TAILLANDIER ARCHITECTES ASSOCIÉS

PORTRAIT D’AGENCE

Si P.L Taillandier est devenu architecte, c’est avant tout pour inventer des formes inédites d’usage de l’espace et créer des cas d’école.

Agence TAA ; Taillandier ; architecture

Agence Taillandier Architectes Associés

C’est une figure de la place toulousaine. Implanté dans la ville rose depuis le début des années 1990, Pierre-Louis Taillandier est aujourd’hui à la tête d’une des plus importantes structures du sud-ouest. Egalement installé à Bordeaux, Montpellier, Santiago du Chili et depuis peu à Paris, l’agence qui fait office d’incontournable en France comptabilise à ce jour plus de 80 collaborateurs. Du très médiatique siège de la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées au Parc des Expositions de Toulouse Métropole conçu avec OMA, l’agence de Rem Koolhaas, en passant par la montagne de projets de logements et d’équipements livrés pour la plupart dans le sud-ouest, difficile de résumer l’œuvre de l’agence. Au-delà du nombre, c’est bien l’intelligence et la complexité dissimulée derrière les façades continues des bâtiments qui retiennent l’attention.

Fasciné par les systèmes passifs, Pierre-Louis Taillandier fait en effet partie de ces architectes pour qui la recherche, et en particulier la recherche industrielle, n’est pas une fantaisie. À tel point qu’il se définit lui-même comme un ingénieur, un concepteur et un chef d’entreprise ; bien plus que comme un technicien, un artiste ou un visionnaire. En tant qu’architecte, son objectif semble d’ailleurs limpide : produire des bâtiments qui soient à la hauteur des recherches menées en amont, du travail intellectuel et conceptuel qu’il fournit au quotidien avec ses équipes. Un engagement qui participe aujourd’hui grandement à la renommée de l’agence mais qui fait, depuis le début, partie des fondamentaux de la pensée de son fondateur. Connu pour être un des architectes les plus diplômés de sa génération, Pierre-Louis Taillandier est en effet de ces explorateurs qui ont su rester attaché à leurs principes et à leur agence malgré un parcours sinueux et parfois semé d’embuches.

© Matthieu Rondel

L’histoire commence en mars 1989 de l’ENSA de Toulouse, où Pierre-Louis Taillandier obtient son diplôme et remporte le prix du meilleur diplôme du Cobaty, qui lui offre l’opportunité de partir étudier un an de plus à l’étranger. Contraint d’économiser de l’argent avant de partir, il commence à travailler aux côtés de Jean-Michel Fondecave à Toulouse. Au même moment, Barton Myers vient faire un concours en association avec l’agence. Quelques mois plus tard, ce dernier, lauréat du pavillon américain pour l’Exposition Universelle de Séville de 1992, propose à P.L Taillandier de l’accompagner en Espagne pour l’aider à y trouver un architecte d’opération, avant de partir travailler ensemble en Californie. S’il Taillandier hésite d’abord beaucoup, l’obtention de la bourse de l’Académie d’architecture (où il sera lauréat des archi de moins de trente ans), de la bourse du Ministère des Affaires étrangères et enfin de la bourse Américaine Lounsbury le convainc de quitter la France pour intégrer UCLA. S’installant aux Etat-unis pour une durée indéterminée, P.L Taillandier sait néanmoins qu’il reviendra fonder son agence en France et décide de s’engager auprès de Jacques Sutter, son ami qui le remplace chez Jean Michel Fondecave, pour qu’ils s’associent à son retour. Quatre ans plus tard, en 1992, après un nouveau diplôme passé à UCLA, trois ans d’expérience au sein de l’agence de Myers Associés et de multiples propositions de postes dans différents états du pays, il conserve son cap, rentre enfin en France, et s’associe comme prévu avec Jacques Sutter pour fonder l’agence toulousaine Sutter & Taillandier.

© Matthieu Rondel

Texte : Adrien Pontet
Visuel à la une : Matthieu Rondel

Découvrez l’intégralité de l’article sur le portrait de l’agence Taillandier Architectes Associés au sein du numéro 98 d’Archistorm, daté septembre-octobre 2019 !

 

Archigroup recompose, relie, et rassemble

RÉALISATION

ARCHIGROUP

RECOMPOSER

© Empreinte Virtuelle

Écoquartier « Vétrotex »

56 logements collectifs
Chambéry
Altarea Cogedim

À la fois structurant et ouvert sur ce quartier en devenir et sur le paysage, cet îlot urbain s’inscrit dans l’écoquartier Vetrotex de Chambéry (Savoie).

Visuel à la une : © Empreinte Virtuelle

 

Il se compose de deux bâtiments parallèles en gradins dont l’échelle mesurée contrebalance la densité ; ils dialoguent autour d’un cœur paysager partagé, respectueux de la trame urbaine imposée avec ces angles de rue et cet alignement strict du socle en R+1. Les étages supérieurs contrastent par la liberté de leur ondulation qui sculpte le volume bâti. Des césures tempèrent cette urbanité et ouvrent le cœur d’îlot à la lumière et au soleil par la démultiplication des points de vue dans la préservation des vis-à-vis. La quasi-totalité des 56 appartements bénéficie d’un balcon multifonction, appartements traversants pour les trois-quarts.

