SCAU

PORTRAIT

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Depuis 2007, Maxime Barbier, Bernard Cabannes, Luc Delamain et François Gillard ont repris le gouvernail de SCAU, choisissant de conserver la neutralité de cet acronyme pour privilégier l’intérêt collectif. Comme ils ne sont pas spécialement complémentaires, chacun gère ses projets de A à Z quels que soient les programmes… avec cependant des domaines d’expertise tels que la Santé, la Justice, l’Enseignement et les équipements sportifs.

 

SCAU © Sami Trabelsi
SCAU © Sami Trabelsi

 

 

 

 

 

 

 

 

Un pour tous, tous pour un !
Pour le reste, c’est le règne du grand partage et de la gouvernance collégiale : aucune décision n’est prise sans l’accord des quatre, tous propriétaires à parts égales. Entre eux, beaucoup de connivence, peu de discussions musclées, une grande bienveillance, une vision du groupe tournée vers l’apport mutuel et l’enrichissement par la différence, tout comme l’écrivain ethnologue Victor Segalen avait érigé le « divers » au rang d’esthétique. Cette unanimité si essentielle au fonctionnement de l’agence peut prendre un certain temps, mais elle reste néanmoins un exercice auquel ils sont très attachés puisqu’elle les oblige à affûter leurs arguments et à développer leur force de conviction pour se convaincre mutuellement. Leur volonté de partager est si ancrée qu’ils travaillent non seulement dans la même pièce, mais sur la même table, et qu’ils poussent le bouchon jusqu’à dîner ensemble une fois par semaine ! On voit par là que l’esprit collégial ne se paie pas de mots. « Avancer à quatre nécessite une recherche d’équilibre constante car une telle association est fragile, parfois déstabilisante, qui nous impose de construire la confiance. Ce dîner hebdomadaire hors cadre, sorti du feu de l’action quotidienne, nous permet d’aborder tous les sujets et de parler de nous-mêmes. Nous avons appris à nous connaître, à apprécier nos différences, à tisser, retisser, renforcer les liens qui nous unissent.

 

SCAU © Sami Trabelsi

Alimenter, fédérer, partager
Au final, tout le monde profite de cette quête d’équilibre, qui est le propre de la marche, et donc l’un des plus sûrs moyens d’aller plus loin. Car SCAU, forte de ses savoir-faire et de cette volonté constructive de fédérer les compétences, se donne les moyens d’avancer. « Nous n’avons jamais voulu d’une agence statique répondant à des schémas conventionnels. Nous cherchons en permanence les moyens de créer une intelligence collective… qui n’est pas un phénomène naturel. Cela s’apprend, cela se pratique. C’est un entraînement. C’est pourquoi nous organisons des rendez-vous propres à nourrir, à éveiller les énergies et à développer la cohésion au sein de l’agence. » Ces rendez-vous sont à bracons multiples : il y a la classique réunion stratégique hebdomadaire, le « G4 », qui rassemble les quatre associés et, selon l’ordre du jour, Massimo Mattiussi, Mathieu Cabannes, respectivement directeurs du développement en France et à l’international, Marine Fitau, directrice de la communication en interne comme à l’extérieur, Corinne Dresco, responsable du pôle administratif. Mais il y a également une revue de projet mensuelle suivie d’un déjeuner d’agence, des conférences avec des intervenants extérieurs, la présence d’un jeune architecte doctorant qui fait régulièrement état de l’avancement de son travail sur l’évolution de la culture numérique en partenariat avec l’université, des concours qui initient des workshops, des voyages à Lisbonne, Venise, Milan… Tout est bon pour favoriser la transversalité, alimenter les réflexions et encourager des réponses innovantes.

 

Dynamique en mouvement
Avancer, évoluer, faire bouger les lignes, tels sont les maîtres mots. Il s’agit alors d’enrichir les programmes, de dépasser la commande, d’engager des idées prospectives en réactualisant les usages. Là encore, pas de vaines paroles : le projet Stadium Square envisage avec pertinence des stades de foot conçus comme des systèmes urbains ouverts à une large panoplie d’usages, depuis la reconversion temporaire de la pelouse en espace public jusqu’aux tribunes habitables. Ne faut-il pas voir dans ces propositions, de plus en plus variées et perceptibles pour qui veut bien les entendre, une amorce de renouvellement sociétal propre à tenir la dragée haute aux tenants de l’apocalypse ? Il y a là, sans doute, une manière de montrer que les voies de l’avenir sont pénétrables.

 

 

Texte : Delphine Désveaux
Visuels
: © Sami Trabelsi

 

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