STYLE DE LA ZAC RIVE GAUCHE À PARIS

RÉALISATION

FABRICE DUSAPIN ARCHITECTE

 

Dernier en date, Style marque le paysage de la ZAC Rive Gauche à Paris. Développé par SOPIC, ce projet signé Fabrice Dusapin propose une architecture sobre et élégante mais aussi un art de vivre original. Jean-Pascal Gabagnou, Directeur Général de la fililale Sopic Paris, revient, dans cet entretien, sur une réalisation remarquable, mais aussi sur une prouesse technique et un défi artistique que son adresse appelait.

 

La rédaction : Que signifie pour SOPIC de construire dans Paris intra-muros ?

Jean-Pascal Gabagnou : Pour Sopic Paris et, de façon générale, pour l’ensemble du groupe, l’opération Style constitue un acte fondateur. Ce projet, attribué par la SEMAPA dans le cadre d’un concours de promoteur, illustre notre capacité à développer des opérations mixtes de taille importante. Il témoigne également de la grande qualité que nous recherchons sans cesse dans toutes nos réalisations.
Construire intra-muros est aussi une forme de reconnaissance quant à notre savoir-faire technique. Cet immeuble a en outre nécessité la création d’une dalle par dessus le réseau ferré menant à la Gare d’Austerlitz. Cette difficulté appelait de notre part une méthodologie de construction adaptée.

 

Comment avez-vous sélectionné l’agence d’architecture ? Quelles sont les raisons qui ont motivé votre choix ?

J.-P. G. : L’agence Dusapin a été choisie parmi quatre candidats dans le cadre d’un concours lancé par Sopic Paris. Le jury a retenu la proposition de Fabrice Dusapin tant pour la qualité de son écriture que pour la parfaite intégration d’une œuvre de street art signée VHILS au projet.

 

Comment avez-vous imaginé cet ensemble ? Quelle en est la singularité, la symbolique ?

J.-P. G. : Ce projet a été travaillé suivant trois axes forts donnant au bâtiment une identité propre, porteuse de modernité et de cohérence. Nous voulions, tout d’abord, proposer une façade vivante alliant légèreté, efficacité thermique et pérennité. L’ensemble conçu par Fabrice Dusapin présente deux types de façades différenciés voire antagonistes jouant de l’opposition dehors/dedans. Cette proposition reflète différentes manières d’habiter. Aussi, les matériaux choisis – du bois mais aussi de l’aluminium anodisé perforé – jouent des contrastes et offrent à l’ensemble une grande légèreté.

©Grégoire Cretignon

 

Comment avez-vous travaillé cette dualité dehors/dedans ?

J.-P. G. : C’est le deuxième axe de ce projet : l’envie de profiter des terrasses. Nous avons créé, au sommet de l’immeuble, un lieu hors du temps composé de « cabanes perchées » dominant Paris. Ces pièces de vie accessibles par les appartements du dernier étage, sont des lieux à usages variés (salon d’été, bureau, chambres). L’idée de ces cabanes a germé dans nos esprits alors que nous préparions, avant de lancer le concours, notre cahier des charges. Il nous semblait que la terrasse bénéficiait d’une orientation idéale mais aussi de vues exceptionnelles. La création d’un jardin collectif nous semblait difficile à gérer au sein d’une copropriété. Nous lui avons donc préféré la composition d’espaces individuels mêlant jardins et parties construites…. Celles qui, à mesure de la réflexion, sont devenues des cabanes en bois.

 

Quel était alors le troisième axe de ce projet ?

J.-P. G. : Nous souhaitions que l’œuvre d’Alexandre Farto, connu sous le nom de VHILS, ne soit pas accessoire. L’intervention de ce graffeur a été pensée dès le concours. Au fil du temps, elle est devenue un élément indissociable du projet. Enfin, la proposition de VHILS nous semblait mettre en valeur l’écriture architecturale voulue par Fabrice Dusapin au point de former un ensemble harmonieux.

 

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

J.-P. G. : Tout d’abord, ce projet démontre que la réalisation de projets immobiliers dans Paris intra-muros n’est pas réservé aux majors de la promotion. Par ailleurs, nous avons appris que des sites contraints autorisaient – à condition d’être imaginatifs et professionnels – des projets ambitieux. Enfin, cette opération démontre que la sobriété d’une écriture architecturale est gage de qualité.

 

Fiche technique

Maître d’ouvrage :
SOPIC Paris

Aménageur :
SOPIC Paris

Maître d’œuvre :
Fabrice Dusapin

BET :
TCE SIBAT (co-traitant)

Superficie :
6 300 m2

Coût des travaux :
11,8 M€ HT

 

 

Texte : Paul Garry

Visuel à la une : Grégoire Cretignon

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