Résidence Koh-I-Noor, à Montpellier

RÉALISATION

AGENCE BERNARD BÜHLER ARCHITECTE

 

Pour marquer fortement de son empreinte un quartier montpelliérain en pleine expansion, l’architecte Bernard Bühler a imaginé, en étroite collaboration avec le promoteur Kalelithos, un immeuble de logements caréné de verre bi-ton créant une myriade d’irisations qui, fluctuant au fil de la journée, déclinent les couleurs de l’arc-en-ciel.

Au sud-est de Montpellier (Hérault), a été édifiée la résidence Koh-I-Noor, un terme qui signifie « montagne de lumière » en perse et fait référence à un gros diamant monté sur la couronne de la famille royale anglaise et exposé parmi les joyaux de la Tour de Londres. Une manière inédite d’assimiler la morphologie du bâtiment à un diamant… Conçu par l’architecte bordelais Bernard Bühler, l’ensemble composé de 49 logements collectifs en accession libre prend place au cœur de la ZAC Port Marianne – Rive gauche, un quartier récent situé à l’entrée est de la ville et en continuité du quartier Jacques Cœur. Desservi par l’autoroute A9 et une ligne de tramway (n° 3), ce quartier urbain de 9 ha a pour vocation de favoriser la mixité sociale, en faisant cohabiter logements, commerces, bureaux, équipements publics et activités. Il est à noter qu’un des édifices phares de ce quartier, le nouvel hôtel de ville érigé en 2011 par les architectes Jean Nouvel et François Fontès, se trouve être à proximité du projet. Selon l’architecte Bernard Bühler, « la nouvelle ZAC s’installe sur d’anciens terrains agricoles, avec une végétation éparse semblant délimiter un ancien parcellaire. Un chemin le long du Lez permet l’accès piéton jusqu’au centre-ville de Montpellier ». Bénéficiant d’un site privilégié, l’opération s’implante en bordure du Lez, les appartements profitant pleinement de l’orientation sud, en direction du cours d’eau et des espaces verts. Ce qui correspond à l’un des vœux du concepteur de créer, pour les habitants, « un cadre de vie agréable avec une volonté paysagère forte ».

De multiples orientations

Il a fallu exécuter un remblai sur l’ensemble de la ZAC, ainsi qu’une imperméabilisation des sols, afin de protéger les constructions des risques de crues et d’inondation. Reposant sur deux sous-sols de parking, l’immeuble en forme de L et bâti en structure béton s’élève sur sept niveaux (24 m), les deux halls d’entrée de desserte des logements étant placés à l’arrière du bâtiment, en façade nord. Si le rez-de-chaussée abrite une vingtaine de places de stationnement en superstructure, une rampe de parking et deux petits logements (T2) dotés de jardins, les étages, quant à eux, se développent de chaque côté des deux cages d’escalier et d’ascenseur, à raison de huit à dix appartements par niveau, en moyenne. Sur le plan de l’organisation des fonctions, les logements, constitués majoritairement de T3 (vingt-sept), de T4 (onze) et de T2 (neuf), sont distribués par des coursives extérieures qui, déployées en façade nord, sont éclairées et ventilées naturellement, et protégées par un jeu de lames verticales en aluminium et en verre dichroïque de tons bleus : un principe qui enrichit et rythme la façade. L’architecte remarque que « cette organisation permet d’offrir à tous les logements une double ou triple orientation (pour les logements en pignon) ». Les appartements traversants apportent ainsi aux espaces habitables, outre des vues variées sur l’environnement, une ventilation naturelle et un rafraîchissement participant au confort d’usage interne.

Volumétrie globale en longueur

En couronnement, les deux derniers étages de la résidence accueillent trois logements luxueux et atypiques. Chacun de ces penthouses, accompagné d’un linéaire important de balcons appropriables par les usagers, possède une grande terrasse privative qui, positionnée en toiture et accessible depuis les habitations, est agrémentée d’une piscine individuelle.

Concernant l’architecture contemporaine de l’édifice et les matériaux utilisés, sa partie basse est habillée d’une maille en métal déployé grise qui, façonnée géométriquement suivant des triangles assemblés en rectangles, a un rôle à la fois esthétique et sécuritaire. Et contrairement aux plateaux des étages, aux formes plus libres, ce socle métallique se calque rigoureusement sur les limites constructibles de l’îlot, figurées par la présence d’un muret de clôture enserrant plusieurs jardins privatifs. Quant à la modénature spécifique de l’immeuble, Bernard Bühler la définit ainsi : « Le Koh-I-Noor adopte un principe volumétrique tout en longueur, créant un îlot ouvert, laissant pénétrer largement la lumière au cœur des jardins, des logements et favorisant les vues sur le Lez et sa promenade. » Cette volumétrie se base sur le déploiement d’amples balcons filants de 3 m de profondeur qui se retournent en façade des pignons est et ouest, en formant une enveloppe continue et chahutée : le développé spécifique de ces balcons se répétant tous les deux niveaux. Les façades sud et ouest ont fait l’objet d’une recherche pointue de superposition des balcons, afin d’amplifier l’effet diamant souhaité par le promoteur. (…)

Texte : Carol Maillard
Photo : Julien Thomazo

Découvrez l’intégralité de l’article et l’interview de Bernard Bülher (Architecte) au sein d’ArchiSTORM #86