Chronique : Architecture et Environnement // Climats en construction ou la joyeuse confusion des genres

Comme pour les arts plastiques, l’architecture nourrit un lien sensible avec la « question environnementale ». Dans le cadre de la dernière conférence de l’ONU sur le climat, focus sur un binôme riche par la diversité de ses formes et de ses points de vue.

Texte : Virginie Chuimer-Layen

La COP21 vient de se terminer à Paris. Elle s’était fixé pour objectif d’obtenir un accord universel permettant de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. Quel rôle l’architecture peut-elle jouer en regard de cette intention ? De façon générale, quel type de relation entretient-elle avec l’environnement ? De nombreuses questions comme autant de manières de répondre… Voici quelques exemples, parmi d’autres, ouvrant le débat sur un sujet complexe, ramifié et prometteur.

Cop Box, plaidoyer pour une architecture « citoyenne »
(…) « Le climat est l’affaire de tous, nous explique Loïc Fel, un des membres fondateurs de COAL, association pour l’art et l’environnement. Dans le cadre d’Art COP21, manifestation mobilisant les artistes et les acteurs culturels sur ces enjeux, nous souhaitions proposer un dispositif participatif, pour recueillir et relayer la vox populi auprès des officiels. Nous nous sommes associés à Lemoal & Lemoal architectes, pour produire une architecture capable de répondre à ces attentes. » (…) Et les jeunes architectes, lauréats des Lauriers du Bois, en 2013, pour leur projet de hangar agricole en Auvergne, d’ajouter : « Les messages, symboliques de la mobilisation collective, furent diffusés sur les réseaux sociaux et transmis au secrétariat général de la COP21, dont une sélection fut projetée sur le site officiel de la COP, au Bourget. » (…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

K-Banes éphémères, Rennes, été 2015
© Lemoal & Lemoal architectes

L’architecture comme écosystème solidaire
Réaliser des agencements temporaires, « sobres et heureux », selon les mots de Bellastock, est aussi l’ambition du collectif Etc, né en 2009, composé de huit architectes, d’une vingtaine de collaborateurs réguliers, prônant une organisation horizontale, « où habitants et professionnels ont le même pouvoir décisionnel en regard de l’aménagement urbain ». À ceci près qu’Etc intègre la population locale dans son processus de création. (…) En d’autres termes, Etc propose un écosystème architectural positif, solidaire et social, où le contexte du projet est aussi important que « les moyens pour le réaliser, ainsi que les comportements humains qu’il génère ». (…)

Transhumance des infrastructure réalisées par les participants, 2015, Tremblay-en-France
© Bellastock – Alexis Leclercq

Poésie de l’architecture météorologique
« Au-delà d’objectifs responsables et écologiques, le climat peut-il constituer un nouveau langage d’une architecture pensée comme météorologie ? Peut-on imaginer que les phénomènes climatiques tels que la convection, la conduction, l’évaporation par exemple, puissent devenir les nouveaux outils de la composition architecturale ? La vapeur, la chaleur ou la lumière peuvent-elles constituer les nouvelles briques de la construction contemporaine ? […] Entre l’infiniment petit du physiologique et l’infiniment grand du météorologique, l’architecture doit construire des échanges sensuels entre le corps et l’espace, et y inventer de nouvelles esthétiques capables de modifier durablement la forme et la manière d’habiter de demain. » Ainsi s’interroge l’architecte helvète, basé à Paris depuis 2008, plaidant pour une « architecture de l’atmosphère », où les espaces, vides, pleins, possédant une réalité physiologique, jouent un rôle dans la réduction des dépenses d’énergie. « (…) De nouvelles architectures pourraient naître à partir de l’espace, appréhendé en fonction d’un système de double flux de renouvellement d’air. » Dans l’appartement suisse d’un jeune docteur, ou encore dans le cas d’un projet concernant une bibliothèque nancéienne, Philippe Rahm repositionne les espaces fonctionnels, en profitant, entre autres, de la « stratification naturelle de l’air ». Ainsi, la question du climat reconfigure, à la fois, la forme et l’usage de l’architecture. (…)

 

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