RÉPONSE D’EXPERT – Antonio MouraRÉPONSE D’EXPERT
ANTONIO MOURA
Directeur général délégué – BMA Group
Société indépendante de type contractant général, BMA Group possède sa propre structure d’agencement sur-mesure (avec un atelier localisé au Portugal), lui permettant de proposer à ses clients des pièces uniques personnalisant l’expérience à l’heure des nouvelles méthodes de travail et du bien-être.

Espace témoin BMA GROUP, 250 m2, avenue de la grande Armée (Paris) © Alexis Paoli
1 // Depuis 2006, BMA Group s’est imposé comme créateur de solutions d’aménagement dans le secteur tertiaire. Concrètement, quels sont vos domaines d’expertise et d’intervention ?
Notre structure nous permet d’intervenir à la fois sur des projets d’aménagement « clés en main » intégrant la conception architecturale avec notre bureau d’études intégré ainsi que travaux, mobilier et agencement sur-mesure pour nos clients. BMA Group intervient également sur de la valorisation de patrimoine (rénovation, conception et réalisation de halls, d’espace de services…) et l’accompagnement à la commercialisation (conseil et marketing suite) pour les propriétaires.

Espace témoin BMA GROUP, 250 m2, avenue de la grande Armée (Paris) © Alexis Paoli
2 // Quel est votre positionnement ?
Nous sommes résolument tournés vers des engagements forts sur le respect des budgets, des délais et une approche empathique. Nous prônons la proximité et le dialogue permanent avec nos clients en prenant toujours fortement en compte les enjeux d’un projet. Chaque projet est unique et répond à des problématiques très différentes.
3 // En quoi l’atmosphère visuelle, sonore et sensorielle est-elle importante sur le lieu de travail ?
L’architecture intérieure ne se résume désormais plus à des space-planning, de la décoration et du mobilier. Nos clients sont en recherche de bien-être, d’un espace favorisant les échanges et par conséquence la productivité. Les nouvelles générations Y ou Z y sont d’autant plus sensibles étant hyper connectées et soucieuses de l’environnement. Le lieu de travail, si nous pouvons encore l’appeler ainsi, est aujourd’hui un écosystème reflétant l’identité et les valeurs de l’entreprise, sa réussite et la qualité de son « accueil » pour recruter les meilleurs talents.
Retrouvez l’intégralité de la réponse d’expert, au sein d’Archistorm #98, daté septembre-octobre 2019 !
LE SUR MESURE ET LE STANDARDDOSSIER SOCIÉTAL
SOPHIE TRELCAT
Dans son acception la plus courante, le terme standard renvoie au carcan de la normalisation et à l’absence d’originalité formelle. Alors qu’à partir des années quatre-vingt-dix, avec le développement de logiciels de conception et de fabrication numériques, l’architecture s’était éparpillée dans un feu d’artifice de créativités désinhibées – dont Bilbao reste aujourd’hui le paradigme inégalé – la notion de standard paraît inappropriée. Pourtant loin de rejeter cette idée en bloc, une partie notoire de la production architecturale montre combien il y a tout intérêt à examiner les nouvelles marges de liberté à l’intérieur d’un jeu de contraintes.
Ré-envisager la notion de standard rend nécessaire d’élargir la réflexion à la fabrication des composants, à la logistique de leur distribution et à la rationalisation de la mise en œuvre. Abordant la thématique de manière prospective, au delà de la simple question de l’architecture numérique, l’exposition « Non-standard » présentée au Centre Pompidou de décembre 2003 à mars 2004, montrait qu’à la construction traditionnelle peut s’opposer une production par prototypage d’éléments préfabriqués de l’architecture. « La question ici posée étant de savoir comment la chaîne numérique, tout comme dans le domaine de l’édition, a changé toute l’économie de la production architecturale, de la conception à la réalisation », expliquait le synopsis de l’exposition.

