtz
Le Domaine Chasse-Spleen
L’ART CONTEMPORAIN AU CŒUR DES GRANDS CRUS
Situé à Moulis-en-Médoc en Gironde, le prestigieux domaine viticole, dirigé avec passion par le couple Céline et Jean-Pierre Foubet, accueille en son sein un nouveau centre d’art contemporain. Le « white cube », ainsi dénommé, est une extension attenante au château, offrant 330 m2 d’exposition et trois chambres d’hôtes, pour une immersion totale dans l’art contemporain.

Morgane Tschiember – Bubbles (2015) Installations verre soufflé, métal, béton © Jean-Marc Palisse
L’origine du domaine remonte au XVIIIe siècle, lorsque les grands bourgeois bordelais sont autorisés par le roi à acquérir des terres. Mais c’est au XIXe siècle qu’il est baptisé « Chasse-Spleen » par la propriétaire de l’époque, Rosa Ferrière, vraisemblablement inspirée par l’univers symboliste d’Odilon Redon, dont la propriété parentale se trouvait à proximité.
Un joli signe de prédestination pour ce domaine qui aujourd’hui allie la tradition du vin et la création contemporaine. Céline Villars-Foubet, qui en a hérité en 2000, le dirige depuis avec son époux, Jean-Pierre Foubet.
Si tous les deux perpétuent, avec talent, l’élaboration de ce Grand Cru Exceptionnel, ils ont rapidement manifesté le désir de partager avec les visiteurs et leurs employés leur amour pour l’art contemporain.
Malgré des débuts qu’ils qualifient timides dans leurs acquisitions, aujourd’hui, par le biais de leur société, ils ont réuni plus d’une centaine d’œuvres qui parsèment l’intérieur du château, le chai ou encore le parc. Aussi l’arrivée devant le château du xviiie siècle se fait-elle remarquable par la présence géante de la paire de bottes de Lilian Bourgeat, installée en 2009. Le ton est donné par ce clin d’œil à la fois au monde agricole et à celui de l’art. La déambulation dans le parc se poursuit avec des œuvres tout aussi étonnantes : Morgane Tschiember, Vincent Gavinet ou encore les intrigantes bouteilles de gaz en béton d’Otani. Mais le parcours pénètre aussi à l’intérieur du château et dans le chai, avec une anamorphose de Felice Varini.
À Chasse-Spleen, les propriétaires veulent dépasser la nostalgie de leur métier pour l’inscrire dans le temps présent et le choix de l’art contemporain est apparu comme une évidence. De cette façon, ils ont souhaité franchir une nouvelle étape en créant leur propre centre d’art et renforcer leur engagement et leur soutien pour l’art et également, les artistes.

Yeesookyung, Translated Vase, 2010, céramiques, éxpoxyde, feuille d’or de 24Ko – 158x90x90cm © Jean-Marc Palisse
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