Oslo Architectes, c’est avant tout une histoire collective. Celle d’une rencontre, d’une agence d’architecture qui refuse de se laisser définir, restant mouvante et plurielle, surprenant au fil des projets. Entre Paris et Strasbourg, nous avons rencontré ses fondateurs.
Une aventure collective
Il est tout simplement impossible de parler d’Oslo au singulier. Durant notre entretien, les voix des associés fondateurs de l’agence d’architecture se mélangent, l’un reprenant le fil de pensée de l’autre avec une aisance presque déconcertante. Impossible d’ignorer l’énergie qui circule entre eux, encore bel et bien présente 15 ans après la fondation de l’agence Oslo, à Strasbourg.
C’est dans cette ville de l’Est de la France que commence leur histoire. Deux des associés fondateurs, Josselin Lutz et Nicolas Parent, fréquentent les bancs de l’ENSAIS, d’où ils ressortent diplômés en architecture avant de partir pour Paris. Là-bas, leurs chemins se croisent à nouveau, cette fois-ci dans une agence d’architecture parisienne. « Nos parcours académiques, et cette première expérience professionnelle, ont donné forme à notre vision. Nous partageons tous un regard pluridisciplinaire, fortement ancré dans la notion de contexte, et un amour pour l’urbanisme, le détail et la construction » confient les fondateurs, Josselin Lutz et Nicolas Parent, qui rencontreront le troisième membre, Laurent Fleury, peu de temps après ce séjour parisien.
En effet, à cette période, l’opportunité s’offre à eux de reprendre l’agence du père de Nicolas Parent. « L’agence avait une base très solide, avec une grande expertise dans le domaine de la construction de logements. En reprenant la société tous les trois, nous avons donc souhaité conserver son expertise, mais repartir sur de nouvelles bases. En changeant de nom tout d’abord, mais aussi en renouvelant son image et en développant son portfolio au-delà du logement. »
De l’agence strasbourgeoise en 2011, la ville connaît un véritable changement, et les concours publics se multiplient. Une occasion en or pour les jeunes architectes de démontrer leur savoir-faire sans jamais faire triompher l’égo. « Oslo est une agence collective. Nous travaillons tous ensemble sur nos projets et nous accordons beaucoup de valeur à la transmission. Cela se traduit notamment par l’arrivée de nouveaux associés ces dernières années, portant le nombre total à neuf, avec à nos côtés des architectes de générations plus jeunes qui seront un jour capables de prendre la suite, dans nos bureaux de Strasbourg et de Paris » ajoute le trio.
Construire en contexte
Une vision collective qui efface d’une certaine façon la signature architecturale au profit de projets toujours uniques. Si les logements sont leur point de départ, les associés diversifient rapidement leurs projets en remportant leurs premiers concours publics peu de temps après la création d’Oslo. Équipements publics, bureaux, hôtels, mais aussi réhabilitations, reconversions de friches et urbanisme de quartiers font désormais partie de leur portfolio. « Au sein de notre agence, la collaboration est clé. Entre nous, mais aussi avec nos clients. Cela a été rendu possible grâce à nos équipes qui connaissent les chantiers, leur expertise nous a permis de gagner la confiance de nos commanditaires.
Nous avons rapidement compris qu’il était capital de penser nos projets à travers un narratif. C’est de cette façon que nous pouvons convaincre nos maîtres d’ouvrage d’opter pour des solutions nouvelles, une architecture plus audacieuse. L’important réside dans la compréhension totale du projet, celle de son histoire, qui encore une fois s’inscrit avant tout dans un contexte et des usages, toujours pluriels, à la fois politiques, sociaux, économiques, géographiques, urbains, programmatiques. » Une confiance qui s’établit grâce à la vision globale des architectes, n’oubliant jamais que le bâti se doit de faire partie d’un ensemble, souvent préexistant, et habité. « L’espace public est premier. Notre rôle n’est pas de laisser notre trace. L’architecture sculpte l’espace public, elle doit alors y trouver sa place, s’adapter, et permettre à tous de la côtoyer » détaillent Laurent Fleury, Josselin Lutz et Nicolas Parent.
L’architecture comme jeu
La diversité des projets portés par l’agence Oslo ces 15 dernières années témoigne de la réussite de leur vision et de la confiance que leur accordent les maîtres d’ouvrage. Une variété qui fait toute l’identité de l’agence et la fierté de ses associés. En effet, pour eux il était capital dès le départ de ne pas s’enfermer dans une unique case. Une quête de diversité qui est porteuse d’un objectif : nourrir leur architecture. « Chaque spécialité ouvre des perspectives et permet de nourrir l’ensemble. Une force qui rend possible le travail sur des programmes pluriels et complexes » précisent-ils. Un caractère disruptif qui se trouve en réalité au cœur de leur pratique. Car pour Oslo, l’architecture se doit avant tout d’être un jeu. Un jeu avec les normes, les règles, permettant la recherche de nouveaux possibles, faisant usage du réemploi de matériaux d’un chantier à un autre, optant pour des matériaux novateurs, ou des réhabilitations hors norme, à l’image de leur bureau de Strasbourg, autrefois blanchisserie puis célèbre salle de boxe. Un regard tourné vers l’avenir transparaît alors indéniablement dans leur discours. Pour Nicolas Parent, Laurent Fleury, Josselin Lutz et leurs associés, Oslo n’est pas uniquement leur projet. Il est celui de leurs collaborateurs, une aventure commune avec comme destination une architecture juste.
« Oslo est une agence collective : nous travaillons tous ensemble sur nos projets et nous accordons beaucoup de valeur à la transmission. »

Par Aurore De Granier
Toutes les visuels sont de : © Michael Bouton
— Retrouvez l’article dans Archistorm 136 daté février – mars 2026