Intérieur de la Gomos House #1.74 m2, Arouca, Portugal 2015, Summary architectes. ©Tiago Casanova
A la production industrielle de masse se substitue une stratégie de spécialisation flexible comme étant un type de production supérieur pour certaines niches de marchés.
A cette interrogation s’accompagne celle sous-jacente de l’industrialisation de l’architecture. Un rapide retour sur l’aventure américaine fondatrice des Case Study House permet d’éclairer le rapport qui se joue entre les éléments standard et industriels, ainsi que leur usage et assemblage inventif.
Produire en masse
En 1945, John D. Entenza, rédacteur en chef de la revue californienne Arts & Architecture lançait le programme Case Study House. Il engageait les architectes à réaliser des maisons expérimentales en utilisant les méthodes de construction modernes – éléments standards commandés sur catalogue, livrés et assemblés sur place au moindre coût et ne nécessitant pas une mise en œuvre sophistiquée. Ce programme qui avait l’ambition de transformer durablement le cadre de vie domestique d’après-guerre – avec la post-war house – fit date sans faire école. En effet, la maison requérant sur une petite échelle des savoir-faire variés et imbriqués, opposait à la division du travail des résistances très fortes que la grande industrie se souciait peu de vaincre, surtout pour quelques prototypes dont le succès populaires fut loin d’être assuré. Le Case Study House Program n’étendra guère la rationalisation à la mise en œuvre elle-même. Même si l’industrialisation apparaissait clairement nécessaire, les structures étaient montées sur place et non en usine, Les toitures d’un Craig Ellwood ou d’un Raphael F. Soriano exigeaient un assemblage pièce par pièce de nombreuses pièces de bois. Ainsi, bien que loin de répondre aux idéaux qui présidaient à sa création – répondre aux problèmes du logement de masse – le programme reste un laboratoire d’expérimentation architecturale inédit.
texte : Sophie Trelcat
Visuel à la Une : Immeuble VDC, opération de six logements collectifs réalisés à partir du système de préfabrication modulaire Gomos, Vale de Cambra, Portugal, Summary architectes, Samuel Gonçalves ©Summary
Retrouvez l’intégralité du dossier sociétal de Sophie Trelcat au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
ESPACE OSCAR NIEMEYER – LE HAVRERÉALISATION
DESHOULIÈRE JEANNEAU & SOGNO ARCHITECTES
La genèse
Libre, fluide, insolemment fichée au cœur de la ville, la Maison de la Culture du Havre, conçue par Oscar Niemeyer et construite entre 1978 et 1982, est un formidable contrepoint à la ville orthonormée d’Auguste Perret. Sous son apparente simplicité volumétrique, l’espace culturel — rebaptisé le Volcan en 1990 — cache son jeu. Alors que l’Atelier Perret avait reconstruit le centre de la ville portuaire détruit par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, l’architecte brésilien évidait, pour partie de 4,50 m son terrain d’accueil, un carré parfait de 125 m de côté. Au centre du site, Niemeyer a creusé une place basse de laquelle jaillissent, de part et d’autre, deux volumes tronqués, tels des cratères de plan ovale et aux surfaces courbes. L’architecte carioca évoquait à sa manière les cheminées des transatlantiques chers à la mémoire des Havrais. Lisses, immaculés et abstraits, les ouvrages de béton sont aveugles, hormis une couronne de fenêtres en hauteur sur la plus petite des constructions.
« Oscar Niemeyer ne voulait pas qu’on entre dans un bâtiment, mais dans un site où ces derniers s’offrent à vous », rappelle Jean-François Driant, directeur du lieu, labélisé Scène nationale en 1991.
Ces lignes audacieuses répondaient à une programmation artistique du même ordre, tournée vers l’avant-garde. Issu du mouvement des Maisons de la culture d’André Malraux, rêvant de mettre l’art à la portée de tous, le théâtre a donné l’opportunité à des chorégraphes, à des hommes de théâtre de renom voire à des compagnies circassiennes d’y déployer leurs plus belles audaces scéniques.
« De l’ancienne source a jailli le volcan »
Pour rester un acteur de cette volonté de défrichage et de renouvellement des genres artistiques, l’ancien Volcan a fait l’objet d’un lifting total, depuis les espaces qui l’entourent jusqu’aux volumes intérieurs.
Le lieu devait évoluer pour rester innovant ; de plus il fallait régler des questions sécuritaires et d’image : « Un des enjeux était d’inventer une nouvelle logique du site qui n’avait finalement jamais été réellement approprié par les habitants », explique Jean-François Driant.
Aussi les fonctions du lieu ont-elles été repensées. Désormais, le petit Volcan et la salle de musiques actuelles qui lui était attenante – l’ancien Cabaret Electric – se sont mués en un programme de bibliothèque. C’est le lien entre cette dernière et Le Volcan qui doit apporter une identité nouvelle au complexe culturel. « L’idée était de construire des événements communs, et que les lecteurs de la bibliothèque fréquentent également le théâtre », précise le directeur de la Scène nationale. (…)

