Architecture-Studio

Texte : Maxime Decommer
Photos : Sami Trabelsi & Quentin Valériy

PORTRAIT d’ARCHITECTURE-STUDIO

L’Institut du monde arabe à Paris, le Parlement européen de Strasbourg, le plan directeur de l’Exposition universelle Shanghai 2010, le théâtre national de Bahreïn, l’aménagement urbain du Fort d’Issy-les-Moulineaux ou, récemment, la réhabilitation d’une partie du campus universitaire de Jussieu à Paris… Les réalisations architecturales et urbaines d’Architecture-Studio, mondialement reconnues, sont les manifestes incontestables de la réussite du groupe français. Pour mieux comprendre cette histoire collective, retour sur les méthodes et les lieux de travail de l’agence.

Si l’épopée d’Architecture-Studio (A-S) débute en 1973 lorsque Martin Robain, actuel architecte associé, installe sa première agence rue de l’Arbre-Sec à Paris, c’est la rue Lacuée, dans le quartier de la Bastille, qui, dès les années 1980, héberge et fédère les talents de plusieurs architectes : de nouveaux associés – Jean-François Galmiche, Rodo Tisnado, Jean-François Bonne –, mais aussi d’autres architectes ou artistes – Jean Nouvel, Gilles Lézénès, Pierre Soria, Pierre-Martin Jacot… –, qui nouent des associations ponctuelles à l’occasion de concours. L’ancienne herboristerie et ses plateaux de travail articulés par la nef centrale baignée de lumière zénithale peuvent être vus comme une pépinière d’entreprises avant l’heure. L’ensemble des équipes d’A-S et de Jean Nouvel s’y déploie pour le projet de l’Institut du monde arabe livré en 1987. Durant la même décennie, l’agence signe d’autres bâtiments remarqués comme le lycée du Futur à Jaunay-Clan ou l’université de la Citadelle à Dunkerque et intègre deux nouveaux associés : Alain Brétagnolle et René-Henri Arnaud.

Plusieurs salles de réunion sont nécessaires aux « rituels » de l’agence

En 1991, le concours pour la réalisation du Parlement européen à Strasbourg inaugure le principe des croissances parallèles des effectifs et des surfaces de travail : temporairement, un ancien supermarché du quartier abrite l’équipe intégrée d’architectes et d’ingénieurs dédiée au projet. En 2005, pour le concours de la restructuration de la Maison de la Radio, A-S réitère cette organisation de travail mais investit le rez-de-chaussée d’un édifice du boulevard de la Bastille, construit sur une parcelle limitrophe de l’agence, doublant ainsi sa surface. Entretemps, Laurent-Marc Fischer et Marc Lehmann rejoignent l’équipe des associés. La reconnaissance critique du Parlement européen offre à A-S de confirmer son ambition internationale et deux agences voient le jour en Chine dans les années 2000, à Shanghai et Pékin. Le nombre d’associés grandit en parallèle : Roueïda Ayache en 2001, puis Mariano Efron, Amar Sabeh el Leil, Gaspard Joly et Marie-Caroline Piot en 2009. Durant la même décennie, le groupe crée Eco-Cité, filiale spécialisée dans les problématiques d’ingénieries environnementales et économiques. En 2009, la CA’ASI ouvre à Venise, pour transmettre, via des expositions et des événements, un état de la jeune architecture dans des territoires émergents : le continent africain, la Chine, mais aussi le Moyen-Orient. À Paris, les « Mercredis d’A-S », qui mensuellement accueillent un architecte, un artiste ou un designer pour expliciter sa pratique et sa vision d’un sujet, sont appelés à jouer un rôle similaire. Le groupe compte aujourd’hui 130 personnes exerçant à Paris et une quarantaine dans le monde.

 

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