Des immeubles pas tout à fait finis

TRIBUNE LIBRE

ESPACE DEDIE AUX IDES, A L’OPINION DES ACTEURS DE L’ARCHITECTURE

 

Territoire incertain à urbaniser dans une situation improbable. C’est décider de créer un paysage composite dans un territoire homogène, à condition de bien comprendre ce que doit être l’échelle de chacun. Avis aux amateurs.

 

Black Swans / dans leur état d’origine (2017-2018) ©Anne Demians

Actuellement, la performance en architecture, (au sens où les artistes l’entendent), est une machine à mettre de la forme sur tout ce qu’on vous propose sans jamais réinterroger le programme, mais pourvu qu’on produise des objets visibles, servant une communication qui n’a, a priori, plus rien à voir avec l’architecture.

Ce que veut dire cette simple observation, c’est que le monde se déplace si rapidement et si brutalement dans l’embrouillamini que nous vivons que toutes les évolutions actuelles de la pensée (qu’elles soient mécaniques ou artificielles) ne sont pas assez puissantes pour influencer le milieu des architectes, complètement raccord avec l’abandon des valeurs essentielles qui fondent sa discipline.

Il faut du temps et de l’engagement pour construire. Et rien n’est possible si le déroulé des événements s’arrête à de la production façonnée pour du court terme ou à des architectures mises en route sans que le mode d’emploi de leur mutation soit donné avec leur livraison.

« La bonne attitude en architecture est donc bien celle qui fait œuvre, avant même que l’œuvre soit achevée. Car, après, c’est trop tard. Elle est prématurément figée dans l’espace et contraint sa propre évolution. Et ça, ce n’est pas actuel. La bonne attitude avec la ville, c’est un peu pareil. Le mieux, c’est quand elle ne décide pas trop tôt à quoi elle veut ressembler à la fin ».

Les alertes qu’il faut actionner (deux alertes sont possibles)

Admettons que nous soyons à un moment important d’une histoire urbaine et territoriale perturbée par les bouleversements numériques et énergétiques qui nourrissent nos expériences en cours. Une réorientation des attitudes vers quelque chose de plus constructif semblerait nécessaire. Nous pourrions alors attester que l’inventaire citoyen que nous laissons derrière nous (considérer toutes ces années de surconsommation négligente de l’espace), nous aurait au moins servi à mieux savoir construire.

Parallèlement, en attendant une transformation inévitablement radicale de la pensée ou un bouleversement dans les attitudes qui conduisent à la construction traditionnelle de l’espace, il semble bon qu’on s’intéresse à des solutions capables de remobiliser notre discipline dans les voies du questionnement, de la réflexion, de l’expérimentation.

Les dispositions qu’il faut prendre (deux dispositions sont possibles)

Dans un cadre d’une ouverture franche, nous pourrions mettre à jour deux dispositions constructives qui transposeraient dans l’architecture tout ce qui s’exprime culturellement autour de nous. Nous avons bien conscience que nous traversons un système politique et social structurant et des digressions de plus en plus nombreuses provenant, toutes, sans aucun frein, des signaux de l’internet et de l’éclatement des codes de conduite. Aussi, pourrions-nous les traduire ainsi dans ce que nous bâtissons : ce seraient, soit des immeubles aboutis mais en même temps, aptes à embarquer d’autres programmations (l’embase), soit des immeubles s’exprimant librement sur leur contour (l’hybridation).

Ces deux tendances sont devenues évidentes depuis que le courant minimaliste est entré en guerre contre la pensée du cumulatif baba et les agricultures urbaines privées de toute pensée et animation instinctives.

 

Texte : Anne Demians

Image à la une : Black Swans / dans leur état d’origine (2017-2018) ©Anne Demians

 

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