Espace culturel Niemeyer ©Patrick Miara
Le mot des architectes
Deshoulières Jeanneau Architectes
Sogno Architectes
Nous nous sommes appuyés sur la démarche initiée par la maîtrise d’ouvrage, à savoir un échange avec l’agence Niemeyer pour déterminer ce qui était essentiel et ce qui pouvait être modifié sans trahir l’esprit d’origine.
Cette démarche mettait en avant clairement la particularité du travail de Niemeyer au Havre, à savoir un morceau d’architecture originale dans un écrin formé par la trame des immeubles de Perret : emblème du Havre, ce rapport entre l’œuvre et le fond des îlots de logement devait être préservé, ainsi que le lien organique entre les places haute et basse et les deux Volcans, le garde-corps dessinant une « colombe » vue d’avion.
Bien qu’il n’y avait pas d’autres prescriptions, nous avons souhaité préserver l’esprit du bâtiment d’époque autant que possible, notamment en mettant en valeur à l’intérieur du théâtre et de la bibliothèque le « béton de planche », caractéristique de la production de l’époque.
Quel contraste entre ces beaux volumes blancs se détachant dans le ciel changeant du Havre et les abords lorsque nous les avons découverts en 2010 : un sol et des pieds de bâtiments dégradés, des coins insalubres, un accès invisible depuis les rues avoisinantes.
Symptomatiquement les ascenseurs construits peu de temps auparavant descendaient directement de la rue au parking sans s’arrêter à la place basse, désignée « forum » en 1982.
Le problème essentiel du site était bien là. Cela avait été identifié en phase programmation. Notre rôle a été de le désigner comme le sujet n°1 à traiter pour réintégrer ce site dans son quartier, le centre-ville. Il souffrait en fait d’un « urbanisme sur dalle », typique des années 1960-1970, mais à l’envers : le contrebas casse la continuité urbaine autant que le surplomb.

Espace culturel Niemeyer ©Patrick Miara
Maîtrise d’œuvre DESHOULIERES JEANNEAU, F. SOGNO architectes,
Maîtrise d’ouvrage Ville du Havre
BET acoustique R. Raskin
BET Lumière Sara Castagné
Scénographie Thierry Guignard
Entreprises Gagneraud (Gros oeuvre), Laubeuf (verrières), Galli (menuiseries, plâtrerie, agencement), Amgfechoz (machinerie scénique), Axima (Cvc), Sfee (électricité), Eiffage énergie & Auvisys (électricité scénique), Poulingue (gradins), Parquetsol, Delagrave (sièges), Colas (pavage).
Calendrier 2011-2015
Surface du site 17 000 m²
Surfaces construites 14 118 m²
Texte : Sophie Trelcat
Visuel à la une : Patrick Miara
Découvrez l’intégralité de l’article sur l’espace Oscar Niemeyer au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
HÔTEL JO&JOEFOCUS
JEAN-PAUL VIGUIER ET ASSOCIES // GENTILLY
Implanté le long du boulevard périphérique, Jo&Joe offre une surface d’environ 6 000 m² répartis sur 9 niveaux. L’open house multiplie les espaces communs, les porosités intérieur/extérieur grâce à ses terrasses végétalisées ainsi qu’un bar, un restaurant et un jardin intérieur ouverts aux hôtes et aux visiteurs de passage.
À l’extérieur, une tôle d’aluminium irisé habille les façades et absorbe la lumière pour la transformer en un voile de couleurs changeant au gré de la luminosité. Dorées le jour, les façades prennent une teinte bleutée la nuit tombée et s’animent au rez-de-chaussée et au dernier étage par un jeu de tôles embouties rétroéclairées. Les niveaux courants présentent quant à eux un jeu de lames verticales, des menuiseries en aluminium sombre et des châssis ouvrants à la française.
Le bâtiment conçu en forme de U enserre un jardin intérieur de plain-pied avec le rez-de-chaussée. Cet espace libre est conçu comme une extension des espaces intérieurs par un langage de matières : bois, acier, béton, formes souples et fluides. Des arbres fruitiers marquent la saisonnalité et renforcent ce rapport dedans-dehors. Avec les toitures en parties végétalisées et potagères et les terrasses plantées du R+7 Jo&Joe entend s’inscrire dans le renforcement de la biodiversité avec une micro production vivrière.

