IMMEUBLE « PULSE » – SAINT-DENIS

RÉALISATION

BFV ARCHITECTES

Imaginé par Fassio-Viaud (alias BFV architectes), le nouveau bâtiment de bureaux d’Icade dans la ZAC Nozal – Front populaire, à Saint-Denis, montre qu’il est désormais possible de construire avec une structure mixte bois-béton, sans surcoût par rapport au 100 % béton. Son vaste atrium et la prééminence de la trame constructive dans la constitution des espaces rappellent les anciens entrepôts de la Plaine Saint-Denis.

Pulse, BFV architectes, atrium

vue sur l’atrium ventilé naturellement, Pulse, BFV architectes

Dix ans de gestation pour dix jours d’esquisse ! Lorsque, en 2009, Icade lance le concours pour la construction d’un immeuble de bureaux sur le versant ouest de la place du Front populaire, quatre équipes de maîtrise d’œuvre rodées à l’exercice des programmes tertiaires sont en lice. Malgré deux mois et demi de travail, aucune d’entre elles ne présente de projet réellement satisfaisant aux yeux du promoteur qui choisit de jouer son joker. L’agence Fassio-Viaud, absente de la première consultation, est chargée de faire une proposition alternative en dix jours chrono, non rémunérés. Un coup gagnant pour cette petite – mais talentueuse – structure parisienne, qui fusionnera avec celle de Jean Bocabeille au début de l’année 2019 sous l’acronyme « BFV architectes ». Le projet séduit à la fois Icade et l’établissement public territorial (Plaine Commune), et Fassio-Viaud dépose le permis de construire dans la foulée, en 2010. La suite est une longue succession de remises en question de la pertinence économique du programme par temps de crise de l’immobilier tertiaire. À la demande du maître d’ouvrage, les architectes réalisent plusieurs variantes (division du terrain en deux parcelles, création d’un centre de coworking, etc.), avant que le projet ne reparte dans le droit chemin en 2015, avec peu ou prou les bases du… début. Pour une livraison au printemps 2019.

Le manque de temps était paradoxalement le meilleur allié des architectes qui n’ont pas fait de détail en dessinant une couronne bâtie de 18 mètres d’épaisseur en périphérie de la parcelle.

Pulse, BFV architectes

Façade nord-ouest sur la Place du Front populaire, Pulse, BFV architectes

Jean-Brice Viaud s’en étonne encore : toutes les planètes se sont alignées lorsqu’il a fallu définir en quelques jours les grands principes du bâtiment. Le manque de temps était paradoxalement le meilleur allié des architectes qui n’ont pas fait de détail en dessinant une couronne bâtie de 18 mètres d’épaisseur (le standard d’Icade) en périphérie de la parcelle. Un impressionnant atrium couvert de 25 x 60 m sur sept hauteurs d’étage a logiquement pris place dans le vide central résiduel. « Plus petite dimension supérieure à √7H, conformément à la réglementation ! Tout tombait pile-poil ! » résume l’architecte. Ne restait plus qu’à se plier au devoir de rigueur et de justesse constructive que l’utilisation apparente de bois de structure requiert. Ce qui là encore tombait plutôt bien : « Nous ne sommes pas des gesticulateurs. »

plan, Pulse, BFV architectes

Fiche technique :

Maître d’ouvrage : Icade Tertial
Maîtres d’œuvre : BFV architectes
Bureaux d’études : Artelia (TCE), Barthès (bois), Arcora (façades), Avis (acoustique), Spooms (cuisine)
Surface de plancher : 30 000 m2
Coût de la construction : 60 M€ H.T.

Livraison : avril 2019

 

Texte : Tristan Cuisinier
Visuel à la une : Frédéric Delangle

Découvrez l’intégralité de l’article sur l’Immeuble « Pulse » au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !

