Le design d’objet a la cote

DESIGN

 

L’ART DE NOTRE QUOTIDIEN

 

Enchères parfois record, foires ambitieuses, collectionneurs de tous pays… Le design est un segment protéiforme drainant une multitude d’acteurs, aux enjeux variés. Comme d’autres disciplines créatives, il génère un marché qui ne cesse d’évoluer. Mais quel bilan pour ce secteur ? Rapide état des lieux.

Ettore Sotsass, Boïte de la série « Ceramiche di Lava » 1959, céramique émaillée bleue, lave noire et bleu marine, Edition II Sestante, vendue 26 000 € frais inclus (est. 8 000 – 12 000 €) vntre Design Mai 2017, Artcurial Paris © Artcurial

En mars 2017, la dernière édition du Pavillon des Arts et du Design à Paris (PAD), accueillait parmi les plus « talentueuses galeries de design du xxe siècle et contemporain ». Le mois suivant, à la maison de ventes Artcurial, lors d’une vente de design scandinave, de nombreux lots du créateur finlandais Paavo Tynell étaient dispersés, dont une suspension Snowball, adjugée pour 252 754 € TTC, établissant un nouveau record mondial pour ce spécialiste du luminaire. En juin 2017, lors de Design Miami/Basel, en marge de la cultissime Art Basel, de belles pièces d’Ettore Sottsass – dont on fête, cette année, le centenaire de la naissance – faisaient flamber le design italien… Un marché ainsi dynamisé par de nombreux événements récurrents internationaux, au sein duquel la France tire son épingle du jeu par l’excellence de ses designers et marchands.

Un marché porteur

Hanna Schiller et Pontus Silfverstolpe, auteurs du nouveau rapport de ventes de Design Barnebys, sont formels : entre 2009 et 2016, le marché du design, « souvent considéré comme un meilleur investissement que l’art », a augmenté d’environ 330 % et confirme son caractère résolument international. « Ce marché est en pleine expansion, explique Patrick Perrin, cofondateur du PAD depuis 1997, mais il n’est pas question de bulle, comme dans l’art contemporain. C’est un secteur en progression constante depuis plus de vingt ans, dopé par l’arrivée des pays émergents. » Fort, cette année, de plus de 40 000 visiteurs pour 67 exposants triés sur le volet, le PAD semble donner le tempo, en France, à toute la profession. Après Londres, où il s’est installé depuis onze ans, il prend ses quartiers dès janvier 2018 à Genève, suite à un partenariat inédit avec la foire Artgenève. Une association stimulante au-delà des frontières françaises. D’autre part, les grandes maisons françaises et internationales incluent souvent des pièces de design historique, moderne ou contemporain dans leurs vacations. À Paris, Piasa comme Artcurial en ont même fait une de leurs grandes spécialités. « Ce second marché, concurrentiel, existe depuis une quarantaine d’années à l’international, explique Emmanuel Bérard, actuel directeur du département Design chez Artcurial. Nous organisons deux ventes de “mobilier vintage” courant par an, ainsi que deux autres de prestige, proposant des objets plus rares, d’exception. » Celle que l’on considère comme la plus grande maison de ventes aux enchères française et européenne est en première ligne des adjudications mondiales de design, grâce à des thématiques étudiées. Parmi celles-ci, en 2006, Chandigarh Project présentant du mobilier de Pierre Jeanneret et du Corbusier, créé pour la capitale du Penjab, ou encore la vacation Heavy Metal, en octobre 2016, au sein de laquelle le chiffonnier « Pod of Drawers » de Marc Newson, créé en 1987, a été adjugé pour 1 111 582 $ frais inclus, confirmant un nouveau record du monde pour cette pièce. (…)

 

Texte : Virginie Chuimer-Layen
Visuel à la une : Vue du Pavillon des Arts et du Design (PAD) – Paris 2017 © Francis Amiand

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