hôtel Jo&Joe
MAÎTRE D’OUVRAGE : ACCORD INVEST S.H.N.M (SOCIÉTÉ DES HÔTELS NOVOTEL ET MERCURE)
ASSISTANT AU MAÎTRE D’OUVRAGE : SEMP
MAÎTRE D’ŒUVRE : JEAN PAUL VIGUIER ET ASSOCIÉS
MAÎTRE D’ŒUVRE D’EXÉCUTION : ARTELIA BÂTIMENT ET INDUSTRIE
MISSION : CONCEPTION ET SUIVI DES TRAVAUX, PAYSAGE
AMÉNAGEMENT INTÉRIEUR : PENSON
SURFACE : 7 000 m2 sur 7 étages / 9 niveaux (5740 m2 SDP)
Photos: Takuji Shimmura
TAILLANDIER ARCHITECTES ASSOCIÉSPORTRAIT D’AGENCE
Si P.L Taillandier est devenu architecte, c’est avant tout pour inventer des formes inédites d’usage de l’espace et créer des cas d’école.

Agence Taillandier Architectes Associés
C’est une figure de la place toulousaine. Implanté dans la ville rose depuis le début des années 1990, Pierre-Louis Taillandier est aujourd’hui à la tête d’une des plus importantes structures du sud-ouest. Egalement installé à Bordeaux, Montpellier, Santiago du Chili et depuis peu à Paris, l’agence qui fait office d’incontournable en France comptabilise à ce jour plus de 80 collaborateurs. Du très médiatique siège de la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées au Parc des Expositions de Toulouse Métropole conçu avec OMA, l’agence de Rem Koolhaas, en passant par la montagne de projets de logements et d’équipements livrés pour la plupart dans le sud-ouest, difficile de résumer l’œuvre de l’agence. Au-delà du nombre, c’est bien l’intelligence et la complexité dissimulée derrière les façades continues des bâtiments qui retiennent l’attention.
Fasciné par les systèmes passifs, Pierre-Louis Taillandier fait en effet partie de ces architectes pour qui la recherche, et en particulier la recherche industrielle, n’est pas une fantaisie. À tel point qu’il se définit lui-même comme un ingénieur, un concepteur et un chef d’entreprise ; bien plus que comme un technicien, un artiste ou un visionnaire. En tant qu’architecte, son objectif semble d’ailleurs limpide : produire des bâtiments qui soient à la hauteur des recherches menées en amont, du travail intellectuel et conceptuel qu’il fournit au quotidien avec ses équipes. Un engagement qui participe aujourd’hui grandement à la renommée de l’agence mais qui fait, depuis le début, partie des fondamentaux de la pensée de son fondateur. Connu pour être un des architectes les plus diplômés de sa génération, Pierre-Louis Taillandier est en effet de ces explorateurs qui ont su rester attaché à leurs principes et à leur agence malgré un parcours sinueux et parfois semé d’embuches.

© Matthieu Rondel
L’histoire commence en mars 1989 de l’ENSA de Toulouse, où Pierre-Louis Taillandier obtient son diplôme et remporte le prix du meilleur diplôme du Cobaty, qui lui offre l’opportunité de partir étudier un an de plus à l’étranger. Contraint d’économiser de l’argent avant de partir, il commence à travailler aux côtés de Jean-Michel Fondecave à Toulouse. Au même moment, Barton Myers vient faire un concours en association avec l’agence. Quelques mois plus tard, ce dernier, lauréat du pavillon américain pour l’Exposition Universelle de Séville de 1992, propose à P.L Taillandier de l’accompagner en Espagne pour l’aider à y trouver un architecte d’opération, avant de partir travailler ensemble en Californie. S’il Taillandier hésite d’abord beaucoup, l’obtention de la bourse de l’Académie d’architecture (où il sera lauréat des archi de moins de trente ans), de la bourse du Ministère des Affaires étrangères et enfin de la bourse Américaine Lounsbury le convainc de quitter la France pour intégrer UCLA. S’installant aux Etat-unis pour une durée indéterminée, P.L Taillandier sait néanmoins qu’il reviendra fonder son agence en France et décide de s’engager auprès de Jacques Sutter, son ami qui le remplace chez Jean Michel Fondecave, pour qu’ils s’associent à son retour. Quatre ans plus tard, en 1992, après un nouveau diplôme passé à UCLA, trois ans d’expérience au sein de l’agence de Myers Associés et de multiples propositions de postes dans différents états du pays, il conserve son cap, rentre enfin en France, et s’associe comme prévu avec Jacques Sutter pour fonder l’agence toulousaine Sutter & Taillandier.