© Empreinte Virtuelle

RELIER

Écoquartier « Cité de la gastronomie et du vin »

84 logements collectifsDijon
Eiffage Construction

Cet îlot de 84 logements sociaux s’inscrit au coeur du futur écoquartier marqué par le paysage qui environne la Cité de la gastronomie et du vin de Dijon (Côte-d’Or). Son architecture dynamique trouve sa source paradoxale dans le respect des contraintes réglementaires (tel le plan-masse d’Anthony Béchu) tandis que son épannelage (R+5, R+6, R+7) assure la continuité du bâti. Le traitement des façades participe de la qualité architecturale, du respect du développement durable selon les orientations, et de l’ouverture à la nature environnante avec ses balcons filants et ses balcons en quinconce. Une large majorité des toitures est végétalisée et les abords libres et le coeur d’îlot sont plantés pour créer une continuité avec le parc et les sentes. Un stationnement (semi-enterré) et un parking à vélo renforcent les capacités de mobilité.

© Eric Poivey

RASSEMBLER

Ensemble municipal « Le Méridien »

Sainte-Foy-lès-Lyon

© Studio Erick Saillet

Inscrit dans un tissu urbain d’une grande complexité, Le Méridien de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) rassemble un cinéma avec ses deux salles, une crèche, un centre social, et une salle municipale dans une conception harmonieuse qui débouche sur un espace fonctionnel et ouvert : d’équipement socioculturel plurifonctionnel, il se transforme en lieu de vie polyvalent. Bien que de parti pris résolument contemporain, où dans ce dialogue construit entre différents matériaux (zinc, aluminium, bois, aluminium-bois), cette conception intègre l’environnement existant au cœur de la commune, tel ce mur de soutènement patrimonial en pierres. L’attention au développement durable passe par des solutions bioclimatiques – isolation renforcée, matériaux à forte inertie thermique, toiture végétalisée, construction semi-enterrée – et un chauffage-rafraîchissement par pompe à chaleur à absorption géothermique au gaz naturel.

Retrouvez encore plus de réalisations de l’agence Archigroup au sein du numéro HORS-SERIE #25 archiSTORM !

© Studio Erick Saillet

 

Texte : Pierre Delohen

À L’ÉCOLE DE LA MUTUALISATION : COLLÈGE ET LYCÉE MONTALEMBERT

RÉALISATION

TOULOUSE 2012 – TAILLANDIER ARCHITECTES ASSOCIÉS

 

 

Réalisation d’un collège et lycée pour les Frères Maristes

Les équipements scolaires sont généralement standardisés. Du moins, leurs programmes sont assez précis pour qu’il ne soit pas possible d’expérimenter de nouvelles organisations. Ici, l’établissement était privé sous contrat. Voilà qui pouvait donc changer la donne. Les moyens alloués étaient toutefois limités et plusieurs projets avaient même jusqu’alors échoué faute de financement suffisant. Taillandier Architectes Associés y a vu un défi et, plus avant, l’opportunité de mettre en place « une machine à étudier » compacte mêlant collège et lycée. « Nous avons décidé de nous éloigner de toute conception classique, étalée, sur deux niveaux, pour proposer un bâtiment de cinq étages où de nombreux services seraient mutualisés », explique Pierre-Louis Taillandier. Laboratoires, salle d’art plastique et autre bibliothèque ont donc été mis en commun. « Ce sont des espaces qui ne sont jamais utilisés en permanence. Pourquoi ne pas les partager ? Il nous fallait penser une fonctionnalité mais surtout des économies d’usage », assure-t-il. In fine, le bâtiment a coûté 30 % moins cher que son équivalent public. « Ce projet, en plus d’une démonstration en termes d’organisation, relevait aussi d’un montage intéressant ; il fallait trouver des revenus complémentaires pour boucler l’enveloppe budgétaire. Nous avons pris le parti de proposer à notre maîtrise d’ouvrage la réalisation d’une opération de logements étudiants. Aucun promoteur n’avait jusqu’ici pensé coupler cet équipement avec un tel produit immobilier. Pourtant, dans des périodes aussi  compliquées économiquement que la nôtre, nous devons faire montre d’inspiration », affirme l’architecte. Dont acte.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : CFA Midi Pyrénées / VIAE Participations

Maîtrise d’œuvre : Taillandier Architectes Associés

Bet Tce : Ingérop

Surface : 8 600 m²

Coût : 9,9 M €

Calendrier : 2012

 

