NOUVEAUX MODES, NOUVEAU MONDE

Nouveaux Modes, nouveau Monde.

 

Notre monde vit une nouvelle mutation avec internet aussi importante qu’au XVe siècle lors de l’invention de l’imprimerie. Les smartphones et leurs applications sans cesse innovantes, transforment chaque jour notre quotidien, envahissent et simplifient notre vie, et nous guident de façon accélérée vers la smart city.

Le spectre du transhumanisme nous guette également, en repoussant chaque jour les limites de l’intelligence artificielle vers ce que l’on appelle « l’intelligence forte ». J’invite les lecteurs de cette tribune (si ce n’est pas déjà fait) à lire le livre Sapiens de Yuval Noah Harari qui porte un regard aiguisé et bouleversant sur notre évolution. Le sort de l’homme sera toujours lié à sa capacité d’inventer et de savoir gérer ou pas ses inventions…

Plus humblement, je souhaite aborder l’évolution des modes de transport en liaison avec la smart city, ainsi que l’évolution de ces technologies avec la mutation de nos villes. Nos cités se sont implantées et développées tout au long de l’histoire de l’humanité en liaison avec les modes de transports et se sont transformées avec ceux-ci. La dernière transformation en date est liée à la démocratisation de la voiture depuis les années cinquante. L’espace public a été transformé, adapté et envahi par celle-ci, depuis, les autres modes de transports ont essayé de retrouver leur place dans la ville, à commencer par le piéton. Mais avec la « Google car » rebaptisée « Waymo » ou tout autre véhicule utilisant le pilotage automatique, une révolution est en cours qui va transformer notre relation à la voiture, à la mobilité et à l’espace urbain.

 

Résidence Terre Sud

 

Avec la voiture autonome nous n’aurons plus la nécessité, du moins dans les villes, de posséder un véhicule. Des flottes de véhicules autonomes utilisant une application de type « Uber », répondront à nos besoins déplacements individuels. Cela aura pour conséquence directe de ne plus à avoir à parquer nos véhicules sur nos lieux de résidence, ces flottes pourront être parquées dans des silos, situés dans zones industrielles ou tout autre lieu qui est n’est pas propice à l’habitat. Nous n’aurons plus besoins de garages pour les maisons individuelles, mais surtout plus de sous-sol dans les bâtiments collectifs, ni d’aires de stationnements pour les commerces et équipements publics. Cette révolution interviendra dans moins de cinquante ans et les bâtiments que nous construisons aujourd’hui seront toujours présents. Les conséquences immédiates seront les friches laissées par les anciens parcs de stationnements. Pas d’inquiétudes à avoir pour nos bons vieux garages liés aux maisons individuelles qui ont déjà été transformés pour la plupart en pièces de vies complémentaires, ni pour les parkings silo publics ou privés dont le cahier des charges stipule parfois qu’ils devront pouvoir muter à terme, en bureaux, logements ou commerces. Le problème se posera pour les parcs de stationnements privés en sous-sol qui risquent de devenir de nouvelles zones de non-droit. Il faut dès à présent anticiper la mutation de ces parcs de stationnements pour pouvoir les transformer le moment venu en logements, commerces ou services.

 

Texte : Pierre-Louis Taillandier, TAA architecte-urbaniste

Crédits photos : Pierre-Louis Taillandier

Retrouvez l’intégralité de cette tribune libre dans le numéro 99 du magazine Archistorm, disponible en kiosque.