PANORAMA
Visuel à la une : www.kingkong.fr © Arthur Péquin
URBAN VALLEY // MASSY
TOLILA + GILLILAND ATELIER D’ARCHITECTURE
La géométrie en plan du bâtiment est un parallélépipède ouvert sur un côté et au centre. Le volume extrudé se complexifie par une toiture à multiples versants. La hauteur des pans varie selon les besoins du programme intérieur, rappelant ainsi le profil des sheds industriels.

www.fnthepe.com © Hervé Abbadie
LOGEMENTS PORT-LA-BLANCHE // NANTES
BECKMANN-N’THÉPÉ
Le projet de construction de 52 logements sur l’ilôt BN1 de la ZAC Erdre Porterie s’inscrit dans un quartier qui tire sa personnalité entre densité, mixité et centralité. L’ancrage urbain de cette opération reflète cet urbanisme à l’architecture modeste.
MÉMORIAL DE LA CATASTROPHE // MARTINIQUE
OLIVIER COMPERE
Avec un parti architectural contemporain assumé, le projet de rénovation témoigne d’une nouvelle étape dans la vie de l’institution. Il vise à installer le musée dans la ville, puissant et sobre en regard de sa fonction de mémorial. Le bois sur les façades remplace la pierre.

www.oliviercomperearchitecture.carbonmade.com ©Jean-Baptiste Barret
HATLEY RÉSIDENCE // HATLEY, QUEBEC
PELLETIER DE FONTENAY AVEC FRANÇOIS ABBOTT
La maison, composée de trois volumes de proportions identiques, mais d’échelles différentes, constitue un ensemble architectural cohérent. L’absence de hiérarchie dans la relation entre l’implantation et le paysage permet d’apprécier celui-ci comme un panorama continu composé de multiples perspectives.

www.pelletierdefontenay.com ©James Brittain
Découvrez le panorama complet des réalisations architecturales du moment dans le numéro 98 du magazine Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
TAILLANDIER ARCHITECTES ASSOCIÉSPORTRAIT D’AGENCE
Si P.L Taillandier est devenu architecte, c’est avant tout pour inventer des formes inédites d’usage de l’espace et créer des cas d’école.

Agence Taillandier Architectes Associés
C’est une figure de la place toulousaine. Implanté dans la ville rose depuis le début des années 1990, Pierre-Louis Taillandier est aujourd’hui à la tête d’une des plus importantes structures du sud-ouest. Egalement installé à Bordeaux, Montpellier, Santiago du Chili et depuis peu à Paris, l’agence qui fait office d’incontournable en France comptabilise à ce jour plus de 80 collaborateurs. Du très médiatique siège de la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées au Parc des Expositions de Toulouse Métropole conçu avec OMA, l’agence de Rem Koolhaas, en passant par la montagne de projets de logements et d’équipements livrés pour la plupart dans le sud-ouest, difficile de résumer l’œuvre de l’agence. Au-delà du nombre, c’est bien l’intelligence et la complexité dissimulée derrière les façades continues des bâtiments qui retiennent l’attention.
Fasciné par les systèmes passifs, Pierre-Louis Taillandier fait en effet partie de ces architectes pour qui la recherche, et en particulier la recherche industrielle, n’est pas une fantaisie. À tel point qu’il se définit lui-même comme un ingénieur, un concepteur et un chef d’entreprise ; bien plus que comme un technicien, un artiste ou un visionnaire. En tant qu’architecte, son objectif semble d’ailleurs limpide : produire des bâtiments qui soient à la hauteur des recherches menées en amont, du travail intellectuel et conceptuel qu’il fournit au quotidien avec ses équipes. Un engagement qui participe aujourd’hui grandement à la renommée de l’agence mais qui fait, depuis le début, partie des fondamentaux de la pensée de son fondateur. Connu pour être un des architectes les plus diplômés de sa génération, Pierre-Louis Taillandier est en effet de ces explorateurs qui ont su rester attaché à leurs principes et à leur agence malgré un parcours sinueux et parfois semé d’embuches.

© Matthieu Rondel
L’histoire commence en mars 1989 de l’ENSA de Toulouse, où Pierre-Louis Taillandier obtient son diplôme et remporte le prix du meilleur diplôme du Cobaty, qui lui offre l’opportunité de partir étudier un an de plus à l’étranger. Contraint d’économiser de l’argent avant de partir, il commence à travailler aux côtés de Jean-Michel Fondecave à Toulouse. Au même moment, Barton Myers vient faire un concours en association avec l’agence. Quelques mois plus tard, ce dernier, lauréat du pavillon américain pour l’Exposition Universelle de Séville de 1992, propose à P.L Taillandier de l’accompagner en Espagne pour l’aider à y trouver un architecte d’opération, avant de partir travailler ensemble en Californie. S’il Taillandier hésite d’abord beaucoup, l’obtention de la bourse de l’Académie d’architecture (où il sera lauréat des archi de moins de trente ans), de la bourse du Ministère des Affaires étrangères et enfin de la bourse Américaine Lounsbury le convainc de quitter la France pour intégrer UCLA. S’installant aux Etat-unis pour une durée indéterminée, P.L Taillandier sait néanmoins qu’il reviendra fonder son agence en France et décide de s’engager auprès de Jacques Sutter, son ami qui le remplace chez Jean Michel Fondecave, pour qu’ils s’associent à son retour. Quatre ans plus tard, en 1992, après un nouveau diplôme passé à UCLA, trois ans d’expérience au sein de l’agence de Myers Associés et de multiples propositions de postes dans différents états du pays, il conserve son cap, rentre enfin en France, et s’associe comme prévu avec Jacques Sutter pour fonder l’agence toulousaine Sutter & Taillandier.