© Matthieu Rondel
Texte : Adrien Pontet
Visuel à la une : Matthieu Rondel
Découvrez l’intégralité de l’article sur le portrait de l’agence Taillandier Architectes Associés au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
Un pour tous, tous pour BIM !Dossier Sociétal : Le BIM

Image BIM du projet de Skylight Paris La Défense par Louis Paillard architectes © Agence L. Paillard
Texte : Sophie Trelcat
Image à la une : Perspective du projet de 280 logements (accession et étudiants) : Skylight Paris La Défense par Louis Paillard architectes © Agence L. Paillard
Le débarquement massif du BIM dans les agences d’architecture et les partenaires du BTP, il y a quelques années, était accompagné d’un débat sur l’intérêt de s’équiper. Alors que peut s’affirmer aujourd’hui qu’il s’agit d’un non-choix, cet outil de partage de données est toujours en phase de mises au point. Les questions qu’il soulève dépassent, de fait et de loin, la seule conception architecturale.
Le BIM – acronyme pour Building Information Modeling – consiste en la production, l’intégration, la gestion et la visualisation de données concernant un bâtiment. Il s’agit en quelque sorte d’une carte d’identité numérique d’un édifice mise en place grâce à un système informatisé rassemblant tous les acteurs de la construction (architectes ; BET ; maîtres d’ouvrage ; ingénieurs ; économistes…) autour d’une seule interface de gestion. Bien que l’on parle de maquette numérique d’un bâtiment, il s’agit plus précisément d’un processus à l’œuvre, un « workshop interactif » comme le désigne l’architecte parisien Louis Paillard, selon lequel cet outil modifie totalement la façon de penser et de fabriquer l’architecture. Si les majors sont équipées depuis une bonne dizaine d’années, la plupart des structures, regroupant au minimum une dizaine de personnes, se sont équipées à partir de 2014. Cette année-là était celle de la mise en place du Plan de relance de la construction initié par Sylvie Pinel, dans lequel le Plan de Transition Numérique (PTNB) visait justement à convaincre le secteur lié à l’architecture à franchir le cap et investir dans la technologie BIM.
Éloge du BIM

Chantier du projet Skylight Paris La Défense par Louis Paillard architectes © Agence L. Paillard
Alors que les années 1990 étaient également marquées par un tournant au sein des agences d’architecture avec l’apparition de la CAO – DAO (conception et dessin assistés par ordinateur), la révolution actuelle que provoque le BIM n’entretient aucune comparaison possible avec la première arrivée de l’outil informatique. Le passage de la table à dessin manuelle à un dessin électronique sur écran représentait un changement d’outil mais les façons de travailler restaient les mêmes. Pour Daniel Hurtubise, BIM manager chez Renzo Piano, il s’agit ici d’un changement radical1 : « Dès le départ, il faut fortement collaborer avec tous les consultants, les ingénieurs travaillent sur une structure. Le BIM signifie une philosophie nouvelle sur la façon dont on prépare les projets, sur celle dont on négocie les contrats, cela influence le processus, notre vie d’architecte. » En effet, la profession est passée avec le BIM dans la troisième dimension, et, selon l’utilisation plus ou moins approfondie du logiciel, elle atteint la 4D voire la 5D : En effet, il est possible d’intégrer des notions de temps avec les informations liées au planning de construction, lesquelles intègrent par ailleurs la question des ressources humaines nécessaires sur un chantier.

Image BIM du projet de Skylight Paris La Défense par Louis Paillard architectes © Agence L. Paillard
La multiplication des données, toujours croissante, avec par exemple celles environnementales, peut être orchestrée par le BIM. « Dans un projet, le problème est le passage d’informations, cette maquette 3D permet qu’il n’y ait pas de pertes au niveau de la transmission, l’ingénieur modifie en direct », explique Louis Paillard qui poursuit : « La modélisation est un gain, tant au niveau des aspects techniques d’un édifice que concernant le suivi et l’entretien. Elle permet de mettre des alertes sur ce qui ne fonctionne pas, elle change les manières de travailler en raison du partage de fichiers et de personnes, mais elle n’a pas d’influence formelle. Même s’il faut un peu de temps pour modéliser, elle permet de tester de multiples solutions sur le projet et en ce sens, elle représente un gain de temps. » Bien que saluant ce nouvel outil, effectif dans l’agence Paillard depuis quatre ans, il lui est encore trop tôt pour évaluer le retour sur investissement. (…)
Retrouvez l’intégralité de cet article au sein d’archiSTORM #84, maintenant disponible en kiosque !