Portrait d’agence : Loci Anima

La qualité du travail de l’agence Loci Anima repose sur une combinaison de compétences diversifiées et complémentaires de quatre associés : deux architectes, un régatier et une responsable du management.

Texte : Maxime Decommer
Photos : Sami Trabelsi

Au rez-de-chaussée, dans une ancienne imprimerie située au fond d’une cour pavée du 9e arrondissement, seul le mobilier semble avoir été utilisé pour l’aménager. (…)

 

L’entrée de l’agence, au fond d’une cour du 9e arrondissement

 

L’agence se déploie depuis onze ans dans ces lieux. Mais elle a été fondée dès 2002 par Françoise Raynaud, à la suite de son départ des Ateliers Jean Nouvel. Après des études à l’école de Paris-La Villette, l’architecte originaire de Carcassonne y fait ses armes durant dix-sept ans, construisant patiemment un savoir-faire rare et reconnu sur les grandes tours, responsable notamment du projet de la Tour sans fin. Si elle oriente les prospections d’Anima Loci à ses débuts, lui permettant de remporter en 2008 le concours pour la restructuration complète du secteur du pont d’Issy à Issy-les-Moulineaux, comprenant la tour de bureaux Hélice, cette forme de spécialisation n’est aucunement une fin en soi pour Françoise Raynaud : « Je ne pense pas que la compétence vienne de la spécialité, mais de la transversalité. » (…)

Sur les murs de l’agence, les perspectives d’un projet de tour à New York, en construction

La production riche et variée de l’agence en témoigne. À toutes les échelles, programmes de logements, de bureaux, mais aussi équipements sportifs ou culturels, comme le cinéma Les Fauvettes à Paris ou l’Alpha, la nouvelle médiathèque d’Angoulême, inaugurés à la fin de l’année 2015, rendent compte des idées foisonnantes des équipes de l’agence. (…)

Cette réussite tient sans conteste des forces complémentaires en présence à l’agence, habilement conjuguées par Françoise Raynaud. Avec ses trois associés, ils forment une équipe pluridisciplinaire, assemblant depuis longtemps des compétences aujourd’hui valorisées dans le milieu professionnel, mais encore trop souvent absentes des agences françaises : architecte anglais, Jonathan Thornhill assure la direction technique des projets ; ami sétois de Françoise, Pierre Mas, ancien régatier, apporte son expertise d’entrepreneur et dirige aujourd’hui la communication de l’agence ; diplômée de l’EDHEC et expérimentée dans le conseil aux entreprises, Alexandra du Couëdic est en charge de la gestion et du management des projets. Six chefs de projet complètent ce clan, et c’est aujourd’hui une trentaine de personnes qui s’investissent chez Loci Anima.

 

L’absence de recettes architecturales, doublée d’une attention accrue aux aspects économiques, pourrait certainement qualifier la volonté partagée des membres de cette agence originale, tant dans sa structure que dans les projets traités. (…)  En somme, l’exigence de faire perdurer des prestations intellectuelles élevées qui font la valeur des projets architecturaux et urbains. Un engagement fort et qui représente un coût auquel Alexandra du Couëdic souhaiterait sensibiliser les maîtres d’ouvrage comme les usagers. La chaîne Vimeo Loci Anima Architecture constitue les prémices d’un nouveau dispositif allant dans ce sens, en présentant les derniers projets par des films. Le site internet de l’agence y œuvre également : dans une ville virtuelle, l’ensemble du travail de l’agence de ces dix dernières années est exposé, soit une centaine de projets et une dizaine de réalisations. Une manière bien sûr, selon Françoise Raynaud, de valoriser et partager la constitution progressive d’une pensée sur l’architecture mais également, à l’heure des réflexions sur l’économie globalisée, de faire s’interroger sur la dépense, voire la gabegie, en temps et en matière grise des capacités des architectes.

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