© Matthieu Rondel
Texte : Adrien Pontet
Visuel à la une : Matthieu Rondel
Découvrez l’intégralité de l’article sur le portrait de l’agence Taillandier Architectes Associés au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !
PATINOIRE ET ÉQUIPEMENTS ASSOCIÉS À VAUJANYRÉALISATION
SOHO ATLAS
« Opération à tiroirs et tunnel »
Réaliser cet ensemble d’équipements n’a pu se faire qu’en enfouissant dans la montagne son composant majeur, la patinoire, mais aussi une route.

Ce qui frappe d’emblée dans le programme que lança la commune de Vaujany est son extrême complexité. La patinoire, imposante – 110 m sur 49 puisque à la piste de glace allaient s’adjoindre notamment 700 places de gradins –, devait prendre place sur un terrain en forte déclivité, tout en s’offrant de plain-pied à ses utilisateurs. Une route passait au beau milieu du site, et avec l’équipement sportif étaient prévus un appartement pour son responsable, un bowling, un restaurant, une garderie pour 60 enfants et des parkings de surface. S’ajoutait encore à cela le classement de l’endroit en zone sismique catégorie 1a (aujourd’hui catégorie 3), avec toutes les conséquences s’ensuivant en termes constructifs, plus un plan d’urbanisme communal demandant de reprendre le toit à double pente des fermes anciennes du cru, sans que la largeur des pignons excède 16 m.
Sur la base de ce programme, Vaujany, modeste village de la vallée de l’Eau d’Olle, dans le massif alpin de l’Oisans, organisa un concours d’architecture en 2010, en n’accordant aux concepteurs que deux ans pour réaliser la patinoire. De plus, la localisation de la route imposait de traiter celle-ci simultanément. Atlas remporta le concours avec la proposition d’enterrer la patinoire (comme le bowling), de sorte qu’elle puisse se présenter de plain-pied sans qu’il faille créer une plate-forme, au prix de terrassements considérables par leur volume et leur impact sur le paysage. C’est comme une bosse naturelle doucement courbée qu’allait engendrer cet ouvrage enfoui, sur lequel les terres rapportées se couvriraient d’une prairie d’alpage. Solution enterrée, et pour la mettre en œuvre, architectes ensevelis sous le travail : « Nous n’avons eu que trois mois pour déposer le PC, et pas plus jusqu’au DCE !, confie Cyril Bourmeyster. En ce qui me concerne, j’ai travaillé deux ans durant à temps complet sur ce projet. »

Faire disparaître la patinoire dans la pente a demandé d’excaver sur 20 m de profondeur au point haut de celle-ci, 3 m au point bas. Et l’arche ellipsoïdale par laquelle elle s’ouvre sur l’extérieur atteint 50 m de portée, pareil gigantisme étant toutefois contrebalancé par la façon dont l’arrière-voussure s’affine en progressant vers la clef de voûte. Les terres replacées dessus amplifient encore l’ellipse, l’on a vraiment l’impression d’avoir face à soi un tertre naturel, qu’un titan aurait percé d’un œil monumental. Cet œil permet aux sportifs sur la piste de glace comme aux spectateurs sur les gradins d’embrasser le paysage. Et telle une veine profonde, un tunnel placé derrière les gradins, dans l’axe longitudinal de la patinoire, assure le passage de la route (4,50 m de haut pour le tunnel, 90 x 7 pour la chaussée) ! Quant au bowling, il occupe le haut du crâne de la patinoire, puisqu’il a été inséré dans l’une des travées de la charpente métallique. La largeur nécessaire à ses quatre pistes ayant déterminé celle des travées : 7,60 m. (…)

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : commune de Vaujany
Architecte :
Soho Atlas
Atlas (mandataire)
BET :
Egis Rhône-Alpes (structure, VRD, économie),
Artelia bâtiment et industrie (fluides, cuisine, SSI),
Equinoxe paysages (paysage),
Génie acoustique (acoustique),
Gli (OPC),
BET d’Eiffage pour l’EXE structure :
Groupe Delta (béton armé),
ESG (charpente métallique)
Surface plancher : 5 180 m2
Coût travaux : 16,1 M€ HT
Entreprises principales :
Eiffage (macro-lot génie civil, charpente métal et couverture étanchée des ouvrages enterrés),
avec Gagne (charpente métal) et Smac Carron (terrassements),
CMO (charpentes et bardages bois),
Inéo (électricité), Streiff (CVC),
3D Structures (production frigorifique et équipement patinoire)
Dates : Études 2010-2011 / Travaux 2011-2013
Texte : Gabriel Ehret
Visuels : © Soho Atlas
Retrouvez cet article au sein d’archiSTORM HORS-SÉRIE #27 !