RÉALISATION I SCIENCES PO GRENOBLE ET RESTAURANT UNIVERSITAIRE, SAINT-MARTIN-D’HÈRES PAR CHAPUIS ROYER ARCHITECTURES

RÉALISATION

SCIENCES PO GRENOBLE ET RESTAURANT UNIVERSITAIRE SAINT-MARTIN-D’HÈRES
CHAPUIS ROYER ARCHITECTURES

À Saint-Martin-d’Hères, en périphérie ouest de Grenoble, les architectes de Chapuis Royer ont réalisé deux projets à moins de quarante mètres de distance. Le premier, fruit d’un travail de longue haleine, achevé en 2018, avait pour objet la rénovation et l’extension de l’Institut d’études politiques (IEP). Le second, mené au pas de course, visait à doter les étudiants d’un restaurant universitaire flambant neuf pour la rentrée de 2020. Une même matérialité pour deux programmes différents, en parfait accord avec l’héritage architectural du campus.

Entrée principale de l’IEP

Édifié durant les Trente Glorieuses, le campus de Grenoble accueille quelques beaux spécimens d’architecture en béton apparent, comme l’amphithéâtre Louis-Weil d’Olivier-Clément Cacoub, sorte de blockhaus instable dont le soulèvement dessine un porche d’entrée monumental. Le brutalisme de ces bâtiments universitaires est domestiqué par de généreuses avenues arborées et de paisibles allées piétonnières, que bordent de vastes surfaces engazonnées. Quoique plus modeste et moins haut que ses voisins, l’Institut d’études politiques est lui-même un exemple patrimonial intéressant des années 1960, dont la structure en poteaux-poutres est soulignée par la trame des brise-soleil en béton et les remplissages en bois des façades. Un sujet d’étude idéal pour l’atelier grenoblois Chapuis Royer, qui, lauréat en 2013 du concours pour la rénovation du bâtiment, doublée d’une extension de 1 900 m2, a toujours privilégié la noblesse des matériaux bruts : « Nous sommes amoureux du béton depuis quarante ans, déclare Christine Royer. De nombreuses isolations d’immeubles sont par exemple réalisées avec un enduit sur ITE, mais le procédé est peu durable et les réparations compliquées. Le coût de la construction doit s’apprécier sur une durée de trente à quarante ans, non sur dix ou vingt ans. »

Doté d’un budget de travaux d’un peu plus de 6,5 millions d’euros HT (rénovation + extension), Chapuis Royer a convaincu le maître d’ouvrage, Grenoble-Alpes Métropole, de la nécessité de faire des choix. « Nous n’avions pas assez d’argent pour tout faire correctement. Il n’était pas question de faire du saupoudrage. Ce que nous mettions en œuvre devait durer », indique l’architecte. L’étanchéité des toitures-terrasses, le remplacement des menuiseries extérieures et la restauration des bétons carbonatés du bâtiment existant faisaient partie des priorités. Mais certaines zones de travail, au R+2 notamment, ont été laissées en l’état. À charge de la maîtrise d’ouvrage de trouver un complément de budget pour les rénover ultérieurement.

Entrée secondaire de l’IEP

Concernant l’extension, à l’usage principal de l’unité de recherche de l’IEP, Chapuis Royer s’est employé à hiérarchiser les parcours et à définir des séquences d’accès propices aux échanges. Le bâtiment neuf présente un plan en forme de L, accolé et connecté à l’existant sur le versant est, détaché de lui du côté sud pour libérer un patio végétalisé. Une galerie en double hauteur de 40 m de long, éclairée naturellement par des sheds, fédère les différents espaces. Au nord, celle-ci débouche sur le parvis d’accès principal, flanqué d’une représentation en bronze d’Hypnos, œuvre de José Seguiri (1 % artistique). Son extrémité sud constitue l’entrée dite secondaire, à l’adresse des chercheurs.

Enveloppes en tôles d’acier préoxydé, murs et poteaux en béton brut, menuiseries en bois résineux teintés de couleur chêne foncé : à l’extérieur, comme à l’intérieur, les concepteurs ont opté pour une palette restreinte de matières. Deux types de banches ont été utilisés pour le coulage. Les bétons lisses (acrotères et planchers, par exemple) ont été obtenus avec des coffrages standards, alors les ouvrages aux parois veinées, piquées d’empreintes de têtes-de-clou et parcourues verticalement de menues boursouflures, ont été fabriqués à l’ancienne, à partir de banches en planchettes de bois. Les poteaux, coulés dans des tubes en carton, présentent un aspect poli et spiralé. Dans la galerie, l’ancienne façade aux bétons épaufrés est uniformément recouverte d’un enduit gris. (…)

coupes

Fiche technique

Institut d’études politiques de Grenoble
Maîtrise d’ouvrage : Grenoble-Alpes Métropole
Architecte mandataire : Chapuis Royer (Christine Royer et Dominique Chapuis, chefs de projet)
Surface de plancher : 1 890 m2 (créée) + 7 175 m2 (réhabilitée)
Coût des travaux : 6,68 M€ HT
Calendrier : juin 2013 (concours), mars 2018 (livraison)

Restaurant universitaire Diderot
Maîtrise d’ouvrage : Crous Grenoble Alpes
Architecte mandataire : Chapuis Royer (Christine Royer et Louise Balliet, chefs de projet)
Surface de plancher : 4 400 m2
Coût des travaux : 11,4 M€ HT
Calendrier : décembre 2016 (concours), août 2020 (livraison)

Texte Tristan Cuisinier
Visuel à la une Hall d’entrée secondaire de l’IEP Grenoble
Photos Luc Boegly

Retrouvez l’intégralité de l’article dans Archistorm daté janvier-février 2021