L’HOSPITALITÉ REVISITÉE DU GRAND HÔTEL-DIEU

EXPÉRIENCE HÔTELIÈRE

INTERCONTINENTAL GRAND HÔTEL-DIEU

JEAN-PHILIPPE NUEL, ARCHITECTE

LYON, FRANCE

 

De 1185 à 2010, le site du Grand Hôtel-Dieu a accueilli pèlerins et indigents, puis malades et parturientes. A l’issue de huit ans de travaux, la plus grande opération française de reconversion d’un monument historique donne naissance à un dynamique complexe urbain en plein cœur de la presqu’île lyonnaise.

InterContinental y exploite désormais un 5* investissant l’aile sud dessinée par Jacques-Germain Soufflot à l’âge de 28 ans !

Quand le luxe se fait humble selon Jean-Philippe Nuel, son concepteur.

Huit siècles d’hospitalité

Érigé en 1815 sur un terrain près du Rhône appartenant à l’archevêque de Lyon, l’hôpital du Pont du Rhône offre hospitalité et soins aux pèlerins et aux indigents. Il se compose alors d’un modeste prieuré et d’une petite église. En 1478, la municipalité le rachète pour l’agrandir, puis reconstruire à sa place cinquante ans plus tard le Grand Hôtel-Dieu, dont François Rabelais sera le premier médecin-chef. Un nouvel ensemble cruciforme autour d’un dôme central (salles des Quatre Rangs) lui est adjoint en 1622, puis une église en 1637 que complète un hébergement pour convalescents, 26 ans plus tard.

De 1741 à 1764, une vaste extension est érigée au sud, sur les quais du Rhône. Longue de 280 m, sa majestueuse façade méridionale conçue par Jacques-Germain Soufflot s’articule symétriquement de part et d’autre d’un porche monumental que coiffe un spectaculaire dôme de 32 m. Si sa structure à double coupole rappelle celle du Duomo de Brunelleschi à Florence, celle intérieure à caissons est inspirée par le Panthéon romain. Rompant magistralement l’éventuelle monotonie de cette longiligne façade, ce chef-d’œuvre de charpenterie joue avant tout le rôle de cheminée évacuant l’air vicié provenant des salles de soins s’y connectant. Le système semble avoir été efficace, la mortalité n’y étant alors que d’un patient sur quatorze au lieu d’un sur quatre à l’Hôtel-Dieu de Paris ! Architecte autodidacte, le jeune Soufflot s’est arrêté dans la Capitale des Gaules sur la route du retour de Rome où il vient de séjourner cinq ans à l’Académie de France. Parti à Paris pour s’y voir confier par Louis XV la conception de l’église Sainte-Geneviève (futur Panthéon), il ne suit pas les travaux du Grand-Hôtel jusqu’à leur achèvement. (…)

ARCHITECTES D’OPÉRATION : Albert Constantin (AIA), Didier Répellin, architecte des Monuments historiques (RL&A)
MAÎTRE D’OUVRAGE : Eiffage Construction
PROGRAMME : hôtel 5* (13237 m2), Centre de conventions (1325 m2), Cité Internationale de la Gastronomie (3600 m2), bureaux (13422 m2), commerces (17635 m2), 11 logements (837 m2), parking 134 places
ENTREPRISE GÉNÉRALEEiffage Construction
BAILLEURS : Crédit Agricole Assurances + Crédit Agricole Centre Est
EMPRISE ENSEMBLE OPÉRATION : 2,2 ha
SURFACE ENSEMBLE : 55000 m2
ARCHITECTE D’INTÉRIEUR : Jean-Philippe Nuel
ARTISTES : Lauranne Bardet, Manuela Paul-Cavallier, Véronique de Soultrait
FOURNISSEURS : Verel de Belval (soieries), Ligne Roset (assises), Schindler (ascenseurs), Toulemonde Bochart (tapis)

Texte : Lionel Blaise
Photos: Clément Cuvillier

Retrouvez l’intégralité de l’expérience hôtelière de l’Intercontinental Grand Hôtel-Dieu, au sein d’Archistorm #98daté septembre-octobre 2019 !