Écoquartier du Pic-au-Vent à Tournai (Belgique)

Texte : Hugues Wilquin e.c.a Alain Sabbe
Photos : Bernard Boccara, Éric Marchal et Quentin Wilbaux

Architectes : Éric Marchal et Quentin Wilbaux

Re-densifier un quartier pavillonnaire des années 70 en y insérant un écoquartier bien sûr écologique au sens du Développement durable, mais surtout un vrai quartier avec ses liens sociaux, ici, en recherche et construction.

Le projet initial de serres, piscine et maison de quartier se simplifiera finalement en la maison de quartier seule.

Une longue histoire…

Éric et Quentin, dès leurs études en architecture, rêvent d’habitats alternatifs accessibles au plus grand nombre, donc peu coûteux, et en harmonie avec une approche solidaire, douce et écologique.

Dès cette époque, ils s’intéressent à ce terrain, enclavé aujourd’hui dans un quartier pavillonnaire. Et tels deux Elzéard Bouffier, le berger héros de la nouvelle de Jean Giono*, ils plantent des arbustes qui aujourd’hui sont arbres vigoureux sur le site mais qui, surtout, ont fait germer les fruits de leurs idées utopiques d’alors.

* « L’homme qui plantait des arbres », Jean Giono, Vogue Magazine, 1954.

S’insérer

Le projet, implanté sur un terrain de 1,78 ha, est situé en zone résidentielle dans les faubourgs sud-ouest de Tournai. Les maisons sont réparties en trois ensembles, autour d’un parc paysagé. À 1,7 km du centre-ville, à 400 m de deux magasins d’alimentation (supérettes), à 3 km de la gare et à 100 m d’un arrêt de bus, l’écoquartier s’insère parfaitement dans le contexte existant : les chemins, tel le chemin du Leu, sont repris et réadaptés afin d’éviter l’impression de clos-ghetto. Les promeneurs et autres piétons peuvent ainsi traverser l’écoquartier pour rejoindre l’arrêt de bus, par exemple. Les trois morphologies s’adaptent aux contextes voisins, des toitures à deux versants pour la première phase en « L »,les maisons Patios, en bas de terrain ; un ensemble avec également une toiture à deux versants pour répondre à la rue de la Croix-de-Pierre, les maisons Balcons et un « geste, une courbe végétalisée » pour la deuxième phase, les maisons Jardins. Passé le porche d’entrée sous les maisons Balcons, cette courbe, qui prend naissance sous celles-ci, resserre la séquence urbaine avant l’ouverture vers la placette, le parc et la maison de quartier. Ce dessin permet également le dégagement de jardinets pour les maisons Jardins, ce qui les éloigne des fonds de parcelles des maisons de la rue de la Résidence du Pic-au-Vent. De plus, cet ensemble de maisons Jardins à toit légèrement courbe englobe et suit la déclivité du terrain de l’entrée du quartier vers le chemin qui continue  au nord-ouest vers la chaussée de Douai.

L’arrière des maisons Jardins

Des objectifs rencontrés

Les objectifs rejoignent et dépassent les trois piliers du Développement durable : l’économique, l’environnemental et le sociétal.

Pour les architectes, les qualités à rencontrer ont trait à :

la densification :

L’habitat densifié reprend le thème de la maison mitoyenne pour une attitude économe de l’espace opposée à celle des pavillons voisins qui occupent le site, tels de « petits châteaux entourés de leurs terres ». (…)

l’énergie :

Construire des maisons mitoyennes pour diminuer les surfaces d’échange avec l’extérieur et les rendre passives et/ou à énergie positive par le biais d’une isolation renforcée (murs , toiture, châssis, vitrages, VMC…) et notamment l’ajout d’apports solaires via des panneaux photovoltaïques en toiture, voilà le but. (…)

l’écologie et l’environnement :

Les choix se portent au maximum sur des techniques et des matériaux à faibles impacts environnementaux tout en garantissant une très longue durée de vie aux constructions. (…)

L’espalier à végétaux des maisons Jardins.

Fiche Technique

Maître d’ouvrage : 36°8 sprl et Tradeco Belgium

Maître d’œuvre : Éric Marchal et Quentin Wilbaux

Ingénierie :
Marc Rorive (stabilité)
Patrick Adam (thermique)
Eco2 protec (énergétique)

Entreprises:
Tradeco
La Compagnie du bois

Coûts : 1 192 €/m2 TTC

Surface: 1, 78 ha

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le numéro archiSTORM #83 !