SHAN SHUI, LE PORTFOLIO DE RAPHAËL BOURELLY & SÉBASTIEN TIXIER

PORTFOLIO

SHAN SHUI PAR RAPHAËL BOURELLY & SÉBASTIEN TIXIER

La Chine connaît depuis 30 ans une croissance économique débridée et rapide. Cette croissance a entraîné l’accélération du développement à la fois industriel et urbain du pays, au gré des stratégies gouvernementales. Aujourd’hui, celles-ci visent en particulier à développer l’ouest du pays, mais ces zones d’activité émergentes engendrent de nouveaux défis : l’augmentation de la demande en eau et l’urbanisation de nouveaux espaces, entre émergence de villes nouvelles et expansion de celles qui existaient déjà.

Pourtant depuis l’Antiquité, dans la culture chinoise, l’observation de la nature a été élevée au rang d’art. La peinture traditionnelle « Shan Shui », expression littéralement traduite par « Montagne – Eau », perpétue l’hommage aux cours d’eau et aux montagnes. Et le taoïsme – l’un des deux grands systèmes de pensée qui se sont développés en Chine – préconise le « non-agir » en harmonie avec le Tao, c’est-à-dire le chemin, la voie. Aller contre celui-ci, c’est aller contre les principes à l’origine de l’émergence du monde, et ainsi mener au chaos.

Bien loin de son statut sacré mythologique, la nature est désormais façonnée par l’Homme qui semble vouloir en prendre possession. Les montagnes, piliers du ciel, disparaissent pour laisser la place au vide, puis au béton. L’eau, sang et souffle de la terre, symbole du temps et de la vie, devient ressource.

Les régions entre Lanzhou et Shizuishan, où se développent une industrialisation et une urbanisation en pleine expansion, sont au cœur des enjeux gouvernementaux. Irriguées par le seul fleuve Jaune et dans des régions escarpées, elles concentrent les défis qui se posent. C’est sur ce tronçon qu’ont eu lieu les principales pollutions de ce fleuve, pourtant connu dans l’Antiquité sous le nom de «Rivière mère». C’est également dans ces régions que le gouverne – ment chinois a entrepris l’aplanissement de nombreuses montagnes pour faciliter le développement urbain et économique.

 

À l’automne 2013, le gouvernement chinois a dévoilé son projet de « nouvelle Route de la soie », au cœur de sa politique de développement de l’ouest du pays. Située sur cet axe économique, la ville de Lanzhou est promise à un développement important. S’étendant à 1600 m d’altitude au milieu de montagnes culminant à plus de 2000m, cette zone géographique rend difficile la croissance urbaine : c’est ici que de nombreuses montagnes ont été aplaties depuis quelques années et continuent de l’être, afin de favoriser le développement industriel et urbain.

Découvrez l’intégralité du portfolio au sein d’Archistorm daté Mars-Avril 2020