Le lin toujours innovant

CELC

 

Premier textile développé par l’homme et fibre d’innovation depuis toujours, le lin renouvelle ses usages ! Fibre versatile par nature, sa pluralité séduit stylistes de mode (60 % des débouchés), décorateurs d’intérieur et stylistes Maison (30 % des débouchés) designers et industriels (10 % des débouchés pour une nouvelle génération de composites). Showroom d’expression dédié au Lin, le LINEN DREAM LAB est leur unique repaire, une plate-forme « Sourcing et Recherche », tout à la fois matériauthèque, filothèque et tissuthèque intégrées, au confluent de projets créatifs et économiques. Un outil mis en place par la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC) pour afficher les qualités de cette matière lin dont l’Europe est le premier producteur mondial ; à elle seule, elle en assure 80 % de la production. Une exception qui réside dans la conjugaison subtile d’atouts géo-climatiques et de savoir-faire enracinés dans nos territoires.

Le lin entre aujourd’hui dans la mise au point de composites à haute performance. Il fait son apparition dans plusieurs secteurs d’activités sans que les usagers s’en doutent. Sa matière intègre la fabrication du matériel sportif (surf, casques, ski) toujours en quête de plus de solidité, de légèreté et d’absorption des vibrations. Les industries automobile, navale et aéronautique y sont aussi sensibles pour les mêmes raisons. Ses industriels ont réussi à s’adapter aux normes des différents domaines d’activités, et forcent un peu plus les performances dans chacun d’eux.

 

Labellreed, design Christien Meinderstma

Avec le lin c’est tout une chaine d’acteurs et de processus qui renforcent sa valeur aux yeux du consommateur engagé. La designer Christien Meinderstma a d’abord appris à bien connaître le travail du lin avant de proposer de menus objets puis une chaise révolutionnaire, la FLAX chair, à l’assise très fine qui semble posée en équilibre sur des pieds tout aussi étroits. Ce projet semble pousser à l’extrême la confiance dans ce matériau. Christien Meinderstma mise sur la traçabilité et tout le processus qui l’a rendue possible ; de l’ensemencement en mars à l’arrachage en juillet (le lin ne se fauche pas, il est arraché pour préserver toute la longueur de sa fibre contenue dans la tige) ; du rouissage, entre juillet et septembre, (le lin est déposé au sol et l’alternance de pluie et de soleil permet aux fibres de se désolidariser de la tige qui les contient) au teillage (un processus mécanique d’extraction de la fibre), à l’agglomération avec la résine PLA, à la compression et au thermoformage selon le dessin souhaité. Chaque geste est déterminant. Un scénario complexe et condensé dans le temps : qui plus est, la plante pousse en 100 jours seulement ! Fibre éco-responsable par définition (zéro irrigation, zéro OGM), le lin c’est également zéro déchet, chaque élément de la plante est utile et utilisé.

 

Conjugué à sa fibre libérienne cousine, le chanvre, il sert de laine d’isolation en sous-couches de parquet, ou isolants muraux. Biofib’Duo est un mix de fibres de chanvre et de lin, dont l’association contribue à une isolation thermo-acoustique renforcée. Les rouleaux et les panneaux semi-rigides Biofib’Duo (épaisseurs de 45 à 200 mm) sont spécialement adaptés pour une isolation « écologique » et « tout confort » de l’habitat, avec des performances thermiques certifiées ACERMI. Parmi les autres offres disponibles sur le marché, Biofib’Chanvre est un isolant naturel et écologique, fabriqué par nappage de fibres de chanvre. Disponible sous forme de rouleaux ou de panneaux semi-rigides, il est principalement destiné à l’isolation thermique des bâtiments d’habitation (murs, toitures et planchers) en neuf comme en rénovation.

La fibre de lin intègre également la composition des panneaux prêts à l’emploi. Sa légèreté et sa résistance répondent parfaitement aux exigences de l’aménagement d’intérieur, pour la réalisation d’éléments structurels et non structurels : parois, cloisons, plan de travail, mobilier. Il se thermoforme à façon ou s’utilise directement sous forme de panneaux sandwich composite constitué d’une âme (non tissé, balsa, nid d’abeille) et de peaux intégrant des fibres de renforts en lin et une résine thermoplastique. Ce produit concilie toutes les propriétés : qualité acoustique, gain de poids, confort de pose et recyclable à l’infini.

Sur ses marchés traditionnels des tissus d’ameublement, le lin se renouvelle dans ses textures – velours chez Mark Alexander, Dedar, … – et ses impressions, désormais numériques mais toujours aussi vivantes sur les bases lin (Pierre Frey, Kohro, Designers Guild, Osborne & Little, Casamance…). La fibre de lin intègre aussi la composition de papiers peints à base de fil de lin (Very Fanny), tissé (Elitis, Pierre Frey) et non tissé (LGD01). Plusieurs éditeurs (Alessandro Bini, Dominique Kieffer et Christian Fischbacher) le déclinent en pur lin ou mélanges qui répondent aux normes « non feu », dans un contexte d’hôtellerie haut de gamme. Qu’il soit visible ou invisible, le lin a démontré sa capacité à se faire oublier (jusque dans sa couleur). C’est là, sa grande force pour constituer l’alternative durable tant attendue.

 

 

Texte : Alexandra Fau

Visuel à la une : ©Biofib

Retrouvez cet article au sein du numéro spécial ArchiSTORM #11 !