Villes intelligentes et Urbanisme

Texte : Laurent Catala
Photo à la une : Projet Cisco, Place de la Nation © Thinkphonic/Cisco

LES VILLES INTELLIGENTES MODÉLISENT L’URBANISME DE DEMAIN

Les nouvelles technologies du numérique participent aujourd’hui à la modélisation des villes de demain. Des villes qualifiées d’« intelligente » – mais aussi appelées smart city, ville numérique, green city, connected city, éco-cité ou ville durable – dans le sens où les nouveaux investissements financiers, sociaux, structurels, énergétiques et en termes de flux (humains, matériels, d’information) croisent les nouveaux principes énoncés de développement économique durable, de qualité de vie et de participation citoyenne.

3e rencontre au Pavillon de l’Arsenal, Paris, Métropole du Grand Paris © Arnaud Olszak

En ce sens, les villes intelligentes doivent donc développer de nouvelles politiques ambitieuses, allant au-delà des simples outils dont disposent déjà les architectes, comme les logiciels BIM 3D permettant la modélisation des données d’un bâtiment et répondant aux contraintes du Green Building en permettant par exemple la réduction des matériaux de construction et l’élaboration de nouveaux scénarios (rotation de tour, installation d’éoliennes, résistance aux phénomènes naturels ou optimisation de la réflexion de la lumière solaire).

L’importance de l’analyse des datas

La captation de données et leur analyse en temps réel est un enjeu essentiel, permettant d’adapter les infrastructures au phénomène d’urbanisation croissante de nos sociétés. Les nouvelles technologies et notamment l’internet des objets portée par les smart grids (capteurs, compteurs intelligents et autres dispositifs d’information connectés) en sont le garant. Les smart grids améliorent par exemple la sécurité des réseaux électriques qui font face à de nouveaux besoins en énergie avec le développement de la climatisation et des appareils électroniques. Ils répondent à l’apparition de nouveaux usages comme la voiture électrique pour relever l’analyse d’informations clés (état en temps réel des réseaux de distribution public, surveillance du trafic routier, mesure des niveaux de pollution, etc.)

Projet Cisco, Place de la Nation © Thinkophonic/Cisco

Cependant, ces NTIC doivent être développées en parallèle d’une politique de gouvernance plus globale et plus démocratique : celle d’une ville répondant aux besoins des citoyens sur le long terme. Une véritable mission de planification partagée, pour les architectes et urbanistes, mais aussi et surtout pour les collectivités territoriales, car ces technologies doivent être associées à des choix judicieux en matière de participation citoyenne.

Cisco Spot Marie, Nice © Cisco

L’Europe du Nord en pole

Cette réflexion est d’ores et déjà engagée à l’échelle internationale comme le révélaient les nombreux projets présentés lors du MIPIM, le plus grand marché international des professionnels de l’immobilier, à Cannes en mars dernier. Des mesures concrètes se devoilent dans des villes scandinaves comme Oslo, Copenhague ou Stockholm, où comme l’expliquait Monica von Schmalensee, directrice de White Arkitekter, « les villes se développent particulièrement vite ». Dans la région de Stockholm, ce sont ainsi 95 millions d’euros d’investissement qui sont prévus jusqu’en 2025 en matière d’urbanisme. À Malmö, 53 000 nouvelles habitations seront construites ces 20 prochaines années.

Cisco Spot Marie, Nice © Cisco

Des chiffres qui stimulent forcément l’intelligence urbaine (et les stratégies d’entreprise) portée par les nombreuses start-up convergeant dans ce domaine. Aux Pays-Bas, la réflexion sur la baisse du trafic automobile en ville est déjà menée par la société ParkBee qui a créé une application rendant disponible aux automobilistes les parkings privés des particuliers. En Allemagne, la mise aux normes des bâtiments est réalisable en temps record grâce à un outil de numérisation inspiré des techniques du mapping : un chariot robotique parcourant et scannant les espaces intérieurs. En Russie, le projet urbanistique porté par l’ADG Group prévoit le développement de 39 centres urbains dans Moscou liant offres culturelles et commerciales aux besoins exprimés par chaque communauté locale. (…)

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