VERRES ARCHITECTURAUX

LA MATIÈRE AU DÉFI DE L’INNOVATION

En architecture, l’utilisation du verre a toujours été populaire, jusqu’à mener à une véritable remise en question de sa fabrication. L’amélioration des procédés de conception ainsi que la recherche de nouvelles esthétiques affirment aujourd’hui durabilité, robustesse et transparence. Quid d’un matériau qui bénéficie de propriétés techniques en perpétuelle évolution ?

Paroi graphique

Mezzanine en verre antidérapant / Touring Auto, Lambourghini Centro, Milan / Verre : Madras® mod. Pixel Flooring, 10 mm, clair / Projet : Dante O. Benini & Partners Architectes / Réalisation des surfaces en verre : Rober Glass © Vitrealspecchi / D.R.

VITREALSPECCHI

Spécialisé dans le vitrage satiné et la gravure chimique, l’italien Vitrealspecchi éclaire depuis 1965 une nouvelle architecture du verre. Expert en transformation du verre flotté brut – monolithique, stratifié, argenté ou laqué –, ce fabricant a fait du « made in Italy » une véritable valeur ajoutée en matière d’application aux secteurs tertiaires, du bâtiment ou encore de la décoration d’intérieur. Ses verres aussi décoratifs que fonctionnels offrent intimité et résistance ; Madras® Strip Maté, coulisse verticale séparant l’espace, conjugue ainsi une perception dynamique du plan vertical au plaisir tactile. Ce verre double face (de 8 à 33,1 mm) qui préserve la luminosité naturelle grâce à sa teinte claire a été imaginé de façon à garantir une certaine homogénéité quant à ses finitions ainsi qu’une facilité de nettoyage accrue : des atouts appréciables pour des structures fréquemment sujettes au contact direct du public. En pose intérieure ou extérieure, le verre Madras libère la géographie de l’architecture au profit d’une utilisation quotidienne.

 

Baie coulissante

Tour Hemera – Architecte Berranger & Vincent, Entreprise Secom’Alu © Patrick Loubet

WICONA

Tenant compte à la fois de l’ergonomie et du confort visuel de l’usager, Wicona a développé sa baie coulissante Wicslide 65 en privilégiant un seuil extra plat de façon à faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite. Cette solution conforme aux normes PMR se dote notamment d’une mise en œuvre simplifiée. Disponible en deux designs d’ouvrants – galbé (lignes douces) et carré (formes droites) –, elle bénéficie également d’un drainage dissimulé. Rejointe par des profilés montants centraux particulièrement fins (masses vues de 38 mm), l’appréciation esthétique du système multiplie les combinaisons de ventaux (de 1 à 6) et confère un apport maximal de lumière naturelle. La liberté de mise en œuvre se déploie par des formats adaptables à toute architecture (jusqu’à 2,5 m de hauteur et 1,50 m en largeur par ventail). Atout non négligeable pour une question d’optimisation de l’espace : la baie Wicslide se décline en galandage, en se glissant dans les murs périphériques. Tout en garantissant des performances thermiques et acoustiques hautement appréciées.

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Texte : Lucien Froment
Image à la une : Porte en verre double face / Verre : Madras® mod. Strip Maté double face / Épaisseur : 8 mm / Couleur : extra-clair © Vitrealspecchi / D.R.

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LE PROBLÈME TECHNIQUE

Le problème technique
(mythologies et paradoxes)

Au-delà de la figure de l’« Ingénieur », c’est l’idée de progrès technique qui est interrogée.

Texte et photos : Claude Labbé
Visuel à la une
: Cyrus Smith, figure de l’Ingénieur dans l’imaginaire du xixe siècle 

Numéro d’avril – mai de la revue Esprit, «Le problème technique»

« C’était un de ces ingénieurs qui ont voulu commencer par manier le marteau et le pic, comme ces généraux qui ont voulu débuter simples soldats.(…) Véritablement homme d’action en même temps qu’homme de pensée (…) très instruit, très pratique (…) c’était un tempérament superbe, car, tout en restant maître de lui, quelles que fussent les circonstances, il remplissait au plus haut degré ces trois conditions dont l’ensemble détermine l’énergie humaine : activité d’esprit et de corps, impétuosité des désirs, puissance de la volonté. »

Cette description de Cyrus Smith, l’ingénieur démiurge de L’Île mystérieuse de Jules Verne, prête à sourire tant elle apparaît aujourd’hui éloignée des modèles susceptibles de galvaniser les foules. Au-delà de la figure elle-même de « l’Ingénieur », c’est aussi l’idée de progrès, et de progrès technique en particulier qu’elle interroge.

C’est précisément le thème du numéro d’avril-mai de la revue Esprit qui regroupe, sous le titre « Le problème technique », plusieurs contributions de philosophes et d’universitaires dont cette chronique se propose de faire l’écho.

Le train du progrès ? (Grand Train, rue Ordener. Anonyme)

Jean Vioulac, dans son texte « L’émancipation technologique », nous rappelle que « la technique ouvre à l’homme l’espace de sa liberté et celle du progrès », et qu’elle « définit la position fondamentale de l’humanité au sein de la nature ». C’est pourquoi, contrairement aux classifications sommaires courantes, « la question de la technique relève de la philosophie », écrit-il. Il en veut pour preuve Aristote, Descartes ou Freud qui se sont inspirés dans leurs théories des modèles techniques de leur époque. Mais ce qui caractérise la nôtre, pour Jean Vioulac, c’est que « l’invention technique est directement fondée sur l’élaboration théorique » et non plus sur la pratique. Ce qui a pour conséquence de diminuer la capacité de décision de l’homme du fait du « transfert dans la machine des capacités intellectuelles propres à l’être humain ». On pense ici au pouvoir des « fameux » algorithmes ou aux objets connectés, qui, de la sphère financière à celle de la consommation quotidienne, conditionnent ce qu’il faut bien nommer nos « pulsions » individuelles.

« Après tout, nous avons toujours tout trouvé. »

Papeteries de la Seine.

« Après tout, nous avons toujours tout trouvé », écrit Philippe Bihouix avec ironie dans les premières lignes du « Mythe de la technologie salvatrice ». L’ingénieur qu’il est s’interroge sur la capacité de notre monde, face aux dangers de tous ordres qui le menacent (réchauffement climatique, pollution, surpopulation, pénurie de matières…), à « sortir par le haut » via l’innovation technologique. Mais pour lui, il est illusoire de penser que la « croissance verte » et les promesses du numérique vont venir nous sauver car « le progrès dans sa version “techno-solutionniste” nécessite de puiser dans des ressources rares, dont la transformation est énergivore et le taux de recyclage extrêmement faible ». Il milite ainsi pour « une voie de transition post-croissance, vers un nouveau “contrat social et environnemental” ». Après le lien entre technique et philosophie, c’est celui entre technique et politique qui est mis ici en lumière. (…)

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