Biennale de Lyon

Du flottant à la Biennale de Lyon

 

Intitulée Mondes flottants, emprunté au mot japonais ukiyô qui envisage le monde dans son impermanence et dans son processus de renouvellement, la quatorzième Biennale d’art contemporain de Lyon présente une sélection de 90 artistes dans trois principaux lieux : la Sucrière, le Musée d’art contemporain (MAC) et le Dôme géodésique de l’architecte visionnaire Richard Buckminster Fuller.

Pour la deuxième partie de sa trilogie sur la Modernité, Thierry Raspail, directeur artistique de la Biennale, a invité Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz, pour questionner cette notion. Cette dernière a ancré sa vision à partir du contexte  « d’une mondialisation galopante générant une constante mobilité et l’accélération des flux, cette “liquidité” du monde et des identités analysée par le sociologue Zygmunt Bauman », et « la Biennale explore l’héritage et la portée du concept de “moderne” dans la création actuelle, selon la définition qu’en fit le poète Baudelaire, qui envisage le moderne comme “le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile” ».

La commissaire insiste sur la dimension poétique et mélancolique des œuvres afin que le visiteur, dans sa pérégrination face au dialogue entre les artistes d’hier et ceux d’aujourd’hui, puisse laisser libre cours à ses réflexions et ses rêveries. La grande force de la Biennale est justement ces mises en rapport d’œuvres historiques et contemporaines. Ainsi, au MAC, le Brésilien Ernesto Neto réussit une œuvre monumentale en intégrant dans ses toiles tendues et flottantes les sculptures biomorphiques d’Arp et de Calder. Son dédale architectural nous immerge dans une véritable expérience sensorielle et visuelle.

La particularité de cette sélection de haut niveau est la présence d’œuvres sonores signées par des artistes aussi emblématiques que David Tudor, Lars Fredrikson, Robert Breer, Brion Gysin, Cildo Meireles, etc. À la Sucrière, creusé dans le sol, le puits à l’eau laiteuse de l’hypnotique Sonic Fountain de Doug Aitken offre un concert de gouttes d’eau qui selon lui « est une œuvre volontairement abstraite qui met l’architecture à nu et en révèle le rythme, le tempo et le langage ». Dans un des silos de la Sucrière, Susanna Fritscher crée Flügel, Klingen, une installation spécifique composée d’hélices qui en tournoyant provoquent des sonorités « grâce au mouvement et à la vitesse de l’air, donnant ainsi la sensation de voir apparaître une seconde architecture immatérielle ».

Texte : Christine Blanchet

 

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