Logements et Crèche 123 Soleil

Balma 2014 – Taillandier Architectes Associés

Réalisation d’une résidence de dix logements sociaux et d’une crèche

Une crèche seule, voilà un programme peu pertinent pour des villes en quête d’efficacité mais aussi en lutte contre l’étalement urbain. En ce sens, au sein de la ZAC Vidailhan de Balma-Gramont, la mixité fut mise à l’honneur ; en plus de l’équipement dédié à la petite enfance, dix logements sociaux ont été réalisés. L’agence Taillandier Architectes Associés a pris le parti de positionner l’ensemble au-dessus d’un parking semi-enterré, ce qui a permis, entre autres, de placer la crèche légèrement au-dessus de la rue pour la protéger de l’espace public. À l’arrière, les enfants disposent d’un vaste espace extérieur, lui aussi abrité. « C’était un projet particulièrement contraint ; il pouvait, à bien des égards, paraître inadapté à ce type de parcelle. Nous tenions à ce que tous les logements soient traversants. Pour ce faire, nous devions penser une distribution extérieure », explique Pierre-Louis Taillandier. Un grand escalier extérieur – « monumental » – vient alors desservir deux niveaux de coursives. « Nous ne voulions pas que ce dispositif, généralement victime d’a priori, soit mal vécu. Aussi, nous l’avons davantage pensé comme une superposition de galeries habillées de protections où l’intimité est assurée », précise-t-il. Enfin, chaque appartement dispose d’une loggia, chacune offrant un cellier. Même avec peu de moyens, il s’agit toujours de penser la meilleure qualité d’usage.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : SA Patrimoine – Bebebiz

Maîtrise d’œuvre : Taillandier Architectes Associés

Surface : 1 280 m²

Coût : 1,8 M €

Calendrier : Octobre 2014

(…)

Image à la une : Détail de logements et crèche 123 Soleil

 

 

 

Texte : Dominique Boudet et Jean-Philippe Hugron
Visuels : Taillandier Architectes Associés

Retrouvez l’intégralité de cet article au sein d’archiSTORM HORS-SÉRIE #24 ! 

BLACKBOX

RÉALISATION

SOHO ATLAS

 

Black is beautiful

Ce petit bâtiment très simple est composé de cinq logements empilés qui viennent remplir une dent creuse dans une rue calme du quartier de Perrache à Lyon 2e. Un T3 par niveau dans les étages et un studio au rez-de-chaussée. Tous les logements dans les étages profitent de la double orientation du bâtiment : les pièces de vie sont positionnées vers le jardin au sud et les chambres sont au nord côté rue.

La thématique de la dent creuse n’est pas si courante à Lyon. L’historique d’un parcellaire plutôt de lots importants (industriel ou canuts) ainsi qu’une pression foncière insuffisante n’ont pas boosté le sujet. La question du stationnement est également un paramètre complexifiant du thème.

Une chance alors d’avoir un opérateur ouvert sur ce concept avec des possibilités de stationnement dans le sous-sol du projet de bureau connexe.

DCB International a laissé carte blanche pour une BlackBox !

Ce sujet fut travaillé comme un manifeste, avec une recherche identitaire affirmée. Un tout cohérent, compact avec des logements plateaux.

Toutes les grandes villes du monde ont leurs petites pépites contemporaines glissées dans les interstices de leurs tissus.

Le bâtiment est en béton banché isolé par l’extérieur. Les panneaux de briquettes anthracite sont posés par-dessus. Cet aspect sombre donne une dimension furtive mais respectable.

Afin d’assumer pleinement que ce manteau n’est qu’un habillage non structurel, la brique est posée en vertical. Cette direction de pose participe à donner un peu plus d’élan à ce modeste projet.

Côté rue Ravat au nord, en limite de domaine public, le rez-de-chaussée est traité avec un barreaudage en serrurerie gris. Ce choix non seulement décolle le volume noir au-dessus mais offre une transparence depuis le trottoir. On aperçoit alors le passage qui va vers le jardin de l’îlot, les arceaux avec les vélos et le hall d’entrée.

La façade sur rue dispose des ouvertures des chambres constituées de portes-fenêtres avec garde-corps vitrés. Les menuiseries noires sont équipées d’occultations en persiennes métalliques également anthracite qui une fois fermées constituent un ensemble homogène avec l’habillage des trumeaux, comme un plastron métallique au milieu de la terre cuite.

Côté jardin, la façade est constituée de balcons débordants habillés de bois avec un garde-corps en serrurerie anthracite. Afin de renforcer l’intimité de ces balcons, on retrouve des rideaux en tissu type camouflage militaire noir montés sur tringle en limite extérieure.

Les logements dans les étages sont des T3 qui s’empilent jusqu’en haut. Un petit local métallique gris est posé en terrasse afin d’accueillir les différents locaux techniques et notamment une chaudière gaz à condensation collective. Le projet est labellisé BBC HQE.

Fiche technique

Maître d’ouvrage :
DCB International

Architecte :
Soho Atlas

Principaux BET :
RBS (structure)
Katène (fluides)
Etamine (HQE)
GEC (économie)

Surface plancher :
425 m²

Travaux :
595 000 € HT

Entreprises :
GCC
Socopa
Amalgame
Suscillon
Eiffage Thermie
Cote

Date : 2013

 

 

Texte et Visuels : © Soho Atlas

Retrouvez l’article au sein d’archiSTORM HORS-SÉRIE #27 !