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RÉALISATION

HAMONIC + MASSON & ASSOCIÉS ET COMTE & VOLLENWEIDER

 

Quartier Masséna-Bruneseau dans le 13e arrondissement : l’ancienne friche ferroviaire limitrophe d’Ivry-sur-Seine poursuit sa métamorphose. Les architectes Hamonic+Masson & Associés, avec l’agence niçoise Comte & Vollenweider, ont livré un nouvel édifice d’habitation, premier immeuble de 50 mètres de hauteur construit dans la capitale depuis les années 1970. Trois niveaux de parking, des commerces et 188 appartements constituent ce bâtiment à la silhouette étonnante, dont les effets plastiques ne sont pas qu’esthétiques.

 

© Takuji Shimmura

Pour le passant de l’avenue de France, le bâtiment peut surprendre. Composé en partie basse d’un socle aux façades alignées sur les rues, il se mue en partie haute en deux éléments distincts dont les formes élaborées se répondent : d’un côté, l’édifice atteint treize étages superposés en gradins légèrement vrillés ; de l’autre, c’est une tour plus haute de trois niveaux qui émerge, à laquelle les planchers décalés donnent une allure feuilletée. Le programme mixte prend place dans les deux parties : 95 logements en accession côté gradins, 93 logements sociaux dans la tour.

L’idée est celle « d’un bâtiment qui se transforme », « d’une skyline développée sur la parcelle même » pour rompre avec l’ordonnancement strict de l’avenue de France et la hauteur uniforme des édifices voisins, pour imprimer un mouvement et amorcer la jonction de la capitale aux nouveaux quartiers limitrophes, nous confient Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson. Avec Pierre-André Comte et Stéphane Vollenweider, ils envisagent le bâtiment comme un pivot. Leur travail repose sur la gradation, dans toutes les directions, de la masse construite, qui demeure une unique entité.

Associés au travail sur les ouvertures toute hauteur, les matériaux choisis viennent enrichir les impressions de mouvements. L’aluminium recouvre la quasi-totalité des façades et accentue les contrastes visuels : gris et plat, en finition brillante du côté de l’avenue, il ondule et prend des tonalités mordorées sur les surfaces verticales des gradins et de la tour. L’inox brillant habille l’épaisseur des dalles de plancher de cette dernière, en accentuant les reliefs. Enfin, la variété des matériaux des garde-corps des terrasses et des balcons multiplie les effets de rythme. Les architectes souhaitaient un bâtiment lumineux, qui vive et réagisse au soleil.

Mais, comme aime à le rappeler Gaëlle Hamonic : « L’architecture que l’on défend, c’est un tout. Tout est lié. Rien n’est là par hasard. » Ainsi, le parti-pris plastique et esthétique répond d’un engagement à donner diverses qualités aux espaces intérieurs et extérieurs. La forme créée permet de multiplier les surfaces de façade, de les ouvrir aux meilleures expositions, et de laisser le soleil pénétrer jusqu’à l’arrière de la parcelle, éclairant le jardin du bâtiment mais également celui de l’université voisine Paris-Diderot. Le relief modelé offre une nouvelle relation au vide, mettant à distance les appartements les uns des autres tout en les contenant dans une même entité. Les deux programmes de logements (en accession et sociaux) sont ainsi en apparence mêlés. En réalité, malgré les accès par le jardin partagé et traversant au rez-dechaussée, chaque partie du bâtiment possède ses propres circulations verticales. Proposée par les architectes lors du concours, la terrasse située au R+4 commune à tous les habitants a finalement dû être réservée à ceux des appartements en accession de l’étage. La hauteur maximale de 50 mètres – pour l’instant inédite dans le quartier, mais qu’atteindra bientôt la tour voisine M6B2 de l’architecte Édouard François – constitue pour Gaëlle Hamonic « une échelle intéressante ». Outre l’intérêt de respecter l’objectif de densité, elle permet d’être « encore très connecté avec la ville [et] en même temps de bénéficier du grand paysage » ; l’aboutissement à « une figure urbaine », qu’elle souhaiterait voir « reproduite assez souvent ».

© Takuji Shimmura

 

Fiche technique :
Maîtrise d’oeuvre :
Architectes mandataires : Hamonic+Masson & Associés
Architectes associés : Comte & Vollenweider
Maîtrise d’ouvrage : Bouygues Immobilier
Bet Tce+Hqe : Sibat
Urbaniste : Yves Lion
Aménageur : Sémapa
Bailleur social : RIVP
Entreprise générale : Bouygues Bâtiment Habitat résidentiel
Shon : 13 750 m2

 

Texte : Maxime Decommer