DOSSIER CULTURE / ENJEUX DE L’ART CONTEMPORAIN DANS LE GRAND PARIS, L’EXEMPLE DE LA TERRASSE : ESPACE D’ART DE NANTERRE

Par Christine Blanchet

La Terrasse : espace d’art de Nanterre[1] tient son nom de son emplacement géographique implanté derrière l’Arche de La Défense, sur la longue esplanade des Terrasses de Nanterre bordée de part et d’autre par le campus universitaire, les bureaux du secteur tertiaire ou encore des administrations diverses. Dans un contexte urbain aux flux intenses, la programmation du centre d’art s’inscrit dans une vocation multidisciplinaire en créant des interactions entre l’art, la recherche universitaire, le monde du travail et la vie quotidienne.

Puits de lumière sur le Toitterrasse © Mairie de Nanterre

La Terrasse : un lieu protéiforme
Ouvert en 2014, l’équipement culturel se divise en trois espaces : la salle principale d’exposition, une vitrine d’art sur la place Mandela et une toiture formant une terrasse, accueillant des œuvres d’art semi-pérennes. « Espace participatif », la Terrasse ne donne pas seulement à voir des œuvres, le public est invité à les vivre, à les expérimenter sous des formes diverses, aussi une grande attention est-elle portée à leur médiation.

Urbanisme sur papier
Cette exposition témoigne des différentes problématiques transversales abordées par la Terrasse. Elle réunit trois protagonistes sur la question urbaine : deux peintres aux sensibilités différentes, l’un français, Olivier Gourvil, l’autre américaine, Marjorie Welish, et une architecte-urbaniste, Muriel Pagès.

Vue de l’exposition Urbanisme sur papier © Photographie Line Francillon

Déjà forts d’une première exposition, « Paper Architecture », à la Fondation Slought à Philadelphie en 2005, dans laquelle Olivier Gourvil et Marjorie Welish exploraient des concepts d’architectes à travers des plans non bâtis, les deux artistes poursuivent leur réflexion sur le rôle du dessin dans la fabrication de la ville. Pour l’appuyer, ils ont sollicité Muriel Pagès pour qu’elle donne sa vision en tant que praticienne à travers un texte : Fabriquer la ville avec la ville.
Nourris également par leur propre expérience des territoires, chacun avec son langage offre des compositions dessinées à partir d’espaces où le réel et l’imaginaire se mêlent. Si les œuvres d’Olivier Gourvil ont une approche plus gestuelle et narrative ancrée sur l’horizon, l’événement et le lieu, celles de Marjorie Welish conservent une veine plus construite, issue du minimalisme, qui privilégie le plan, les variations et les répétitions.
Appréhendée telle une installation, la monstration de leurs travaux, sorte de mise en abîme d’un espace dans un autre, interroge ainsi notre rapport au lieu et au territoire.

 

Entretien avec Sandrine Moreau, responsable du service des arts plastiques de la ville de Nanterre

Sandrine Moreau
© Mairie de Nanterre


À propos de l’exposition en cours, Urbanisme sur papier, comment le projet de ces deux artistes est-il arrivé à Nanterre ?
Notre projet est né en 2015, à l’invitation d’Olivier Gourvil dans son atelier pour me proposer une exposition avec l’artiste new-yorkaise Marjorie Welish, de dessins, de représentations de villes ou métropoles.
Leur proposition répond à plusieurs intentions et objectifs : partager les regards d’artistes sur les villes, les métropoles, les lieux, l’espace, qu’ils explorent parfois lors de voyages, de résidences ; signifier la transversalité des disciplines avec la participation de l’urbaniste Muriel Pagès ; partager l’art et le politique. (…)
L’occasion nous a permis d’établir un partenariat avec le CAUE 92 et de mettre en place une conférence avec les urbanistes des Groues et des Jardins de l’Arche, Mathis Güller et Marc Armengaud, dévoilant leur regard sur des démarches artistiques.

La Conque, site Hors les murs, est également le lieu de propositions artistiques remarquables ; ce théâtre en plein air accueille cette année Claude Rutault, comment est né ce projet ?
Située dans le parc des Anciennes-Mairies, face à la Maison de la musique de Nanterre dans le centre-ville, la Conque est un théâtre en plein air, construit en 1937 par Georges Gautier. En béton brut, cet édifice particulier incarne la volonté d’entrer dans la modernité. Il a été la scène de discours et de fêtes populaires pendant des décennies. Il s’agit d’un programme Hors les murs dont la production des œuvres et la programmation sont assurées par le service des arts plastiques de la Direction du développement culturel.

Nouvelle adresse, Claude Rutault, La Conque, théâtre plein air © Claire Marcel

L’intervention de Claude Rutault a pour titre nouvelle adresse. Composée de quatre bandes verticales colorées représentant les quatre saisons (de gauche à droite : été-bleu, automne-jaune, hiver-orange, printemps-vert clair) sur chacune desquelles des toiles ont été accrochées, l’œuvre a été peinte en juillet 2016. L’installation se compose de sept toiles qui proviennent d’une autre de ses œuvres installée sur la façade du Consortium, centre d’art à Dijon. À Nanterre, toutes les toiles sont accrochées face contre le mur sauf lorsque la saison est en cours. Chaque nouvelle saison est l’occasion d’interpréter une Saison de Vivaldi, simultanément à l’activation de l’œuvre évolutive. Le Printemps sera interprété le 20 mars à 17 h sur la Conque tandis que l’intégrale des Quatre Saisons sera jouée le 21 juin à l’occasion de la Fête de la musique.

[1] La Terrasse tient son nom de celui du quartier : le quartier des Terrasses. En 2004, une longue bande de constructions et une coulée verte au-dessus de l’autoroute de 3,5 km sont aménagées entre l’Arche et la Seine à Nanterre, constituant dix-sept terrasses.

Informations pratiques :
Urbanisme sur papier
Jusqu’au 30 mars
la Terrasse : espace d’art de Nanterre
57 boulevard de Pesaro.
Du mardi au vendredi de 12 h à 18 h, le samedi de 15 h à 18 h
www.nanterre.fr

Nouvelle adresse, Claude Rutault
Jusqu’en juillet
La Conque, théâtre de plein air.
Parc des Anciennes-Mairies
20 mars à 17 h, concert Le Printemps de Vivaldi
2  juin, concert des Quatre Saisons de Vivaldi

À voir également à Nanterre
L’ombre de l’angle
Une exposition sur la photographie d’architecture
Jusqu’au 29 avril
CAUE92_La galerie 9, place Nelson-Mandela,
www.caue92.com

 

Visuel à la Une : Les Terrasses de l’Arche © Mairie de Nanterre